Hinkley Point: la justice annule une amende de 5 millions d’euros contre EDF pour fausse information

La Cour d’appel de Paris a annulé une amende de 5 millions d’euros infligée à EDF par l’Autorité des marchés financiers pour avoir diffusé en 2014 une « information fausse » en rapport au projet d’Hinkley Point au Royaume-Uni, rejetant le caractère « trompeur » de la communication initiale du groupe d’électricité.

A la suite d’un recours déposé par EDF, la Cour d’appel « annule la décision de la Commission des sanctions » de l’AMF, prise en juillet 2020, peut-on lire dans un arrêt daté du 30 juin 2022 dont l’AFP a obtenu une copie lundi.

Interrogée par l’AFP, l’AMF a indiqué « étudier les suites à donner à cette décision ». EDF, également contactée, n’avait pas réagi en fin d’après-midi.

L’ancien PDG d’EDF, Henri Proglio, qui avait écopé d' »une sanction pécuniaire de 50.000 euros » voit lui aussi sa condamnation annulée par la justice.

L’actuel patron du premier fournisseur d’électricité en France, Jean-Bernard Lévy, reste, lui, mis « hors de cause », selon l’arrêt.

L’affaire porte sur un communiqué de presse d’EDF remontant au 8 octobre 2014 dans lequel le groupe annonçait au marché avoir obtenu l’aval de Bruxelles pour le montage financier du projet de construction de deux réacteurs à eau pressurisés (EPR) sur le site Hinkley Point C dans le sud-ouest de l’Angleterre.

Le 21 octobre 2013, EDF annonçait avoir conclu avec le gouvernement britannique un accord sur les principaux termes commerciaux des contrats relatifs au projet. Y figurait une garantie de financement du gouvernement britannique selon des conditions et termes à définir.

Puis, le 8 octobre 2014, la Commission européenne octroyait son feu vert à ce schéma de financement, la garantie ne constituant pas une aide d’Etat, ce qu’EDF avait relayé par la voie d’un communiqué de presse en précisant que « les principaux éléments des accords d’octobre 2013 restent inchangés ».

Or, le régulateur boursier avait estimé en 2020 qu’en employant le terme « inchangés », EDF a « diffusé une information fausse, susceptible de fixer le cours du titre à un niveau anormal ou artificiel » puisque « des changements significatifs étaient intervenus sur le schéma de financement par dette garantie ».

La justice a, elle, jugé en appel sur ce point que l’information « ne présent(ait) pas de caractère inexact ou trompeur » à ses yeux.

L’AMF avait enfin considéré en 2020 que ce « manquement était également caractérisé, selon elle, à l’encontre de M. Proglio, président-directeur général d’EDF à la date du communiqué litigieux ».

La justice a annulé cette condamnation.