Nucléaire: le réacteur Iter accueille l’aimant le plus puissant du monde

Un poids de 1.000 tonnes et la taille d’un immeuble de sept étages: la première pièce d’un gigantesque aimant, annoncé comme le plus puissant au monde, est arrivée jeudi sur le site du réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter, à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône).

Cet aimant appelé « Central Solenoid » constitue une étape majeure pour Iter, un programme international rassemblant 35 pays qui vise à maîtriser la production d’énergie à partir de la fusion de l’hydrogène, comme au coeur du Soleil.

Fabriqué par General Atomics en Californie, cette première pièce de 66 tonnes est arrivée sur le chantier de construction du futur réacteur, par voie maritime depuis les Etats-Unis, puis par la route en convoi exceptionnel depuis le port de Marseille.

Les cinq autres modules de l’aimant viendront compléter le puzzle « au plus tard en 2024 », selon Bernard Bigot, directeur général d’Iter Organization.

Une fois assemblé, le « Central Solenoid » pèsera près de 1.000 tonnes et mesurera 18 m de haut: « ce sera l’aimant le plus puissant au monde parce qu’il va générer au coeur un champ de 13 tesla, c’est 300.000 fois le champ magnétique terrestre », a expliqué à l’AFPTV Thierry Schild, responsable technique du solénoïde chez ITER.

L’aimant supraconducteur sera placé au coeur du réacteur à fusion tokamak, une immense chambre magnétique où la température pourra atteindre 150 millions de degrés. Une chaleur extrême qui accélère le plasma (un gaz d’hydrogène) et permet aux noyaux d’hydrogène d’entrer en collision pour fusionner en atomes plus lourds, et dégager une énergie colossale.

Les champs magnétiques, comme celui du Central Solenoid, permettent de confiner le plasma dans l’enceinte, pour éviter qu’il n’entre en contact avec les parois et ne refroidisse.

Iter prévoit d’injecter un volume encore jamais atteint de 830 m3 de plasma. « C’est la condition pour que le courant de plasma se stabilise, et qu’on puisse récupérer plus d’énergie qu’on en injecte », détaille M. Bigot.

La première production de plasma devrait intervenir en 2026 et Iter devrait atteindre sa pleine puissance en 2035.

La fusion nucléaire est considérée par ses défenseurs comme l’énergie de demain car elle pourrait être quasiment illimitée et non polluante. Iter est néanmoins critiqué, notamment chez des écologistes, qui y voient comme Greenpeace un « mirage scientifique » et « un gouffre financier ».

Le budget initial a triplé, s’élevant à près de 20 milliards d’euros désormais. Et « il est probable qu’il sera révisé » en raison des retards dus à la pandémie de Covid-19, selon M. Bigot.

commentaires

COMMENTAIRES

  • « Mirage, gouffre financier » dit Greenpeace.
    Connaissant l’indépendance financière et politique de cette ONG, on peut avoir confiance…

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  • Il y a peu de chance qu’un Tokamak fournisse un jour de l’énergie à l’humanité, non pas qu’il n’en soit pas capable à terme, mais cette solution arrivera bien trop tard, alors que nous aurons parfaitement maitrisé toutes les formes d’énergies qui nous sont fournies pas le Soleil et que nous aurons pour cela construit les réseaux de distribution optimisés pour répondre au besoins par les dispositifs fournisseurs au plus près des utilisateurs. Ce réseau ne conviendra pas à une distribution de puissance d’origine hypercentralisée, plus encore que nous ne l’avons aujourd’hui et qui pose plus de problèmes qu’il n’en résout.
    Mais rien que pour gagner en connaissance, cette expérimentation me semble indispensable

    Répondre
  • L’expérience est lancée, inutile d’en discuter son opportunité, elle a même été décidée presque démocratiquement tellement de pays et de scientifiques y participent. Ce n’est qu’un démonstrateur, si ça marche, ce qui n’est pas sûr, il faudra des décennies pour concevoir et déployer des installations industrielles. Est ce que ce sera merveilleux? Rien ne l’est tout à fait et ça arrivera trop tard pour éviter le réchauffement climatique. Alors il y a des urgences.

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    • Ce que doit prouver ITER c’est que l’on peut produire plus d’énergie que l’on a besoin d’en réunir pour créer cette production. Je n’ai aucune inquiétude sur la faisabilité et sa réussite mais en vérité ce n’est pas là le vraie problème de la fusion. Le problème c’est la persistance dans le temps, et ça ce n’est pas au programme d’ITER

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