Linky : l’Académie des technologies rétablit quelques vérités

Le compteur Linky a été développé afin de permettre d’optimiser la consommation d’électricité des ménages.

Véritable pierre angulaire des futurs smart-grids nécessaires à l’atteinte des objectifs de notre transition énergétique, ce compteur nouvelle génération déployé en France par Enedis offre en effet la possibilité de suivre en direct l’évolution de la consommation électrique d’une habitation et, par conséquent, de la faire évoluer en fonction des besoins.

Ce boitier vert acidulé va également permettre aux producteurs d’électricité d’assurer de manière plus efficace l’équilibre du réseau électrique français.

Mieux informés des fluctuations entre l’offre et la demande d’électricité, les opérateurs réseaux pourront en effet ajuster en temps quasi-réel la production au plus près des besoins des citoyens. Le compteur Linky va donc permettre d’adapter le réseau électrique français aux enjeux de la transition énergétique.

Un déploiement utile mais source de questionnements

Malgré tous ces avantages, le déploiement du Linky ne manque pas de soulever certaines interrogations chez les Français. Et si seulement 1% de la population a pour l’instant refusé son installation, ces questionnements ont entraîné un véritable déficit d’image pour ce compteur communiquant.

Soucieuse de lever les “nombreuses incompréhensions, contestations et polémiques” au sujet du Linky, l’Académie des technologies a publié un rapport dédié aux compteurs communicants dits de nouvelle génération.

“Les objectifs d’efficacité et de sobriété énergétiques exigent la mise en place de mécanismes d’ajustement et d’effacement de consommation d’énergie de pointe (…). De nombreux pays européens, particulièrement ceux d’Europe du Nord, ainsi que l’Italie, ont spontanément déployé des compteurs communicants et ce mouvement a été encouragé par l’Union européenne (…). En France, les pouvoirs publics, à la suite d’une étude coût-bénéfice conduite par la Commission de régulation de l’énergie en 2011, ont décidé un déploiement à 100% de ces compteurs”.

Pour l’Académie des technologies, le déploiement du compteur Linky illustre la relation difficile qu’entretiennent “société” et “technologie”.

Le rapport de cet organisme placé sous la tutelle du ministre de la Recherche vise donc à analyser les arguments afin de comprendre pourquoi une technologie utile à la réussite de notre transition énergétique suscite des réactions diverses et contrastées.

L’innocuité du Linky démontrée une fois de plus

Les scientifiques en charge de ce rapport commencent par rappeler les avantages d’un compteur communicant pour les consommateurs (maîtrise renforcée de sa consommation d’énergie, possibilité de piloter certains appareils, simplifier l’autoconsommation…) et pour les gestionnaires du réseau électrique (simplification des relevés, optimisation de la production, réduction des pertes non techniques…).

Ils se penchent ensuite sur les critiques adressées à Linky par ses détracteurs. La plus courante est probablement celle liée aux ondes que génère le fonctionnement du compteur d’Enedis. En s’appuyant sur des expertises tierces, la réponse de l’Académie est claire : les risques sont inexistants.

“Aucun effet sanitaire de l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants Linky utilisant des bandes de fréquences dans la gamme de quelques dizaines de kilohertz, n’est attendu compte tenu des faibles niveaux d’exposition (très inférieurs aux valeurs limites réglementaires) retrouvés lors des différentes campagnes de mesures”, explique l’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’Environnement et du travail (Anses).

Un contrôle strictement encadré de l’utilisation des données

Autre crainte de la part des détracteurs du Linky : l’enregistrement et la transmission des données personnelles par le module ERL (un équipement qui vise à optimiser la consommation d’une habitation en rendant possible les échanges entre le compteur Linky et les équipements électroménagers).

Là aussi les auteurs du rapport sont catégoriques : les usagers n’ont rien à craindre. D’une part car le déploiement du Linky a fait l’objet d’un examen particulier de la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés. Et d’autre part car le module ERL est une option : l’usager doit expressément demander à Enedis son activation.

“La délibération n°2012-404 du 15 novembre 2012 limite de façon drastique l’utilisation qu’Enedis peut faire de la courbe de charge des consommateurs. Elle ne peut être exploitée par Enedis que lorsque des problèmes d’alimentation ont été détectés effectivement et pour identifier plus précisément des points du réseau nécessitant d’être renforcés. Tout consommateur peut par Internet refuser l’enregistrement par Enedis de sa consommation horaire”, précise à ce titre les auteurs du rapport.

De l’utilité du Linky pour la réussite de la transition énergétique

Enfin, l’Académie rassure les citoyens quant au danger de départ de feu. Ceux constatés lors des premiers mois du déploiement du Linky étaient liés à une “mauvaise réalisation des connexions”. Depuis la mise en place d’une nouvelle procédure, plus rigoureuse, ce type de situation n’a plus été rapporté.

À l’heure où plus de 19 millions d’unités ont déjà été installés sur le territoire français, l’Académie des technologies considère que le déploiement de Linky et le renouvellement du système d’information “sont un succès technique exemplaire, acquis dans un environnement réglementaire très complexe“.

Et de conclure que “les compteurs communicants constituent une avancée positive pour un nouvel usage partagé et optimisé des réseaux électriques ; ils contribuent à l’amélioration continue de leur fonctionnement. Le déploiement de Linky permettra de gérer finement le réseau de distribution électrique au niveau des territoires et des consommateurs et est essentiel pour la réussite de la transition énergétique”.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Avatar

    “Académie des technologies”

    encore un truc sous tutelle de ? ………………. du gouvernement !
    alors l’indépendance , on peut douter .

    néanmoins , c’est pas faux ce qu’il dit , le linky ce n’est que de la technologie informatique , technologie REFUSÉE par l’Allemagne entres autres !
    MAIS quid de LA LIBERTÉ de choisir le REFUS sans être sanctionné ?
    Quid des pratiques de Enedis pour obliger la pose en usant des mensonges ?
    Rappel : le consommateur qui refuse ne faire l’objet d’une plainte au pénal !

    Répondre
  • Avatar

    “Les objectifs d’efficacité et de sobriété énergétiques exigent la mise en place de mécanismes d’ajustement et d’effacement de consommation d’énergie de pointe
    Tout est dit: le but est de pouvoir intégrer au mieux les énergies intermittentes Allemandes en particulier et comme nous n’avons pas investit dans le stockage et les STEP , mais eux dans le charbon, la capacité d’intermitence électrique est telle que la sécurité du réseau est à la peine, preuve en est les incidents à répétition sur le réseau Européen et Français notamment du 10 janvier, nous budgétisons les effacements de consommation ou de production ( Les Allemands indemnisent 1.5Md€ l’effacement éolien) et nous fermons Fessenheim…Rien à voir avec la transition écologique, puisque les industriels effacés tourneront au gaz oil ou gaz, tant pis pour les particuliers ils n’ont qu’à payer et pleurer. Car en plus pour réguler avec Linky il faut s’équiper de moyen pouvant lire et contrôler les informations à dispo.
    L’autre raison soyons franc, le disjoncteur de coupure télécommandé utile pour l’éffacement de sécurité mais aussi pour un fournisseur qui pourra faire pression à distance.
    Bref arrêtons de nous ruiner en ENRI pour rien sur les GES, l’urgence est là, investissons dans le stockage hydraulique de masse le seul maitrisé aujourd’hui et gardons le nucléaire ancien le plus possible seul garant d’une vrai diminution des GES car il est pilotable et pourra intégrer la transition des combustibles. Hélas ce n’est pas la vision Allemande, vivre le Gaz Russe et Norvégien, le Charbon Allemand, a bas le nucléaire Français…voilà ce que vote nos députés à l’Europe en contradiction profonde avec le GIEC, OMS,AIE, à un moment il faudra se réveiller!

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