Nucléaire – La bataille des territoires pour accueillir les EPR2

Nucléaire – La bataille des territoires pour accueillir les EPR2

Une tribune signée Alain Desgranges, Président du Comité de suivi du projet EPR2 pour le Blayais

 

Après la désignation des sites de Penly, Gravelines et Bugey, reste à choisir les 4 futurs sites où seront implantés les 8 EPR de nouvelle génération prévus dans le plan de relance du nucléaire. Un enjeu exceptionnel pour les territoires des sites existants, susceptibles de les accueillir à raison de deux EPR par site.

Ces derniers temps, la presse a fait état des candidatures des sites de Nogent-sur-Seine, Tricastin, Belleville, Chinon, Golfech, Chooz et Blayais, portées par leurs territoires. D’autres suivront peut-être tant les enjeux liés à ces projets industriels hors normes sont colossaux.

Cette compétition ne déplait pas à Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition énergétique, qui avait déclaré à Lyon, devant les professionnels de la filière nucléaire Française, « ne pas être contre une certaine émulation des sites candidats » …

Le soutien du territoire reste un élément essentiel à l’aboutissement du projet…

C’est ainsi que la candidature du site girondin du Blayais situé à 60 km de Bordeaux entre les départements de la Gironde et de la Charente Maritime a fait l’objet d’une mobilisation formidable du territoire, avec notamment la constitution d’un Collectif de 461 membres dans lequel des élus de proximité et d’anciens exploitants de la centrale se complètent à merveille pour démontrer l’adhésion au projet de la population. Mais aussi celle des entreprises, des secteurs sociaux, culturels, voire sportifs ou commerciaux.

Car, au fil du temps, dans ce territoire rural où le taux de chômage et de pauvreté se situe au-dessus de la moyenne régionale, la centrale du Blayais est devenue une véritable pierre angulaire, moteur économique structurant d’un paysage local auquel la population est particulièrement attachée. Et ce projet est compris comme une opportunité à ne pas laisser passer.

Depuis plus d’un an, ce Collectif multiplie les initiatives pour promouvoir la candidature d’un site qui ne manque pas d’atouts comme sa situation, exceptionnelle à plus d’un titre.

Situé au bord d’un estuaire de 635 km2, soit le plus vaste d’Europe, il dispose d’une ressource en eau bien supérieure à celle des fleuves. Un atout fort, alors que l’eau se raréfie dans notre pays à l’heure du réchauffement climatique et de la multiplication des sécheresses.

Un manifeste pour convaincre la ministre …

Des motions de soutien ont été votées en grand nombre par des communes, des clubs sportifs ou des associations qui témoignent de l’acceptation du projet dans toutes les couches de la population. Mieux encore, le Collectif a remis en main propre un manifeste à Agnès Pannier-Runacher, ce 22 novembre en marge du Congrès des maires de France.

Un texte porté par une délégation du Collectif dans lequel les signataires font état de la forte attente suscitée dans le territoire par l’espoir de voir un jour une paire d’ERP2 sur le site du Blayais.

Cette démarche inédite n’est que le début d’un long parcours qui sera marqué par des études de faisabilité pour certains des sites candidats afin de vérifier leur compatibilité avec les exigences techniques d’EDF. Et ce seront les résultats de ces études et les coûts associés qui les départageront.

Au final, il vaudra mieux pour EDF, comme pour le gouvernement, avoir le choix entre plusieurs sites que pas de choix du tout.

Que les meilleurs gagnent !…

 

Pour lire le manifeste, c’est par ici.