Les interconnexions électriques, condition sine qua none de la transition énergétique

Les interconnexions électriques, condition sine qua none de la transition énergétique

Par Martin Dubourg, Directeur France Aquind  

Les effets du dérèglement climatique s’annoncent dévastateurs pour la planète et ses écosystèmes. Les objectifs internationaux restent insuffisants et leur implémentation est lente. Les experts et décideurs publics sont d’accord, il est essentiel d’accélérer la mise en place de politiques de transition écologique, afin de limiter rapidement l’accélération du changement climatique. 

La transition énergétique, volet essentiel de la transition écologique, est amorcée en France depuis le début des années 2000 mais demeure très insuffisante face aux objectifs ambitieux fixés par la loi, notamment celui d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie établit la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% à l’horizon 2035, la part des énergies renouvelables à 33 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030.

Le choix des sources d’énergie électrique renouvelables s’impose donc à la France pour pouvoir répondre aux enjeux environnementaux, climatiques et économiques de cette transition.

Les interconnexions, levier essentiel prêt à être déployé

Diffuses et intermittentes, les énergies renouvelables posent de nouveaux défis techniques dans leur intégration à nos systèmes de transport et de distribution.

Alors que les hypothèses pour une meilleure intégration des EnR se multiplient – du stockage à l’effacement de la production – les interconnexions électriques sont mises en avant par les experts par leurs atouts techniques et économiques, ainsi que la rapidité de leur déploiement. C’est le sens de la dernière étude publiée par les Eco Maires : Enjeux et défis des interconnexions électriques.

En permettant les échanges entre les États, et en diversifiant les sources d’approvisionnement, les interconnexions électriques permettent d’utiliser l’énergie au moment où elle est produite, optimisant ainsi le coût de l’énergie pour le consommateur et sécurisant l’approvisionnement des pays interconnectés.

La variabilité des EnR due aux aléas météorologiques peut être mise au service de la transition énergétique grâce à la complémentarité des phénomènes météorologiques dans les différents pays voisins.

L’effet de foisonnement, c’est-à-dire, la réduction des fluctuations temporelles de l’intermittence de la production d’énergie par la multiplication de sources éloignées, peut être optimisé grâce à les interconnexions transfrontalières.

Cette complémentarité des réseaux est aussi retrouvée dans les habitudes de consommation d’électricité et dans les différences de plages horaires, faisant que les pics se produisent à des moments différents de la journée, par exemple entre la France et la Grande-Bretagne.

Plus encore, les interconnexions permettent de réduire le nombre de nouvelles centrales électriques en optimisant le transport de l’électricité. Les interconnexions peuvent ainsi permettre d’utiliser davantage les unités de production ayant un faible impact sur l’environnement, réduisant ainsi la dépendance aux unités ayant un impact plus fort.

Dans cette perspective, la construction d’interconnexions est un impératif climatique, notamment dans la perspective de l’augmentation de la part des modes de production renouvelables dans le mix énergétique.

D’ici là, elles constituent un outil de création de valeur économique, via les prix de l’énergie, dont les fruits sont à même d’accompagner pleinement la neutralité carbone de la France. Nous avons besoin de solutions prêtes à être déployées !