Hausse des tarifs de l’électricité: les oppositions fustigent l’annonce du gouvernement

« Scandaleux », « anormal »… Les oppositions à l’Assemblée ont fustigé mardi l’annonce par le gouvernement d’une hausse de 10% des tarifs réglementés de l’électricité au 1er août, signe de la fin progressive du bouclier tarifaire.

La hausse concerne les clients « raccordés à un compteur d’une puissance jusqu’à 36 kilovoltampères » (ménages, artisans, petits commerces et artisans). L’augmentation sera de 160 euros en moyenne par an, calcule le gouvernement.

La dernière hausse datait de février et s’élevait à 15%, après 4% en février 2022. Depuis 2021, le tarif réglementé de l’électricité, dont dépendent quelque 23 millions de clients, aura donc augmenté de 31%.

« C’est scandaleux, c’est honteux (…) C’est les ménages, les classes populaires et les classes moyennes qui vont payer », a pointé le patron du Parti communiste Fabien Roussel, devant la presse.

La cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a dénoncé sur Twitter « un gouvernement aussi inutile contre l’inflation que contre le changement climatique ».

« Ne jamais prendre au sérieux les engagements de ce gouvernement », a déploré sur Twitter le Premier secrétaire du PS Olivier Faure.

C’est « tout à fait anormal que le gouvernement annonce une hausse aujourd’hui alors que rien dans nos coûts de production ne le justifie », a tancé en conférence de presse le patron des députés LR Olivier Marleix, également « très inquiet de l’évolution (des prix) du gaz ».

Côté Rassemblement national, la cheffe du groupe Marine Le Pen a critiqué sur Twitter « plus de 25% de hausse du prix de l’électricité en six mois pour éponger la débâcle de la politique d’Emmanuel Macron et d’un marché européen qui spolie les Français ».

En conférence de presse, le président du groupe indépendant Liot Bertrand Pancher a appelé à « cibler le bouclier tarifaire » et « accentuer les aides pour les familles qui en ont le plus besoin, et peut-être les diminuer pour ceux qui en ont le moins besoin ».

« Dans le mécanisme actuel, le bouclier est un système d’aide pour tous les particuliers de la même manière », a relevé en conférence de presse la cheffe du groupe écologiste à l’Assemblée Cyrielle Chatelain, estimant qu’il s’agissait d' »argent public mal utilisé ».

En réponse à une question du député RN Jordan Guitton, la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a défendu à l’Assemblée un investissement de « 40 milliards d’euros rien que pour le bouclier électricité sur la période 2022-2023 », l’une des mesures « pour que les Français puissent bénéficier de prix d’électricité parmi les plus bas d’Europe ».

« A partir du 1er août, le bouclier tarifaire continuera de prendre en charge la protection des Français à plus du tiers de leur facture », fait également valoir le gouvernement.