Gouvernement : un trio à l’écologie qui peine à convaincre

Gouvernement : un trio à l’écologie qui peine à convaincre

Chargée de la planification écologique, la Première ministre Elisabeth Borne va s’appuyer sur deux macronistes pur jus : Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, et Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Nouveau départ ou continuité ? Attendons de voir. 

Depuis sa réélection en avril dernier, le président de la République Emmanuel Macron, a promis que ce quinquennat « sera écologique ou ne sera pas ». L’heure est à la planification donc, avec toujours en ligne de mire la neutralité carbone en 2050. Et c’est la cheffe du gouvernement, Elisabeth Borne, qui aura la charge de cette fameuse planification écologique, un terme emprunté à Jean-Luc Mélenchon pour l’occasion. La Première ministre est la candidate toute désignée puisque – rappelons-le pour ceux du fond – elle fut ministre de la Transition écologique et solidaire pendant un an, lors du précédent quinquennat.

Pour l’épauler, elle pourra compter sur Amélie de Montchalin, fraîchement nommée à la Transition écologique et à la Cohésion des territoires, et aussi sur Agnès Pannier-Runacher qui prendra la tête du ministère de la Transition énergétique. Soit deux ministres dédiées à l’écologie pour les cinq années à venir. Les plus optimistes y verront un symbole de l’importance accordée à la question, les pessimistes le signe que la tâche est immense et ardue.   

« On jugera sur pièces. »

À peine nommées, et les critiques fusent déjà. L’ex-député LREM, Matthieu Orphelin, s’est dit surpris « compte tenu de leurs modestes positionnements précédents sur ces thèmes ». Toutes deux appartenaient effectivement au gouvernement de Jean Castex : l’Industrie pour Agnès Pannier-Runacher, et la Transformation de la fonction publique pour Amélie de Montchalin. 

L’expérience Nicolas Hulot a sans doute laissé quelques traces. Car ces deux personnalités se distinguent également par leur profil de technocrates. Agnès Pannier-Runacher ? C’est HEC, l’ENA, Sciences-Po Paris. Amélie de Montchalin ? HEC.  Ce qui en perturbe plus d’un, comme Jean-François Julliard, directeur France de Greenpeace qui déclarait à l’AFP : « Ce qui est inquiétant, c’est que toutes deux sont considérées comme des fidèles d’Emmanuel Macron et de ce qui a été fait jusqu’à présent, lors d’un quinquennat perdu pour le climat. On jugera sur pièces. » Comprenez :  avant de déterminer si oui ou non, la réponse politique est à la hauteur des enjeux. Et ces pièces, on les connaît. Pour l’énergie, il s’agit notamment de la rénovation thermique de 700 000 logements par an durant le quinquennat, que devra orchestrer le ministère de la planification écologique et territoriale. C’est aussi faire sortir la France du gaz, du pétrole et du charbon, et donc, multiplier par dix la puissance générée grâce à l’énergie solaire ; déployer cinquante parcs éoliens offshore d’ici à 2050 ; engager la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires ; ou encore bâtir une stratégie hydrogène pour les transports en développant la production d’hydrogène vert. 

D’aucuns restent sceptiques, mais ne jugeons pas un livre à sa couverture. Même si la fin du précédent chapitre quelques-uns sont visiblement restés sur leur fin, le prochain peut réserver – qui sait ? – quelques surprises et sera peut-être jugé meilleur par les critiques.  

 

Crédits photo : Flickr Jacques Paquier