Gouvernement : un trio à l’écologie qui peine à convaincre

Gouvernement : un trio à l’écologie qui peine à convaincre

Chargée de la planification écologique, la Première ministre Elisabeth Borne va s’appuyer sur deux macronistes pur jus : Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Nouveau départ ou continuité ? Attendons de voir. 

Depuis sa réélection en avril dernier, le président de la République Emmanuel Macron, a promis que ce quinquennat « sera écologique ou ne sera pas ». L’heure est à la planification donc, avec toujours en ligne de mire la neutralité carbone en 2050. Et c’est la cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, qui aura la charge de cette fameuse planification écologique, un terme emprunté à Jean-Luc Mélenchon pour l’occasion. La Première ministre est la candidate toute désignée puisque – rappelons-le pour ceux du fond – elle fut ministre de la Transition écologique et solidaire pendant un an, lors du précédent quinquennat.

Pour l’épauler, elle pourra compter sur Amélie de Montchalin, fraîchement nommée à la Transition écologique et à la Cohésion des territoires, et aussi sur Agnès Pannier-Runacher qui prendra la tête du ministère de la Transition énergétique. Soit deux ministres dédiées à l’écologie pour les cinq années à venir. Les plus optimistes y verront un symbole de l’importance accordée à la question, les pessimistes le signe que la tâche est immense et ardue.   

« On jugera sur pièces. »

À peine nommées, et les critiques fusent déjà. L’ex-député LREM, Matthieu Orphelin, s’est dit surpris « compte tenu de leurs modestes positionnements précédents sur ces thèmes ». Toutes deux appartenaient effectivement au gouvernement de Jean Castex : l’Industrie pour Agnès Pannier-Runacher, et la Transformation de la fonction publique pour Amélie de Montchalin. 

L’expérience Nicolas Hulot a sans doute laissé quelques traces. Car ces deux personnalités se distinguent également par leur profil de technocrates. Agnès Pannier-Runacher ? C’est HEC, l’ENA, Sciences-Po Paris. Amélie de Montchalin ? HEC.  Ce qui en perturbe plus d’un, comme Jean-François Julliard, directeur France de Greenpeace qui déclarait à l’AFP : « Ce qui est inquiétant, c’est que toutes deux sont considérées comme des fidèles d’Emmanuel Macron et de ce qui a été fait jusqu’à présent, lors d’un quinquennat perdu pour le climat. On jugera sur pièces. » Comprenez :  avant de déterminer si oui ou non, la réponse politique est à la hauteur des enjeux. Et ces pièces, on les connaît. Pour l’énergie, il s’agit notamment de la rénovation thermique de 700 000 logements par an durant le quinquennat, que devra orchestrer le ministère de la planification écologique et territoriale. C’est aussi faire sortir la France du gaz, du pétrole et du charbon, et donc, multiplier par dix la puissance générée grâce à l’énergie solaire ; déployer cinquante parcs éoliens offshore d’ici à 2050 ; engager la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires ; ou encore bâtir une stratégie hydrogène pour les transports en développant la production d’hydrogène vert. 

D’aucuns restent sceptiques, mais ne jugeons pas un livre à sa couverture. Même si la fin du précédent chapitre quelques-uns sont visiblement restés sur leur fin, le prochain peut réserver – qui sait ? – quelques surprises et sera peut-être jugé meilleur par les critiques.  

 

Crédits photo : Flickr Jacques Paquier

commentaires

COMMENTAIRES

  • Au contraire, ces nominations me semblent parfaitement logiques, car si nous regardons le climat, la réduction des émissions de CO2 jusqu’à zéro (rêvons) est un pur problème de développement industriel.
    Par contre, lorsque vous dites que : « multiplier par dix la puissance générée grâce à l’énergie solaire ; déployer cinquante parcs éoliens offshore d’ici à 2050 ; engager la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires », permettez-moi d’avoir des doutes.
    Éolien et solaires sont intermittents, et nécessitent donc des moyens de production d’électricité pilotables lorsque la météo est défavorable, donc plus de la moitié du temps.
    Or, nos possibilités de développement de l’hydraulique, STEPs compris, sont limités, et les sources bios le sont encore plus.
    On retombe donc sur des back-up en centrales à gaz, ce qui rend impossible de tomber les émission proches de zéro.
    Donc, si nous sommes logiques, c’est le nucléaire qui sera à terme majeur, et les renouvelables intermittents secondaires.
    Comme nous devons probablement doubler la consommation d’électricité d’ici 2050, ce ne sont pas six réacteurs de taille équivalente à nos actuels dont nous aurons besoin, mais d’un nombre compris entre 50 et 100.
    Évident, mon cher Watson.

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    • @Hervé Guéret,
      Vous êtes caricatural dans votre analyse, même si je suis d’accord sur certains de vos points dont l’intérêt du Nucléaire.
      Plusieurs remarques :
      – Vous dites :  » la réduction des émissions de CO2 jusqu’à zéro (rêvons) est un pur problème de développement industriel. « , seulement en partie, ce sera aussi un problème social et de comportements des individus eux-mêmes, mais aussi de nombre de politiques publiques en parallèle et cohérente entre elles (à la fois locales, régionales et nationales)… Mais c’est certain que sans politique industrielle sérieuse, les résultats ne seront pas là (sauf dans les rêves !).
      – Vous dites : Les ENRi  » nécessitent donc des moyens de production d’électricité pilotables lorsque la météo est défavorable, donc plus de la moitié du temps.  » , en prenant le problème sous diverses facettes, on peut voir aussi des moyens de consommation pilotables (les volumes sont conséquents et le Linky actuel ou futur devrait un jour opérer dans ce sens). Les interconnexions vont continuer de nous donner de la flexibilité (donc du pilotage !) également… L’hydraulique pourra servir en pilotage à rajouter que les problèmes d’eau commencent à être conséquents en France et économiser l’eau au printemps et la garder stocker en altitude pour les mois d’été va être bientôt une nécessité. Pour économiser cette eau, les jours de fortes productions éoliennes seront favorables, si le développement des ENRi est cohérent et pas complètement surdimensionner pour rien… Pour rappel, les STEP tournent en pompage en journée maintenant (et plus seulement la nuit…), il est plus que temps d’en lancer d’autres…
      – à votre propos  » 50 à 100 nouveaux réacteurs pour 2050 « , c’est du rêve !!! Il n’y a plus ni les capacités industriels, ni les capacités de construction, ni le temps… De même que pour doubler notre consommation d’électricité !!! Même si cela pourrait avoir du sens (mais il est trop tard)… Il va falloir être efficient et sobre dans les années à venir et avoir de nouvelles idées de pilotage de nos consommations !

      De plus pour les 15-20 ans qui viennent (hors l’EPR de Flamanville) seuls les ERNi et un peu les ENR anciennes peuvent donner de réelles nouvelles capacités (même pas sur pour l’hydraulique tant les projets peuvent être longs), nous en sommes là et c’est factuel… Il va falloir faire avec des ERNi ou des Fossiles et s’adapter ! Personnellement je suis plutôt opposé aux Fossiles donc reste les ENRi en attendant…
      Les pro-ENRi ne se rendent pas compte que les belles années des ENRi sont bientôt comptés, l’inflation va aussi les toucher et la dépendance inouie du PV à la Chine pour des matières et certains composants de ceux-ci ne garantie pas de sécurité de long terme !!!

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      • L’inflation touche déjà les ENRv:
        Les prix les plus bas en Europe: en Espagne: sont passés de 25 euros le MWh solaire et éolien terrestre en moyenne en 2020 à 37 euros en 2022. La bulle spéculative à la baisse de l’éolien offshore britannique a également explosé, avec des porteurs de projets qui ne peuvent plus tenir les prix bas, de l’ordre de 50 euros le MWh, sur lesquels ils s’étaient engagés.
        Mais ce qui permet de limiter la casse au niveau mondial est la puissance industrielle, et la réactivité exceptionnelle de la Chine, où les usines poussent comme des champignons, qui devrait fabriquer environ 500 GWc de PV cette année.
        https://www.pv-magazine.com/2022/01/21/chinese-pv-industry-may-reach-500-gw-module-capacity-by-year-end/

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        • @Marc,

          Pour la production de 500GWc en Chine en 2022, cela risque d’être compromis (Covid, et régles anti-pollution) et en ajoutant d’autres paramètres la croissance du PV en 2022 aura bien des sujets de blocages/limitations
          https://www.linkedin.com/pulse/solaire-2022-chronique-dune-catastrophe-annonc%C3%A9e-xavier-daval/
          Je ne trouve pas cela très « sur » d’avoir une proportion très supérieure à 50% sur des composants essentiels à cette industrie entre les mains d’un seul pays !!! De plus, la réactivité des industriels chinois n’est plus du tout la notre (ex : ils ont fini et mis en route leur 2 EPR !).
          Je ne vois pas d’un bon oeil notre ultra dépendance à la chine sur ce point (et d’autres d’ailleurs)…

          Dans quelques années, la Chine saura jouer de cette position et nous faire mordre la poussière, d’où une crainte (personnelle) à un développement massif du solaire sur le modèle actuel… Avec 200 GW, ce serait un flux annuel de 7GW minimum pour maintenir les capacités de production…

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          • Du respect pour les Chinois…
            L’impérialisme chinois ne sera pas forcément le même que celui des EU.
            Jusqu’ici, il me semble qu’ils ne vont pas « foutre la m. » aux 4 coins du monde comme les EU.
            Ils sont dans le « soft power », la domination économique.
            On leur a vendu, pour ne pas dire fourguer 2 EPR, dont l’un est à l’arrêt depuis 1 an. Eux nous ont fourni des PV, des ordinateurs, et une infinité de produits qui fonctionnent (même s’ils ne sont pas toujours de qualité, mais ils fournissent ce qu’on leur commande. Ils savent évidemment faire des produits de qualité).
            Ils ne vont pas nous dominer en 2049 en sciences etc, c’est déjà le cas du fait de l’effondrement du niveau scolaire en France.

      • @APO
        Caricatural, bien entendu, mais uniquement par l’impératif de me limiter en quelques lignes. Caricatural, donc, mais tellement vrai.
        – Bien sûr, qu’on fera de la consommation pilotable, … un peu. Mais prenons un petit exemple, la recharge des batteries des véhicules qui devra bien être complète chaque matin et ne pourra pas de toute façon attendre la fin d’une belle pétole sur quelques semaines.
        La pilotabilité de la charge existera donc, mais marginale.
        – Pour l’hydraulique, il n’est guère développable en France, même pour des STEPs, ne serais-ce que pour l’acceptabilité de la population pour des barrages se vidant tous les jours !!!. Et les Steps ne peuvent servir que sur quelques heures, pas jours.
        – Bien entendu, économie et sobriété sont la base indispensable, mais aussi l’électrification de tout ce qui pourra se faire dans la consommation de produits pétroliers. Et si l’industrie se redéveloppe, la consommation va gonfler. Comme je pense qu’il n’y a guère d’intérêt à avoir des réacteurs trop puissants, 50 correspond à la consommation actuelle, 100 au doublement. Vous voyez comme je suis raisonnable LOL.
        – Pour les capacités industrielles, le rodage des premières installations avant de lancer les séries suivantes, à l’évidence, avoir ne serait-ce que 50 réacteurs en 2050 est bien difficile. Mais qu’il convient de faire le plan de développement industriel le plus ambitieux possible. Certainement pas les 14 dans les plans.
        – Et on retombe sur les ENRi, en se souvenant que la logique de base est qu’on doit installer des pilotables (centrales à gaz au mieux) correspondant à une grosse partie de la consommation normale du réseau, et que les intermittents n’ont pour rôle que de réduire, aux instants de météo favorable, la pollution de ces merveilleuses machines.
        Dire que la base sera les intermittents, complétés par un tout petit back-up au gaz est une ânerie. La réalité est l’inverse.

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        • @Hervé Guéret,
          Vous retournez dans la caricature (mais c’est vrai que c’est le « jeu » quand on a peu de places et de temps pour exprimer un sujet).
          – Pour les VE, la charge ne doit pas être systématiquement pleine chaque matin ! Celle-ci peut dépendre de la distance à parcourir. Hors WE et vacances, les français font quoi en moyenne 40 km/jour (avec bien entendu des exceptions, mais je ne pense pas que les voitures thermiques auront totalement disparu en 2050 et notamment pour les gros rouleurs et les usages des premiers secours!) !??? Avec un peu d’efforts et de conscience, la charge des VE peut dans certains cas n’être faite qu’une fois par semaine si besoin…Ce qui d’ailleurs irait bien aussi dans le sens d’une filière nucléaire par temps de froid avec des recharges le WE sur de larges proportions du parc auto… De toutes les façons, les pointes de production du solaire (il y en aura de plus en plus) imposeront des recharges la journée pour éponger les surplus du solaire et donc bien des parking d’entreprises devront s’équiper de bornes de recharge simples (le temps qu’on est au bureau ou à l’usine n’est pas court…).
          – Les pilotage des consommations ont un gros potentiel si on veut bien s’en donner la peine !!! Par exemple pour les chaines du froid c’est déjà en cours dans les grands frigo industriels, il serait bien d’en faire autant sur certaines sources de chaleur… Cela peut représenter en cumul des quantités assez importantes… J’ai grandi avec le système EJP, et la famille gérait bien les semaines ou le voyant était rouge en déplaçant des consommations d’objets électriques (machine à laver le linge, sèche-linge, etc…) vers le WE, ce sont de petits efforts mais en cumul cela peut devenir énorme… Sans effort des individus, on ira dans le mur de toutes les façons !!!
          – Je ne suis pas d’accord avec votre vision de non développement de l’hydraulique pour de multiples raisons. Il y a un potentiel, mais il est plus que temps d’ouvrir les débats et les raisons d’intérêt général ! De plus une partie de notre hydraulique sera le « back-up » des ENRi à l’avenir (avant le Gaz !)…
          Enfin, oui, il nous faudra du nucléaire et penser à nouveau à la IVème génération pour maintenir une base sure…
          Quand au redéveloppement de l’industrie en France, on n’en prend pas encore le chemin (hélas !)… Mais à voir, tout en sachant que bien des process industriels ont fait des progrès énormes en 50 ans et que certains usines fermées depuis 20 ans avaient des process anciens et donc énergivores…

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          • @APO.
            Je viens de lire votre réponse, et en fin de compte j’ai le sentiment que nos différences de points de vue sont dans les nuances, pas dans le fond.
            Remarquez qu’on sait qu’on a compris un problème lorsqu’on est capable de l’expliquer à sa concierge (c’est du pur Einstein LOL)
            Et c’est pourquoi je cherche à faire à la fois exact et caricaturalement simple.

  • Ainsi, le plaisancier toulonnais n’est pas resté immobilisé dans un « Pot-au-noir » imaginaire entre Barcelone et la Corse. Notre astronome du rivage disait donc vrai, il y a toujours, plus ou moins, du vent en Méditerranée.

    Cela dit, dans son étude « Futurs énergétiques 2050″, que notre plaisancier ne semble pas avoir lue, on trouve :
     » … la moindre sollicitation attendue des centrales à gaz du fait de la croissance des énergies renouvelables devraient conduire à renforcer cette performance [bilan CO2/kWh].

    Pour le nucléaire, EDF considère qu’il n’est pas possible de mettre en service plus de six EPR2 entre 2035 et 2045. Pour la suite :

    « … les acteurs de la filière nucléaire ont indiqué … qu’un délai de 4 à 5 ans était nécessaire entre les mises en service des trois premières paires afin de reconstituer progressivement une capacité industrielle performante de construction de réacteurs nucléaires en France et de disposer d’un retour d’expérience suffisant entre les premières mises en service.
    Ce délai est jugé difficilement compressible par la filière et se retrouve ainsi dans les principaux scénarios étudiés par RTE ».

    Si être bercé par les flots peut conduire à des rêveries insensée, il faut bien finir par remettre les pieds sur terre.

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    • @Marguerite,

      vous oubliez que la quasi totalité des voiliers de plaisance ont un « back-up » diesel pour les manœuvres mais aussi en cas de chute des vents ou de vent contraire et/ou contraignants…
      Le drame de l’histoire est de voir nombre de voiliers (seulement avec la grand voile) et avançant au gré de la mécanique au gasoil, sachant qu’avec un refroidissement par eau de mer pompée c’est très efficace et permet de faire de longues distances…

      Il est assez rare de voir des voiliers sans moteur maintenant…

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    • @Marguerite
      Bien entendu, je n’ai pas lu la totalité de la version complète du rapport de RTE, mais de façons approfondie les parties touchant la faisabilité des différents scénario.
      Ainsi, bien entendu, que la synthèse :
      https://assets.rte-france.com/prod/public/2021-10/Futurs-Energetiques-2050-principaux-resultats_0.pdf
      Et en particulier le paragraphe 11:
      « Les scénarios à très hautes parts d’énergies renouvelables, ou celui nécessitant la prolongation des réacteurs nucléaires existants au-delà de 60 ans, impliquent des paris technologiques lourds pour être au rendez-vous de la neutralité carbone en 2050 »
      Simplement, je pense que les « paris technologiques lourds » dont ils parlent existent quasiment au même niveaux pour tous les scénarios, même ceux avec une part notable de nucléaire.

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  • Mon cher Watson
    Paramètres à prendre en compte à l’horizon 2050 pour l’énergie élec :
    une production de 800 à 850 TWh (industrialisation, H², VE, etc )
    Disposer d’une capacité de pilotable ( gaz ou nucléaire) de l’ordre 100 à 110 GW pour garantir le passage des pointes de conso en périodes anticycloniques hivernales quand les ENR intermittentes n’offriront qu’une contribution marginale
    Pour le reste c’est du pipo.de cet « attelage ».

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    • @Michel Dubus,

      Sachant qu’il y aura difficilement plus de 50 GW de Nucléaire opérationnel en 2050, vous pensez sérieusement qu’on pourra avoir plus de 50 GW de capacités au Gaz ???
      Voulez-vous recyclé « Noth Sream II » en le by-passant vers la France ???

      D’après votre estimation, il va falloir faire de sacrées nouvelles capacités de stockage de Gaz en France ???

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      • @APO
        Au fond, on est bien d’accord, on va être dans la mouise.
        D’où la nécessité impérieuse de lancer le plan le plus ambitieux possible en nucléaire.
        Quant aux annonces des industriels cités par Marguerite, leur prudence est due aux risques industriels et financiers découlant des variations permanentes des engagements de l’État.
        Chat échaudé craint l’eau froide.
        L’exemple le plus caricatural étant l’arrêt du projet Astrid, en catimini, mettent à la poubelle des décennies de recherches et développements industriels, y compris nos développements avec les Japonais. Scandaleux.
        Si les industriels n’ont pas la certitude que les engagements de l’État ne pourront pas être mis à la poubelle par la prochaine élection présidentielle, ils ne prendront pas les décisions indispensables.

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        • @Hervé Guéret,
          On est en partie d’accord sur la vue de long terme et la manque de visibilité garantie pour des industriels dans un contexte actuel où a finance est reine…

          Même le PV solaire ne fait pas exception avec des visions du Futur erronée et à risque !!! J’appréhende pour les jeunes générations l’arrivée de 2049 !!! Cette année là, la Chine voudra être première partout (Industries, Sciences, places financières, etc…) et elle s’y prépare depuis des années déjà. Si pour y arriver, ils doivent nous faire un joli croche-patte quelques années avant et nous faire couler, ils le feront (nous leur en avons fait, nous occidentaux, de très beaux croche-pattes par le passé !!! aux Russes aussi d’ailleurs…), je pense que si nous sommes drogués au PV, ils pourront nous sevrer rapidement (il est si facile pour un état ce créer un ennemi avec des raisons futiles, Cf les Américains à plusieurs reprises dont en Irak en 2003…) en coupant les flux de PV et sans que nous puissions réagir… A part l’orge du bassin parisien pour faire de la bière chez eux, nos connaissances scientifiques et technologiques (pour Combien d’années encore !!!) et le nucléaire (nous avons des stocks d’U238 considérable !!!), il n’y a pas grand chose qui les intéressent chez nous (ils se sont mis à faire du vin qui n’est pas ridicule d’ailleurs !) … Mettre trop de PV aujourd’hui chez nous (sans filière industrielle complètement intégrée et à l’échelle) et ne compter que dessus pour équilibrer notre réseau électrique est (pour moi) une folie douce !!! Un peu de PV Oui, beaucoup trop Non, les pro-ENRi ne comprennent pas cela, je trouve cela déplorable de ne pas considérer les risques sous-jacents de la filière PV surtout après ce qu’il se passe en Ukraine et avec la Russie…

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      • Avant « impossible » n’était pas français. Maintenant avec notre nouvelle société multiculturelle créolisée c’est le poil ds la main qui est de mise. La culture de l’effort est dépassée, ns allons payer tout ceci bien cher !

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        • @Michel Dubus,

          Là dessus je ne suis pas trop d’accord. Je pense que la Finance a « bouffé » tout et le court-termisme l’emporte sur tout… Sans compter la politique du « ceinture-bretelle-casque-lunette/oeillère-protection auditive-silotage-etc… » avec de bonnes touches de « management à l’anglo-saxonne » (adapté pour les Saxons et les Anglos mais pas à des Latins) qui casse la motivation de beaucoup de jeunes aujourd’hui… et régulièrement les « trop bons, trop cons » sont exploités par d’autres sans reconnaissances de leurs efforts (pour ne pas dire exploiter !) …
          Pour caricaturer, dans les grosses boites, le gars qui délivre « On time » et qui bosse dure avec ses équipes sur ses projets mais qui va délaisser les questionnaires RH va se faire sabrer… Celui qui remplit bien « On time » les questionnaires RH, mais qui ne délivre pas ses projets en incriminant tout le temps ses équipes, celui-là montera… (Ca m’est arrivé sur de gros projets… J’en ai retenu la leçon !)

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  • « Mettre trop de PV aujourd’hui chez nous (sans filière industrielle complètement intégrée et à l’échelle) et ne compter que dessus pour équilibrer notre réseau électrique est (pour moi) une folie douce !!! »
    Contrairement à la France, la Chine installe nombre de STEP en parallèle des ENRv pour équilibrer son réseau.
    En France, on installe des ENRv sans stockage supplémentaire.
    Et bien souvent, la France n’utilise même pas ses moyens de stockage existant lors des périodes de surproduction, et préfère réduire le nucléaire, quitte à consommer plus de gaz ensuite.
    La France devient demeurée.

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    • @Marc,

      La France devient juste dictée par l’intendance et la tendance de la Finance…

      De Gaulle disait (à peu près) :  » L’intendance suivra..  » . C’est devenu l’inverse…

      Oui, on marche parfois sur la tête… Plaignons nos enfants !

      Les Chinois (l’élite) sont pour certains bien gavés de l’impact des Guerres de l’opium en Chine… Ils mettront le temps, mais ils nous la mettront « softement »…
      J’ai croisé et bossé avec quelques cadres chinois dans ma carrière, je n’ai jamais entendu ‘ »l’once » d’une critique envers « Pékin » (même après des mois et des relations plus que cordiales), sauf sur la pollution des villes (qu’ils voient comme une nécessité temporaire malencontreuse, un sacrifice de leur génération pour le bien-être et le mieux-être moyen des Chinois… Tout en rappelant aux Européens le « Smog » de Londres et des villes européennes il n’y a pas si longtemps, et aussi notre cumul de pollution par hab depuis 150 ans… Sur ce point Anglais et Américain resteront Champion du monde pour encore très longtemps avec les Allemands bon 3ème…).

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      • L’Europe a utilisé des générations d’ouvriers chinois qui ont travaillé dans les conditions et avec le salaire que l’on sait, pour notre « niveau de vie », pour que, ayant moins d’industrie, on ait pu développer autant de loisirs. Et la France s’est elle-même « suicidée » en premier lieu par l’effondrement du niveau scolaire (ce n’est pas la Chine qui l’y a poussée).
        Des milliards de chinois se sont sacrifiés économiquement pour l’Europe (et les EU), même si le but du parti au pouvoir était une domination à long terme.
        La Chine dominera le monde, mais un peu de mesure dans les critiques.

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        • @Marc,

          Quand on rajoute la moindre disponibilité (physique et/ou technico-économique) de nombreuses ressources sur cette planète par habitant, et le fait qu’on ne voit pas nos sociétés se mettent à partager équitablement celles-ci, cela passera donc dans le futur par des « évictions » de pans entiers de la société de consommation !!!
          Je ne vois pas les Chinois (dont leur régime qui tient aussi en place grace à l’augmentation du pouvoir d’achat de sa population) nous faire de cadeaux dans les décennies qui viennent …
          Par ailleurs et vu les politiques économiques et industrielles du passé, faire du Dumping et travailler à perte durant quelques années pour maitriser des marchés et s’assurer une position dominante et exclusive est chose courante. Les GAFA l’ont quasi tous fait à leur début (surtout Google, Amazon et Facebook). Je me pose la question sur l’industrie PV chinoise !??? Car même en étant pro-nucléaire, je suis bien conscient de la place du PV dans les années à venir à l’échelle de la planète …L’industrie solaire chinoise est plus puissante en proportion dans le marché du PV que l’OPEP+ l’est pour le pétrole !!!
          Une fois le solaire PV largement distribué et inséré dans les Mix mondiaux divers alors les Chinois pourront faire ce qu’ils veulent… Les flux annuels de chaque pays en PV à garantir pour ne serait-ce que maintenir la production seront colossaux, nécessaires et sans voie rapide pour se retourner… Leur Soft Power sera énorme !!!

          Ne soyons pas cupide et naif sur le PV, et gardons-nous des marges de manoeuvre. Le PV sera utile certes mais s’y reposer dans de trop larges proportions est extrêmement risqué !!!

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          • Oui, on peut bien se passer de la plupart des: agences immobilières, des entreprises de crédit à la consommation, des instituts de beauté, d’une partie des magasins de vêtements, d’une partie de nos véhicules (je crois que la norme, pour un couple de français moyens va redevenir de vivre en appartement avec une voiture plutôt que dans une maison individuelle avec deux voitures), de l’alimentation (la moitié de la population en surpoids et un quart obèse), des entreprises de toilettage pour chiens, de devoir refaire la mairie d’une petite commune pour mettre le secrétariat au RDC alors que le besoin de se rendre au secrétariat par une personne à mobilité réduite se trouve une fois par an (la secrétaire peut descendre porter le document), de toute la publicité affreuse, abrutissante et coûteuse que l’on trouve partout etc.
            Tout est à revoir, mais quel politique va vraiment s’y atteler ?

            L’Europe a tout de même un projet de réindustrialisation pour ce qui est de la production de modules PV.
            Je ne sais pas exactement de quels matériaux indispensables qui se trouvent en Chine elle a besoin.
            Le marché intérieur chinois leur sert de variable d’ajustement dans ce marché mondial: lorsque la demande est forte en Europe et ailleurs, ils stockent moins de panneaux pour eux, et lorsque la demande est plus faible, ils augmentent au contraire le volume de livraison chez eux.
            Je ne suis pas sûr que les Chinois aient eu besoin de faire du dumping pour nos vendre des PV en particulier car ils nous vendent déjà presque tout le reste !

          • @Marc,

            Les Chinois connaissent bien le Pouvoir de « posséder » de l’énergie en masse… Ils ont peu de pétrole comparativement à leur consommation, du charbon en quantité limitée par rapport à leur consommation…
            Ils connaissent les technologies qui vont suivre… Se placer en Numéro 1 du solaire (à travers la fabrication des panneaux) dans le monde actuel, c’est devenir l’équivalent de l’OPEP+ pour une part de l’énergie du futur…

            Le monde occidental crache à la tête des russes et des Iraniens depuis des années, rarement à celles des Qataris et des Saoudiens… Pour ces derniers, leur régime est pire que celui des Russes et des Iraniens et la Guerre au Yemen, une atrocité en cours depuis fort longtemps !!! Mais nos gouvernements d’occident ne disent rien, ou nos médias restent bien évasif !!!

  • L’écologie ne se résume pas aux problèmes posés par l’énergie (qui elle même ne se réduit pas à la production d’électricité)
    elle comporte d’autres chapitres qui semblent totalement passés sous silence :la protection des animaux sauvages ou victimes de l ,élevage industriel, corrida, chasse abusive, . et aussi l’état des rivières salies à 90 % dans notre pays , la protection des sites naturels etc .Sans oublier que le Droit de l’environnement a été mis à mal par Macron .
    Tous ces points sont étrangers à la culture des politiques chargées de la protection de la nature .Il est vrai que ce n’est pas à HEC que l’on apprend à se préoccuper de ces détails..

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    • @Sirius,
      Bien d’accord avec beaucoup de vos points, sauf quelques bémols :
      – d’abord sur la corrida, où les bêtes vivent bien en liberté souvent dans des espaces relativement sauvages pendant longtemps avant une mise à mort qui est diversement vécu suivant les individus…, la vache de camargue aurait disparu sans les corridas… Faut-il transitionner vers les corridas portugaises, sans mise à mort peut-être…
      – HEC n’est peut-être pas le lieu pour la préservation de l’environnement stricto-sensu mais c’est un des lieux ou une partie des patrons et investisseurs actuels sont passés, donc quelqu’un qui en sort connait les façons de penser du patronnât et des investisseurs… @Sirius, Quelle est la formation qui vous semble la mieux placée pour être ministre de la Transition écologique (ou éconologique…)

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      • @APO
        Difficile, une excellente formation d’ingénieur, une expérience de gestion d’énormes projets, plus l’entregent et le carnet d’adresse d’un HEC chevronné !!! Simple, donc !

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        • @Hervé Guéret,
          Vous avez oublié à la liste (entre autres) une maitrise relative de l’administration publique nationale et de ses rouages (il y aura des budgets à respecter, des Los à suivre et/ou modifier tout en tenant compte de la constituion française et les comptes de l’état ne peuvent faire l’objet sur de longues durées d’artifices comptables), ainsi qu’une connaissance des collectivités locales de province pour certains aspects (une centrale nucléaire, des lignes THT, de grosses fermes PV et des champs d’éoliennes ont tous des contreparties locales, pas toujours comprises à Paris et dans les métropoles françaises…). Sans oublier une capacité de communication hors du commun pour faire passer des messages à toutes les classes de la société française, pour accélérer le maximum d’acceptation, sans effrayer ni « braquer » le plus grand nombre… Et ne pas confondre communication et démagogie complètement inapplicable sur du long terme et/ou destructrice de valeurs et de cohésion sociale.

          Pour rien au monde, je n’aimerais être à la place d’une de ces 3 femmes en ce moment et je leur souhaite bien du courage et de nombreuses réussites.

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          • Le ministre en lui-même n’a pas tellement d’importance: le pouvoir est ailleurs.

          • @MArc,

            Et la carte bleue de tout un chacun a un Pouvoir immense, de même que la stratégie d’investissement individuel (Logement et travaux à y faire, voiture individuelle, etc…). Il est vrai que se défausser sur l’état et les entreprises en permanence ne résoudra pas les problèmes !

      • Difficile de dresser le portrait du /de la: ministre de l écologie tant ce concept recouvre de thèmes
        On remarque cependant que la connaissance des données naturalistes est une base nécessaire pour la protection de la nature : des personnes comme J-M ¨Pelt ou G. Clément . Mais la gestion politique exige d’autres aptitudes . Or si notre société a su créer des cohortes de grandes écoles d’ingénieurs; liées à la technique ou la vie économique , on n’ en voit aucune qui mériterait le nom de Hautes Etudes Environnementales .Absence significative .

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  • Dans les écoles les élèves ne travaillent plus et si quelques uns travaillent ils se font rattraper par la patrouilles et remis au pas du » non travail », les profs se désolent et les parents attendent que leurs « braves petits » passent en classe supérieure et obtiennent un bac sans aucune valeur.
    Il arrivent en grande majorité à lire un texte sans le comprendre, je l’ai constaté à maintes reprises.
    Ces enfants roi sont devenus les tirants de leur famille, de leur école et tout leur est dû sans effort.
    S’ils passent par l’université ils seront gangrénés par le woke et la cancel culture, s’ils ne sont pas déjà.
    Ceux qui ont niveau moins désastreux ne peuvent faire math sup sans une remise à niveau qui leur demande de gros efforts (qu’ils n’ont pas fourni en temps et en heure, tout fini par se payer).
    En majorité quand il commence à travailler, les compétences de bases ne sont pas au rendez-vous, les horaires ne leurs plaisent pas et en général il ne sont pas à l’heure et manque de venir au travail car ils ont fait la fête ou encore parce qu’ils n’ont pas envie de venir.
    Bien sûr certains de la bien pensance, qui ont la culture de l’excuse, diront que ce n’est pas vrai et que ce n’est de leur faute.
    Avec ce désastre de l’école, de ce qui suit, de ce que cela induit et va induire ds nos entreprises, ce ne sont pas les politiquettes qui battent la mesure sans connaitre le solfège qui remettre à flot notre Titanic france !

    Répondre
    • @Michel,

      Vision pas encore complètement généralisable et généralisée, mais avec du tristement vrai pour une grande part de la population…

      Charpak comparait sa jeunesse et l’an 2000, avec une France ou 50 millions de Français avaient eu une chance de faire des études supérieures +++ et en 2000, seulement 5 millions de Français auraient cette chance… Cela en dit aussi long sur notre potentiel futur de R&D…

      Répondre
  • Première dégradation en maths/ physique avec le passage du bac C au bac S vers 1993.
    la biologie est passée dans le tronc commun avec 4h en 1ère et 5 heures en terminale, autant d’heures de moins en maths et physique. Mais les programmes restaient cohérents et globalement intéressants.
    Nouveaux programmes catastrophiques en 2013.
    Et les parents, qui avaient de bonnes bases intellectuelles grâce à un enseignement jadis de grande qualité au niveau littéraire (La Fontaine, Molière, Victor Hugo etc) et scientifiques (calcul mental, géométrie, mécanique etc), devenus des légumes devant les programmes de divertissement à la télé, les réseaux sociaux et la publicité.

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