Nucléaire: les sénateurs écologistes veulent renforcer la sûreté et la transparence

Le groupe écologiste du Sénat a présenté mercredi, à la veille du déplacement d’Emmanuel Macron à Belfort, où il doit s’exprimer sur l’avenir de la filière nucléaire, une proposition de loi visant à « renforcer la sûreté » et « la transparence financière » du secteur.

Pas d’ambiguïté pour les sénateurs écologistes: ce texte, qui ne pourra pas être débattu avant la fin de la législature, « n’entame en rien nos convictions pour sortir du nucléaire », a affirmé Daniel Salmon au cours d’une conférence de presse.

Mais « au-delà du débat +pour ou contre le nucléaire+, nous devons assurer la sûreté » face à « un parc vieillissant qui pose de nombreux problèmes », a-t-il poursuivi.

Dans un contexte d’approvisionnement électrique tendu cet hiver, EDF a annoncé mardi que trois réacteurs supplémentaires seront mis à l’arrêt ces prochains mois pour vérifier la présence d’éventuels problèmes de corrosion.

« On est dans un système qui tremble », a jugé le chef de file des sénateurs écologistes, Guillaume Gontard.

La proposition de loi, largement inspirée d’un texte proposé à l’automne dernier par la députée Emilie Cariou, demande notamment « la présence permanente » du gendarme du secteur, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), sur chaque centrale et un suivi de l’application de ses prescriptions.

« Il faut absolument assoir l’autorité de l’ASN », a insisté M. Salmon.

Deuxième angle d’attaque pour les écologistes: la transparence financière. « A quel prix continuons-nous à nous engager dans le nucléaire? », a interrogé Emilie Cariou, soulignant que « chaque faille de sûreté ou de sécurité coûte très cher ». Ils demandent « une actualisation des coûts complets du cycle nucléaire », incluant démantèlement et gestion des déchets.

Parmi les autres propositions: la création d’une « délégation parlementaire au nucléaire civil », sur le modèle de la délégation parlementaire au renseignement.

Mme Cariou a dénoncé « un quinquennat de recul » en matière de transparence sur le nucléaire. « Le gouvernement veut avancer, mais en laissant la petite poussière radioactive sous le tapis », a renchéri la sénatrice Sophie Taillé-Polian.

Le président Emmanuel Macron est annoncé jeudi à Belfort pour une visite sur le thème de l’énergie et notamment « sur la relance du nucléaire français ».
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