Gazoduc Nord Stream 2: des écologistes craignent pour une zone protégée

Le projet de gazoduc russe Nord Stream 2 vers l’Allemagne via la mer Baltique menace une réserve naturelle protégée du nord-ouest de la Russie, ont affirmé mardi plusieurs organisations écologistes dont Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature (WWF).
La zone protégée Kourgalski, qui comprend 60.000 hectares sur la côte du golfe de Finlande, abrite 250 espèces d’oiseaux et 750 espèces de plantes, pour certaines très rares.
Etape essentielle pour les oiseaux migrateurs, elle se trouve sur le tracé prévu de Nord Stream 2 que le géant russe Gazprom veut construire avec la participation d’entreprises européennes, même si le projet se heurte pour l’instant à l’opposition de certains pays d’Europe de l’Est.
“La construction est impossible sans dommage écologique”, a dénoncé Mikhaïl Kreïndline, de l’organisation écologiste Greenpeace lors d’une conférence de presse organisée à Saint-Pétersbourg (nord-ouest) avec plusieurs autres organisations, qualifiant le projet d'”inadmissible”.
A l’issue d’audiences publiques organisées lundi dans la région, le consortium Nord Stream 2 a assuré dans un communiqué avoir conclu que le projet n’aurait pas “un impact négatif significatif sur l’environnement, y compris la réserve Kourgalski, vu la série de mesures de protection de l’environnement prévues”.
Mais pour les écologistes, cette expertise “contient des données controversées et douteuses concernant l’importance écologique du territoire”, selon un communiqué diffusé à la presse.
“C’est un territoire exceptionnel du point de vue de la diversité biologique”, a souligné Vladimir Khrabriï, biologiste à l’Institut zoologique de l’Académie des Sciences.
“Il faut construire Nord Stream, mais il faut trouver un autre itinéraire qui ne traverse pas la zone protégée sauvegardée de Kourgalski. Et c’est possible”, a affirmé un autre militant écologiste, Alexandre Soutiaguine.
Estimé à 9,5 milliards d’euros, Nord Stream 2 est développé par Gazprom et cinq groupes européens: Engie, les allemands Uniper (ex-EON) et Wintershall (BASF), l’autrichien OMV et l’anglo-néerlandais Shell.
Le projet, qui vise à doubler les capacités du gazoduc Nord Stream existant et réduire le transit de gaz vers l’Ukraine, divise les Européens, certains pays comme la Pologne s’y opposant.
Il pourrait également être affecté par les nouvelles sanctions américaines promulguées début août par Donald Trump qui vise les investissements dans les gazoducs.
mak/gmo/pop/az

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