Maxi-fissure dans un réacteur: les contrôles fonctionnent, saluent des députés LR et Renaissance

La détection d’une maxi-fissure sur la tuyauterie d’un réacteur en maintenance lors de son inspection en Normandie, Penly 1, prouve qu’EDF « surveille » et « n’a pas eu de volonté de cacher », ont estimé les députés à la tête de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’énergie.

« On a 56 réacteurs dans le parc, c’est le boulot d’EDF de surveiller, celui de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire, NDLR) de contrôler (…). La détection de ce défaut est en soi la démonstration que le process de détection et de recherche fonctionne (…) », a commenté auprès de l’AFP le député LR du Haut-Rhin Raphaël Schellenberger.

« C’est la vie normale d’une centrale nucléaire » et « le quotidien de l’exploitation d’un réacteur que de découvrir des anomalies, de les signaler, de les corriger et de les réparer », a-t-il ajouté.

M. Schellenberger préside la commission d’enquête qui vise « à établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France », qui doit entendre jeudi prochain les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. Son rapport est attendu « tout début avril ».

Selon le député alsacien, dont le département abrite la centrale fermée en 2020 de Fessenheim, « il n’y a pas eu de volonté d’EDF de cacher, la publicité a été faite, la déclaration à l’ASN a été immédiate, les procédures de sûreté sont celles-là ».

Son collègue rapporteur de la commission, le député Renaissance Antoine Armand a dénoncé une fuite politique.

« La Nupes a fait la publicité de ça en commission des affaires économiques au moment de l’examen du projet de loi sur le nucléaire pour tenter, assez logiquement et avec mauvaise foi, de lancer le discrédit sur la filière et sur l’ASN », a-t-il dénoncé.

L’Assemblée nationale examine actuellement le projet de loi d' »accélération des procédures liées à la construction des nouvelles installations nucléaires à proximité des sites existants et au fonctionnement des installations existantes ».

La fusion des organismes de sûreté nucléaire, IRNS et ASN, introduite par surprise par l’exécutif dans le texte, provoque en outre une vive contestation, jusque dans les rangs de parlementaires pro-nucléaires, outrés des méthodes « à la hussarde » du gouvernement.

C’est à l’occasion des débats lundi soir en commission des affaires économiques que la maxi-fissure à Penly 1 a été mise sur la place publique par le député Insoumis Maxime Laisney.

« C’est une info connue depuis un mois d’EDF et de l’ASN et qui n’est toujours pas rendue publique, alors permettez moi d’être particulièrement inquiet! » avait-il lancé.

EDF avait notifié le 24 février un « défaut significatif de corrosion sous contrainte » sur son site internet au sujet du réacteur normand, sans toutefois évoquer la taille importante et inédite de la fissure.