Gaz en Europe: la consommation des grands industriels en baisse de 30%, selon Engie

La consommation des industriels « gazo-intensifs » en Europe, autrement dit des gros consommateurs de gaz, a chuté ces dernières semaines de 30% par rapport à l’an dernier, sous l’effet de la flambée des prix, a indiqué mercredi le président d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu.

« Les hausses de prix ont un impact très fort sur les industriels et on a vu malheureusement ces dernières semaines en Europe une réduction significative de la consommation des grands industriels gazo-intensifs, les gros consommateurs de gaz », a souligné M. Clamadieu, qui s’exprimait au micro de France Inter.

Tous fournisseurs confondus, la tendance observée sur les marchés est de « 30% de réduction » par rapport à l’an dernier, « ce qui est une bonne nouvelle pour l’équation gazière de fin d’année, mais une mauvaise nouvelle pour l’industrie européenne », a expliqué le président du premier fournisseur de gaz en France, ex-GDF Suez.

« Les industriels voient un signal prix qui les conduit à arrêter leurs usines, à déplacer des productions dans d’autres régions du monde », a-t-il poursuivi, en précisant qu’en France, la réduction de la consommation gazière des gros industriels s’élève à 15%.

Interrogé sur d’éventuelles pénuries de gaz cet hiver, M. Clamadieu a souligné les « gros efforts de diversification » consentis pour remplir les stocks gaziers.

« On est beaucoup mieux préparés qu’on ne le craignait il y a 3 ou 4 mois », a-t-il relevé, en évoquant le cas de la France où les réserves sont remplies « à 95-96% » et seront « au maximum » dans quelques semaines, tandis que celles de l’Europe sont « quasiment » à 90%.

« L’une des raisons qui font qu’on y arrive, c’est qu’on a augmenté de manière massive les arrivées de bateaux méthaniers qui transportent du gaz naturel liquéfié (GNL) », avec désormais « 30 ou 40 bateaux par semaine », contre « 10 méthaniers en Europe, il y a un an », a-t-il détaillé.

Pour le président d’Engie, il faudra gérer « de manière très attentive ces stockages pour éviter (…) le coup de froid de fin d’hiver ». Il préconise notamment une « baisse de 10% de la consommation de gaz ».

« Le sujet essentiel, c’est la réduction de la température (de chauffage) des logements et des bâtiments tertiaires (…) Un degré, c’est 7% d’économies sur la consommation de gaz en France », a-t-il précisé.