L'Afrique structure son action contre le changement climatique

Si la contribution de l’Afrique aux émissions globales de gaz à effet de serre est minime, la combinaison de certains facteurs géographiques et économiques, ainsi que la dépendance à l’égard des ressources naturelles, en font pourtant un des continents les plus vulnérables face aux effets néfastes des changements climatiques. Une vulnérabilité qui entrave largement son bon développement économique et social et met en péril les moyens de subsistance de millions d’Africains. Dans ce cadre, plusieurs initiatives ont vu le jour ces derniers mois afin de sensibiliser les populations et d’inciter les gouvernements africains à l’action et à la mobilisation financière dans le sens d’une croissance économique à la fois forte, responsable et durable.

Selon les estimations actuelles, les effets négatifs des changements climatiques réduisent d’ores et déjà le PIB de l’Afrique de 1,4 % environ, et les coûts induits par l’adaptation aux changements climatiques devraient atteindre 3 % du PIB par an en 2030.

Dans ce contexte et dans le respect de la stratégie décennale 2013-2022 visant à favoriser la transition vers une croissance plus verte, la Banque Africaine de développement (BAD) a approuvé, en avril 2014, la création d’un Fonds pour les changements climatiques en Afrique (FCCA). Le FCCA vient compléter les ressources propres de la BAD et entend ainsi accroître les financements climatiques mobilisés au profit d’activités qui tiennent compte des dérèglements climatiques dans les pays africains.

Selon le premier rapport annuel du FCCA publié le vendredi 8 mai dernier, ce fonds est doté de 4,725 millions d’euros octroyés par l’Allemagne et vise à accompagner les pays africains dans leur transition vers un mode de développement plus résilient aux changements climatiques et à faible émission de carbone. Le FCCA est hébergé et géré par la division de l’environnement et du changement climatique de la BAD et a été conçu pour devenir un instrument catalyseur, dont le champ d’action soit suffisamment large pour couvrir une gamme variée d’activités relatives à la lutte contre les dérèglements climatiques et à la croissance à faible émission de carbone.

Comme l’a déclaré Kurt Lonsway, directeur de la BAD pour l’environnement et le changement climatique, à l’occasion de la publication de ce premier rapport, “en seulement neuf mois d’exploitation, le secrétariat du FCCA a été formé, des directives opérationnelles ont été préparées, et une stratégie de communication a été élaborée et mise en œuvre. Le premier appel à propositions dédié à des projets de financement climatique a même été lancé avec succès”, soulignant ainsi l’organisation progressive de ces services et la volonté d’une concrétisation rapide des différents projets financés.

Autre signe d’une prise de conscience collective et d’une réelle volonté d’agir, la première conférence des pays du Sud contre le réchauffement de la planète se tiendra le 29 juillet prochain à Libreville au Gabon. Organisé à l’initiative du président gabonais Ali Bongo par la société Richard Attias et Associés en marge du forum économique New York Forum Africa, cet événement baptisé “Climate South Initiative” accueillera des dizaines de chefs d’états, dirigeants économiques et politiques, ONG, organisations de la société civile et entreprises sociales.

Ensemble, ils prendront position activement dans la lutte contre le réchauffement de la planète et définiront ainsi le rôle de l’Afrique et plus globalement des pays du Sud afin de parvenir à un accord sur le climat lors de la COP21 à Paris en décembre 2015. La Climate South Initiative aura donc pour objectif de créer une dynamique entre les leaders des économies émergentes et en développement, sous la bannière de la collaboration entre les pays du Sud, pour une approche efficace du changement climatique.

Toutes ces initiatives sont donc des plus encourageants sur un continent qui ne bénéficie jusqu’à présent que d’une maigre part des financements climatiques. Les gouvernements africains, les ONG, les organismes de recherche et les institutions régionales ont avant tout besoin de ressources pour financer leur quête vers une transition énergétique responsable et un développement plus durable.

Crédits photo : BAD

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