Arrêter d’acheter du gaz russe? Engie renvoie la décision aux gouvernements

L’éventuelle décision de cesser d’acheter du gaz russe appartient aux gouvernements européens, a affirmé mercredi le président du groupe énergétique français Engie.

« Si nous décidions d’arrêter d’acheter du gaz russe, ça suppose immédiatement des décisions des pouvoirs publics pour faire face à une forme de pénurie », a estimé Jean-Pierre Clamadieu, sur Franceinfo.

« Et du coup nous sommes vraiment convaincus que c’est une décision qui doit être prise par la puissance publique et probablement par l’Europe, parce que c’est elle qui a la capacité à prendre de telles décisions et à l’accompagner des mesures qui seraient nécessaires », a-t-il ajouté.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé mercredi aux entreprises françaises de cesser de soutenir « la machine de guerre » russe.

« Nous sommes face à une décision qui ne peut être qu’une décision de gouvernements et quelle que soit la décision prise par les gouvernements, nous la respecterons, bien sûr », a insisté M. Clamadieu.

L’Europe pourrait remplacer facilement la moitié de ses importations de gaz russes, a-t-il estimé. Pour compenser l’autre moitié, il faudrait « des efforts de réduction de consommation relativement importants ».

Vladimir Poutine a par ailleurs annoncé mercredi que la Russie n’accepterait plus de paiements en dollars ou en euros pour les livraisons de gaz à l’UE.

« Nos contrats prévoient un paiement du gaz en euros, il n’y a pas de clause qui permette au vendeur de changer de devise, donc nous allons essayer de comprendre ce que veut dire cette position qui pour l’instant ne nous a pas été notifiée par notre contrepartie, qui est Gazprom », a expliqué Jean-Pierre Clamadieu.

« J’avoue ne pas savoir quel est le signal politique que voulait donner Vladimir Poutine, au-delà de la volonté de renforcer sa monnaie, ce qui s’est d’ailleurs produit sur les marchés tout à l’heure », a-t-il souligné.
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