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Mix électrique de l’Ademe : les réserves de l’Académie des technologies

Un article de notre partenaire Les Energies de la mer.

L’Académie des technologies émet des réserves sur les Mix électriques proposés par l’Ademe jusqu’en 2060, notamment à cause de la proposition d’arrêter les centrales avant leur fin de vie.

L’étude Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020 – 2060 a été réalisée pour et sous le pilotage de l’Ademe par Artelys avec l’appui d’Energies Demain pour la modélisation de la demande horaire d’électricité (article du 11/12/2018).

Publiée en décembre 2018, cette étude devrait selon l’Académie des technologies, «être neutre et menée de façon réellement scientifique. Si par ailleurs elle ne vise pas en premier lieu à baisser les émissions de CO2 dans le respect de l’intérêt général, ses conclusions font courir des risques importants pour l’avenir énergétique de la France».

L’étude publiée en décembre 2018, « recommande en substance d’arrêter les centrales existantes avant leur fin de vie, de les remplacer massivement par des installations solaires et éoliennes (multiplication par plus de dix des puissances installées actuelles), et de développer une économie de l’hydrogène avec les surplus d’électricité des périodes favorablement ventées et ensoleillées.

Méthodologie et conclusions remises en cause

L’Académie des technologies s’inscrit pleinement dans la politique de développement des énergies renouvelables. Mais, dans le cadre de sa mission « d’éclairer la société sur un meilleur usage des technologies », l’Académie estime que la méthodologie et les conclusions de l’étude menée par l’Ademe posent de question et ne peuvent en l’état servir de base à des décisions de politique publique.

En effet, l’Ademe, en tant qu’organisme public placé sous tutelle ministérielle se doit d’émettre des rapports neutres et justifiés scientifiquement.

En outre, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie se positionne en oubliant la priorité énoncée par le gouvernement qui vise à annuler les émissions de CO2 dans le respect de l’intérêt général. L’Académie des technologies a recensé huit points qui, dans la synthèse publiée de l’étude, sont discutables et peuvent lourdement porter préjudice à l’avenir de la France.

Présentée par l’Ademe comme une « réponse à ses adversaires », l’étude est affectée de nombreuses erreurs de méthodes et de contradictions.

L’approche de l’agence se concentre sur le secteur électrique en faisant l’impasse sur nombre d’interactions avec les autres secteurs énergétiques.

Elle envisage une quasi-stagnation de la demande en électricité d’ici 2060 ce qui, sur une si longue période, pose question…

A cet horizon, malgré cette hypothèse peu réaliste, l’étude montre que l’approvisionnement du pays imposerait des importations significatives d’électricité dont l’origine reste très aléatoire. En outre, contrairement aux objectifs gouvernementaux, elle n’assure pas non plus la décarbonation complète du système de production d’électricité à cet horizon d’après les fiches par trajectoire.

Les coûts très importants induits sur le secteur Gaz par le Mix électrique envisagé ne sont pas présentés.

De nombreuses hypothèses retenues par l’Ademe paraissent très discutables, comme la hausse significative des facteurs de charge de l’éolien terrestre ; elle néglige en outre les facteurs de charge très faibles des installations de production à partir d’énergies intermittentes, qui seront donc difficilement rentables.

L’Ademe surestime la baisse probable des coûts d’investissement dans les énergies renouvelables, notamment pour les technologies matures comme l’éolien terrestre.

Prendre en compte le système électrique dans sa globalité

En privilégiant des énergies intermittentes à ce niveau, l’ADEME propose un système électrique qui, en l’état actuel des technologies, ne garantit pas le synchronisme, clef de la stabilité du réseau et ne pourra pas s’ajuster aux variations rapides et fréquentes de charge qui sont la vie courante du système électrique.

Comme l’Ademe le reconnaît elle-même, les coûts des trajectoires sont très voisins (moins de 3%). Ils ne permettent donc pas raisonnablement d’en privilégier une : la conclusion devrait donc être qu’on ne peut pas conclure !

Porteuse de changements majeurs pour les générations futures, la transition énergétique va mobiliser des milliards d’euros. Elle doit donc se baser sur des hypothèses techniques et économiques fiables en prenant en compte le système énergétique dans sa globalité sans conduire à une augmentation irraisonnée des dépenses des Français.

En outre, elle ne doit pas se faire au détriment des acquis de la France dont l’électricité est essentiellement décarbonée au profit de solutions hypothétiques et aléatoires risquées pour l’avenir du pays.

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