Pourquoi la France a, plus que jamais, besoin du nucléaire ! (Tribune)

Par Paul Bérard, candidat aux élections législatives dans la 3ème circonscription de la Drôme

C’est une évidence. Mais on l’oublie trop souvent. Le nucléaire est l’une des seules sources d’énergie au monde capables de générer de l’électricité 24 heures sur 24, sans polluer l’atmosphère. À l’heure où les deux tiers de l’électricité produite dans le monde proviennent de la combustion de carburants fossiles, générant des gaz à effet de serre, et alors que le GIEC nous donne 3 ans pour conserver une planète “vivable”, c’est un argument indépassable. Comme l’énergie solaire et éolienne, le nucléaire génère de l’électricité “climato-compatible”, que le GIEC retient, d’ailleurs, dans la plupart des scénarios visant à contenir le réchauffement climatique.

Contrairement à l’énergie solaire ou éolienne, en revanche, le nucléaire n’est pas une énergie “intermittente”. Comme l’énergie ne se stocke pas, on a besoin d’une capacité suffisante pour répondre à la demande, qui soit accessible en permanence.

Le problème se pose particulièrement dans les pays en développement. Mais, même dans les pays développés, le défi de se passer du nucléaire paraît hors de portée, comme en atteste l’échec allemand. Malgré des investissements massifs dans les énergies alternatives, de l’ordre de 25 milliards d’euros par an, la part du charbon, l’énergie la plus polluante, est restée stable, à environ 40% de l’électricité produite en Allemagne.

Souveraineté,  écologie, compétitivité et emploi

En France, notre potentiel de production électronucléaire est l’héritage du choix politique fait par le Général de Gaulle, et mis en œuvre par le Président Pompidou. Avec un seul mot d’ordre, payant aujourd’hui : assurer notre souveraineté énergétique. Si les technologies ont progressé depuis, et si bien des infrastructures méritent des remises à niveau, les motifs qui ont justifié ce grand projet collectif demeurent. La France est, davantage que ses voisins, à l’abri des aléas géopolitiques et des ruptures d’approvisionnement en énergie.

Depuis trente ans, l’émergence de l’enjeu climatique planétaire n’a fait que conforter le bien-fondé de ce choix historique, puisque notre électricité à 87% nucléaire et hydraulique émet 6 fois moins de gaz à effet de serre par habitant que la moyenne des pays d’Europe, et constitue notre meilleur atout pour atteindre un jour la neutralité carbone.

Par ailleurs, dans un contexte de hausse généralisée des coûts des combustibles fossiles, ce mode de production d’électricité concilie une forte densité énergétique avec une faible sensibilité aux variations des prix de sa matière première, l’uranium. Ce qui nous permet, contrairement aux autres pays européens, de protéger le pouvoir d’achat de nos consommateurs et de favoriser la compétitivité de nos entreprises, notamment industrielles.

Une source inépuisable d’emplois

Le programme que je défends, comme tous les candidats de la droite républicaine, lors des élections législatives des 12 et 19 juin prochains, tire les conclusions de cette analyse.

Nous demandons un arrêt immédiat du plan de fermeture des réacteurs nucléaires – qui pourrait, à terme, entraîner un doublement de nos émissions de CO2 -, la suppression du plafond de 50% de nucléaire en 2035 dans le mix électrique, ainsi que le lancement de 6 EPR, dont 4 à démarrer d’ici 2035, avec une réflexion à mener sur le renouvellement de l’ensemble des centrales existantes. La reprise du programme de recherche Astrid sur les réacteurs de 4éme génération nous paraît, également, prioritaire.

Nous devons, ensuite, mettre un terme à la fragilisation d’EDF, et cesser de reporter sur cette entreprise publique des charges croissantes, qui compromettent sa capacité d’investissement et le savoir-faire d’une de nos filière d’excellence technologiques, comme en témoignent déjà les dérives du chantier EPR de Flamanville, et les retards accumulés dans la remise à niveau de nos installations.

Au total, 9 réacteurs sur 56 sont aujourd’hui indisponibles, et plusieurs années ont été perdues dans la gestion du dossier du centre d’enfouissement  de déchets CIGEO à Bure.

Nous devons, enfin, exiger de la Commission européenne qu’elle reconnaisse le nucléaire comme une énergie “verte” et pas seulement comme une énergie “transitoire vers le renouvelable”.

Bon pour l’environnement, l’économie et la recherche scientifique, garante de notre souveraineté, la filière nucléaire emploie aussi 220 000 personnes et fait vivre 2 500 entreprises en France. Dans la Drôme, où je suis candidat, un véritable écosystème du nucléaire a été créé, avec près de de 11 000 emplois directs et 18 000 indirects. Au total, 50 000 personnes en vivent et partagent la même « culture du nucléaire ».

Conscientes des enjeux de sécurité et de sûreté que cela implique pour elles, confiantes dans le sens des responsabilités des autorités publiques, fières de leurs compétences, elles aspirent très majoritairement, pour l’avenir de leurs enfants, à accueillir des nouvelles infrastructures et des équipements, à commencer un EPR. Le nucléaire constitue, également, un réservoir inépuisable en termes d’emplois. Nous n’avons pas le droit de tuer cette dynamique.

commentaires

COMMENTAIRES

  • « L’énergie ne se stocke pas »
    Ce politicien ne sait pas qu’il existe des STEP en France et que celles-ci ont d’ailleurs été construites pour accompagner le nucléaire.
    C’est pas en sortant ce genre d’argument que les pro-nucléaire vont défendre efficacement leur cause.

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    • @Marc
      « Ce politicien ne sait pas qu’il existe des STEP en France et que celles-ci ont d’ailleurs été construites pour accompagner le nucléaire »
      Bien sûr qu’il le sait.
      Il raisonne simplement à l’ordre un, en France, quoi que vous espériez, les STEPs ne pourront que très peu se développer, en partie faute de sites, en partie par la résistance des populations.

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      • HG: « faute de site » arrêtez avec ça, il est possible d’en faire partout où il y a un peu de relief.
        Au niveau des oppositions locales, c’est vrai qu’il y en aurait.

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        • @Marc
          « il est possible d’en faire partout où il y a un peu de relief. »
          Très vrai, sauf que s’il n’y a qu’un peu de relief, il n’y a qu’un peu d’énergie, sauf si on crée de gigantesques réservoirs (hauts et bas, souvenons nous).
          Donc, le plus simple est d’utiliser la mer comme réservoir bas.
          Et le nombre de sites pour avoir en montagne près de la mer un grand réservoir haut me semble très réduit.

          Et remarquez que le coût de construction est lié à la taille des réservoirs, mais est indépendant du dénivelé.
          Conclusion, des STEPs de faible dénivelé sont extrêmement coûteux, rapportés à leur puissance.

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          • HG: il y a 3 STEP dans les Ardennes, construites pour accompagner la première génération de centrales nucléaires.
            Il y en a même une… en Lituanie ! sans qu’il y ait de grands dénivelés.
            La construction des bassins n’est pas le seul élément de coût important: il y a les conduites d’eau forcée, les turbines, la salle des machines, les transformateurs électriques etc.
            On peut en faire, partout, même sur du plat en creusant un réservoir en profondeur.
            Le stockage journalier est possible économiquement et utilisé depuis longtemps. Le stockage à LT est beaucoup plus cher.
            Je n’ai pas trouvé de prix précis au MWh de STEP: c’est de toutes manières 25% du prix d’achat de l’électricité + un coût fixe par cycle.

      • effectivement il n’y a en France que 6 barrages equipés de step ,et donc les possibilités de remonter de l’eau en amont sont limites et il n’est pas possible d’équiper d’autres barrages comte tenu des contraintes techniques PAr ailleurs les barrages avec steps sont loin des champs d »éoliennes donc il y a une perte de charge dans le transport Donc ce n ‘est pas la panacée !

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  • L’habituel mensonge des promoteurs du nucléaire, selon lequel la part du charbon serait « restée stable, à environ 40% de l’électricité produite en Allemagne ».

    Entre 2010 et 2021, cette part de charbon ET lignite est passée de 41,6 % à 28,1 %. Celle du gaz + fioul n’a guère varié : de 15,4 % à 16,1 %.

    Alors que la production nucléaire a diminué de 71,5 TWh entre des deux dates, celle du charbon ET lignite a diminué de 97,9 TWh et celle des fossiles en général de 100,9 TWh.

    A l’inverse, la production renouvelable a augmenté de 128,4 TWh.

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    • @Marguerite
      Mais de toute façon, sauf s’ils choisissent de se mettre dans une situation dangereuse de black-out, ils devront garder des sources pilotables permettant de garantir l’alimentation du réseau électrique quelle que soit la météo.
      Très loin du 100% renouvelable, impossible à atteindre pour des raisons de basse physique.

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  • La souveraineté énergétique réelle en France est seulement de 12 % (30 Mtep sur 249 Mtep) en énergie primaire : 1 % de pétrole et 11 % d’énergies renouvelables. Tout le reste est importé, y compris l’uranium qui compte pour 47 % de l’énergie primaire importée (104 Mtep sur 219 Mtep). Uranium dont la chaleur produite est dissipée pour les deux tiers dans l’air et dans l’eau.

    La coût de production de l’électricité nucléaire a fortement augmenté en France au cour des dernières années, comme l’a analysé la Cour des comptes. Le coût complet économique était de 49,6 €/MWh en 2010. Celui-ci est devenu 60,8 € ou 68,4 €/MWh en 2019, selon l’étendue de la prise en compte des investissements, partielle ou totale.

    C’est pour cela que le prix de l’électricité pour un consommateur moyen (toutes taxes et prélèvements compris) a augmenté de 46 % en France, entre 2010 et 2020, contre seulement 26 % en Allemagne. Pour le prix hors taxes et prélèvements, l’augmentation a été de 31 % en France contre 5 % en Allemagne, sur la même période (Eurostat).

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    • Les éoliennes et panneaux solaires ainsi que leurs constituants sont également importés, comme l’uranium et les combustibles fossiles. Même chose pour le cuivre et les autres métaux nécessaires au renforcement du réseau électrique, obligatoire avec l’installation des milliers de petits moyens de production. Cela aggrave notre dépendance bien plus que le nucléaire.
      La chaleur est dissipée au 2 tiers dans l’air et l’eau, mais c’est la même chose avec les centrales à charbon et au gaz : c’est le rendement d’une machine thermique, lié au cycle de Carnot… Rendement de 30% environ avec un facteur de charge de 70%, à comparer avec les 25% de rendement et de facteur de charge d’une éolienne, et 15% pour les PV.

      Un coût du MWh nucléaire à 68,4 €, ça reste pas cher pour une électricité pilotable à 6g de CO2 par kWh.

      Si le coût de l’électricité à augmenté en France ces dernière années, c’est principalement dû au taxes (TICFE) qui permettent de financer… les éoliennes et PV. Voir le rapport de la Court des Comptes sur ce sujet. Malgré tout, pour les ménages, l’électricité reste moins chère en France qu’en Allemagne.

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      • @ François et marguerite
        Je suis bien d’accord avec vous François
        « Si le coût de l’électricité à augmenté en France ces dernière années, c’est principalement dû au taxes (TICFE) qui permettent de financer… les éoliennes et PV. Voir le rapport de la Cour des Comptes sur ce sujet. Malgré tout, pour les ménages, l’électricité reste moins chère en France qu’en Allemagne. »
        j’ai regardé l’évolution de ma facture EDF de 2006 à 2018 avec une simulation ayant la même quantité de KWh en HP et HC.
        Au bilan ma facture a augmenté comme suit
        Au global : + 51.45%
        Au niveau HP et HC : +36.04%
        Au niveau taxes CSPE,TCFE : +350.51% (nota en 2016 on était déjà à +344.46%

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    • @Marguerite
      « La souveraineté énergétique réelle en France est seulement de 12 % »
      Exact, mais …
      C’est un faux problème en ce qui concerne l’uranium.
      C’est une source d’énergie très peu coûteuse rapportée à l’énergie gigantesque.
      Moins de i Md par an, contre 40 pour les hydrocarbures.
      Et ce minerai se stocke très facilement, sans danger. On en a plusieurs années en stock.
      Et lorsqu’on aura lancé les centrales de quatrième génération, on consommera les 350.000 tonnes d’U238, suffisamment pour quelques dizaines de siècles.

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  • « Souveraineté » 100% de l’uranium consommé en France est importé.
    Parmi les producteur on trouve la Russie 6% de la production mondiale et le Kazakhstan – 40% – 2e meilleur allié de Poutine.
    Les cours mondiaux de l’uranium ont pris 50% en quelques semaines.
    Cet argument est complément à coté de la plaque!

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  • J’espère que Paul Bérard ne sera pas élu rien qu’à cause de sa « tribune » ! qui n’est vraiment pas au niveau qu’il faut avoir pour aborder l’ensemble des aspects énergétiques et les meilleurs choix qui s’offrent à nous. Mieux vaut tenter de se présenter plus tard et de mieux étudier les sujets au préalable.

    Je rappelle que le programme de Marine le Pen, qui fait la part belle au nucléaire à contrario des renouvelables, a été classé dernier avec celui d’E Zemmour de tous les programmes au plan de la transition énergétique par différents intervenants du secteur, comme notamment The Shift Projet qui l’a qualifié « très éloigné voire contraire » et alors même que le président de cet organisme n’est autre que JM Jancovici qui n’est pourtant pas un pourfendeur du nucléaire !

    Il y a plus de 200 études et modélisations scientifiques répertoriées dans le monde pour démontrer la pertinence des mix 100% renouvelables et plus de 3 fois plus en comptant celles des opérateurs de réseaux, organismes spécialisés, producteurs d’énergie etc. La Californie et d’autres Etats américains et autres pays de plus en plus nombreux à s’en rapprocher régulièrement, a confirmé encore récemment après multiples modélisations et concertations entre opérateurs que le plus intéressant économiquement était de passer aux 100% renouvelables avec temporairement très peu de gaz pourtant localement disponible et peu cher. Le stockage est en croissance annuelle à 2 chiffres à présent dans le monde et nous y prenons du retard à cause de gens comme vous qui parlent d’intermittence quand sont répertoriées par des études scientifiques et entre autres approches globales de l’énergie plus de 300 types de stockage dont une centaine à la fois à rendement élevé et coûts déjà compétitifs ou sinon proches de l’être et que parmi la soixantaine d’entreprise qui se développent déjà rapidement sur ce secteur actuellement, certaines n’arrivent pas à fournir tellement la demande est forte.

    Et pendant ce temps vous écrivez des tribunes qui ont plus de 20 ans de retard sur le sujet

    Le secteur électrique a été institué en monopole en 1946, çà pouvait temporairement se concevoir vu le contexte post-guerre et le nombre d’opérateurs d’alors mais le terme même de monopole intègre en lui d’autres problèmes qui ont surgi plus tard. Lorsque dans les années 70 sous le ministère Pierre Messmer on a renforcé cette quasi exclusivité sur une politique clairement affichée dans les documents de l’époque comme « tout nucléaire » çà a été un point de départ de dégâts qui au fil du temps ont été considérables puisque les différents projets et financements des autres technologies et approches énergétiques également peu carbonées (et pourtant pleines d’avenir comme on le voit maintenant) ont été défavorisées dans les décennies suivantes alors qu’elles sont cruciales dans la transition globale. On peut encore retrouver sur le net les critiques par exemple d’équipes de scientifiques du Cnrs à propos d’abandons ou réductions de programmes sur le solaire etc. Il se trouve que le solaire devrait être une des énergies ayant les parts les plus importantes à l’avenir, plus que le nucléaire qui est situé à environ 10% du mix électrique global comme maintenant à l’horizon 2050. Ne pas oublier non plus que la chaleur représente environ 52% de la demande énergétique mondiale et le solaire thermique notamment répond très bien à une bonne part de cette demande, y compris pour le froid, et y compris pour une bonne part des entreprises (voir NewHeat en France parmi d’autres qui utilise finalement des technologies finlandaises)

    Les conséquences négatives dans le temps de ce choix trop exclusif sont nombreuses et impossible à citer ici de manière la plus brève mais par exemple la France dispose de très peu de réseaux de chaleur (6% de bâtiments connectés contre pus de 63% au Danemark etc) alors que d’une part leurs prix sont parmi les moins élevés (comparé aux chauffages et chauffes-eau « grilles-pains » encore amplement répandus, on aurait évité la précarité énergétique qui touche quelques 12 millions de français dont 8 millions pour la seule précarité énergétique « électrique ») et en terme d’efficacité, notamment couplés avec du solaire thermique et du stockage inter-saisonnier, le solaire pouvant atteindre selon les systèmes des coefficients de performances jusqu’à 80 (à savoir 80 unités d’énergie produite pour 1 consommée) on obtient des réseaux de chaleur/froid résidentiels et d’entreprises qui peuvent être peu coûteux, très peu énergivores et très durables. On atteint déjà des Cop de plus de 10 pour les réseaux de chaleur (et froid) basse température récents mais on peut faire mieux et c’est bien plus que la faible moyenne des pompes à chaleur chez les particuliers dont on relève des Cop de moins de 3 en pratique selon les enquêtes.

    Le problème n’est donc pas de faire la promotion du nucléaire sous le qualificatif de « fleuron » terme souvent employé pour masquer un secteur en difficulté, comme le Titanic fut en son temps présenté comme un fleuron de l’industrie navale, mais de savoir :

    – qu’il y a des gains énergétique et économiques très élevés à avoir des approches communes de l’énergie en Europe comme le souligne parmi d’autre l’IEA, les réseaux Entsoe, Entsog, Euroheat etc et comme on le vérifie avec l’optimisation en cours des réseaux européens (c’est le contraire du programme de Marine le Pen dont vous êtes manifestement proche !)

    – que vous partez d’un système français pas du tout optimal car trop centralisé et à l’origine notamment d’une thermosensibilité record du monde, d’une importante inefficacité énergétique et au final de factures d’électricité explosives et par ailleurs d’une dépendance toujours très forte aux énergies fossiles. La part électrique ne représente que 23% de nos besoins en énergie donc en vous focalisant sur l’intermittence que vous pensez à tort insurmontable (alors que les opérateurs de stockage ne demandent plus qu’un cadre juridique pour la régler), vous en oubliez toutes les solutions et approches énergétiques peu carbonées et leurs meilleures combinaisons que l’on modélise de plus en plus et de mieux en mieux, on est donc très loin du sempiternel débat binaire nucléaire-éolien que vous relancez chaque fois bêtement et inutilement car il ne permet pas d’avancer (en bref vous abaissez le niveau des français et vous prétendez vouloir être député !). Il faut être excellent notamment dans ce domaine et en pointe sinon on fait autre chose. En outre mettez donc des références scientifiques à vos tribunes, çà vous obligera à approfondir ces sujets et vérifier si ce que vous affirmez est sérieux et confirmé

    – en outre vous n’abordez nullement la compétitivité, la réalité des marchés en cours et à venir, nos parts de marchés (le solaire et l’éolien dépassent déjà le nucléaire au plan mondial et ce n’est qu’un début et Marine le Pen veut un moratoire ou s’en passer, quelle vision ! dont vous être si proche et qui passe à côté des véritables potentiels. Pour mémoire aussi le complexe militaro-industriel russe Rosatom qui participe indirectement à la situation de l’Ukraine (voire plus si çà dégénère) et qui collabore avec le français Orano etc représente quelques 60% du marché civil nucléaire mondial avant que la Chine ne le devance. La France a plus que jamais besoin d’aborder objectivement l’ensemble des technologies trop longtemps mises à l’écart au profit principalement de l’ex-monopole nucléaire qui lui a fait rater bien des marchés et une meilleure situation énergétique globale, sans aborder bien d’autres aspects.

    – pour mémoire aussi le bilan complet du nucléaire filière uranium et thorium se dégrade au fil du temps avec son exploitation accrue et le Cea l’évoquait déjà dans ses études de 2007-2008 reprises en 2014 et début 2021 dans des études scientifiques. Dans le même temps celui du solaire et de l’éolien a tendance à s’améliorer selon les techniques car on en tient évidemment compte.

    – dans le cas de guerres et conflits comment défendez vous nos réacteurs face entre autres aux missiles hypersoniques et surtout quelles conséquences en cas de frappes volontaires ou pas de réacteur : on déménage la Drôme quelques dizaines de milliers d’années en Sibérie le temps que çà redevienne habitable ? L’Ukraine a environ 36% de nucléaire nous 62%. Marine le Pen dont votre vision est manifestement proche en veut près de 80% et d’autres voudraient beaucoup de nucléaire en Europe. Voyez les inquiétudes justifiées de l’Agence internationale de l’énergie atomique à propos du nucléaire en Ukraine et des nombreux sites de stockage et c’est un conflit pourtant relativement limité, au moins pour le moment.

    En outre vous avez raison de rappeler l’urgence climatique et le Giec mais le nucléaire dépasse largement les 3 ans alloués en terme de délais et on connaît les pays et secteurs à décarboner au plus vite pour une plus grande efficacité et ce n’est pas avec nos ventes d’EPR et leurs délais de réalisation que l’on sera les plus efficaces. Pour mémoire l’IEA avait analysé il y a environ 3 ans plus de 800 technologies les plus pertinentes pour décarboner au plus vite et le nucléaire n’occupait qu’une place sur 800 avec la gen 3/3+. L’Allemagne que vous ciblez sans en faire un bilan objectif global (aspects complets positifs et négatifs) fait bien mieux au plan mondial pour décarboner grâce à la vente de ses technologies cleantech qui lui rapportent en outre plus de 370 milliards d’euros par an et bientôt près de 900 milliards d’euros par an et nos émissions de C02 complètes par habitant (produits importés inclus) sont à peine inférieures aux leurs. Leur transition est amplement remboursée. La nôtre elle est encore devant nous et mes confrères allemands de centres scientifiques s’en inquiètent.

    Parmi d’autres pays et Etats, la Californie, 5e puissance économique mondiale (la France est 7e), accentue son passage aux 100% énergies renouvelables à horizon 2045. Les études et modélisations approfondies sur les Etats-Unis seuls ou le couple Etats-Unis + Canada démontrent l’absence de pertinence d’une part importante de nucléaire, donc sa part dans les 2 cas serait bien inférieure (environ 8% selon les scenarii) à la part actuelle

    La CPUC (California Public Utilities Commission) confirme que conformément au projet de loi 350 du Sénat, a été élaboré un processus de planification intégrée des ressources (IRP) pour s’assurer que le secteur électrique de la Californie atteint ses objectifs de réduction des GES « tout en maintenant la fiabilité aux coûts les plus bas possibles » (lisez bien vous comme Marine le Pen et le RN et vos députés LR « apparentés nucléaires » qui non spécialisés en énergie se permettent pourtant régulièrement comme vous de nous écrire des « tribunes » sans aucune référence scientifique et pour cause. Cà devient particulièrement pénible de voir des non spécialistes en énergie propager n’importe quoi).

    J’ajoute comme vous ne le savez sans doute pas que le mix 100% renouvelable de la Californie à horizon 2045, a fait l’objet de multiples modélisations et concertations encore récemment avec les opérateurs de réseau et elle aura très peu de gaz fossile (pourtant local et peu cher) mais une part de stockage (pour mémoire le stockage LDES – long duration energy storage – se développe de manière très pertinente) et pendant que vous écrivez des tribunes qui ont une vingtaine d’années de retard au plan technique et donc n’apportent strictement rien comme celles d’autres auteurs hors de ce secteur sur ce site, d’autres pays et entreprises prennent de l’avance que nous ne sommes plus vraiment en mesure de rattraper et surtout pas avec Marine le Pen qui fustige l’Union européenne qui l’a bien financée pour rien avec son « papa », sans jamais constater les multiples retombées de programmes scientifiques européens dans le domaine de l’énergie.

    Si le secteur de l’énergie vous intéresse, avant de vous présenter aux élections législatives vous devriez aller voir et mieux vous informer auprès de différentes équipes scientifiques européennes qui travaillent dans les domaines de pointe des énergies renouvelables, du stockage, de l’efficacité énergétique etc dont allemandes. Vous comprendrez très vite qu’il y a beaucoup de possibilités et perspectives qui vous ont échappé. En politique ou dans les « tribunes » du Monde de l’énergie on peut dire et écrire n’importe quoi, et à certaines périodes c’est malheureusement très fréquent. En science vous allez très vite vous heurter à des analyses et démonstrations beaucoup plus approfondies et précises et vous verrez que c’est beaucoup plus satisfaisant pour correctement aborder l’avenir

    En conclusion : la France ne doit pas se laisser manipuler pas ces éternels groupuscules de parlementaires apparentés « nucléaire » qui sont incompétents en énergie et qui cherchent souvent à recevoir les importantes retombées financières du nucléaire pour leurs élections et régions (on pourrait en dire de même dans des zones où il a eu des abus éoliens ou solaires), ni par les choix changeants opportunistes et populistes de Marine le Pen et du RN dont les intervenants de la transition énergétique soulignent à l’évidence les multiples et grossières incohérences de son programme qui vont forcément conduire à des problèmes énergétiques si elle était élue.

    L’énergie ce sont de multiples spécialités scientifiques et d’ingénieurs qui se doivent d’être irréprochables et objectifs, à défaut de pouvoir toujours être pleinement indépendants concernant plutôt les ingénieurs. C’est un secteur avec des évolutions technologiques permanentes qui ne sont pas toujours assez bien anticipées ni prises en compte et vous le démontrez dans votre tribune.

    1) La logique voudrait qu’en énergie on commence par appliquer les meilleures méthodes d’efficacité énergétique et de sobriété :

    – ce ne sont pas les potentiels qui manquent. Les pertes de chaleur sont considérables en Europe (50%). Par ailleurs les études scientifiques démontrent que l’on peut rapidement réduire la consommation des bâtiments d’environ 33% en moyenne par une meilleure gestion électrique. Grâce aux nouveaux moteurs électriques qui vont commencer à arriver (et très présents dans les bâtiments) on peut atteindre 65% au total.

    – l’arrivée des stockages LDES permet outre le stockage longue durée des économies de déploiement de réseaux

    2) Ensuite des secteurs entiers ont été jusqu’à présent inexploités et commencent à émerger :

    – la liquéfaction hydrothermale qui concerne nos égoûts, résidus liquides industriels représente en France jusqu’à environ 138 TWh par an à horizon 2050 mais on devrait pouvoir aller plus vite. Sans évoquer toutes les formes de récupération d’énergies de ces mêmes réseaux (géothermie, biogaz, hydrogène etc) et qui s’ajoutent

    – la pyrolyse 140 TWh

    – l’électrométhanogénèse. Les 40% de C02 perdus de la production de biogaz vont pouvoir être exploités en biométhane ce qui augmente la production quasiment d’autant tout en baissant les coûts par unité d’énergie

    – sans évoquer les autres formes de géothermie, les systèmes géothermiques EGS (enhanced geothermal systems) peuvent être disponibles désormais quasiment partout. L’énergie géothermique durera bien plus longtemps que les filières nucléaire uranium et thorium sans autant d’inconvénients mais plusieurs avantages en plus de l’électricité, de la chaleur, du stockage C02, de l’exploitation moins sale et plus locale de minerais etc

    3) l’ensemble des autres renouvelables et toutes les approches et optimisations de combinaisons qui vont de pair. Un seul exemple pour faire très court : réseaux de chaleur + solaire thermique CSP, plan etc avec stockage inter-saisonnier

    – le solaire PV et hybride PV-Th qui s’intègre désormais très bien sous formes de tuiles/ardoises et autres, s’avère plus résistant aux épisodes climatiques plus violents (tempêtes etc) que les toits classiques et vient en substitution de matériaux et plus dans certaines technologies modulaires plus avancées (isolation, charpente etc) donc avec des avantages au plan des coûts etc. On peut se demander pourquoi comme dans d’autres pays, régions et villes ce n’est pas déjà amplement obligatoire sur les bâtiments neufs et en rénovation, sauf motifs particuliers, dans la plupart des régions françaises.

    – dans les véhicules (il y en a environ 1,5 milliard dans le monde) on a de nombreux modèles urbains et plus intégrant solaire ou pas mais très efficients qui consomment moins de 25 Wh/km en cycle WLTP et 62 Wh pour des véhicules routiers (type Aptera solar) soit au moins 3 fois moins que la poignée de véhicules électriques les plus efficients actuels. Sur le secteur en croissance des camions frigorifiques notamment, le solaire a démontré sa pertinence (30% d’économies d’énergie voire plus)

    Et on peut continuer longtemps en citant différents exemples ayant fait leurs preuves dans le monde et qui se déploient.

    4) Lorsque l’on a fini la longue liste de possibilités, on se demande à quoi sert le nucléaire. Il ne devrait qu’arriver si toutes les possibilités précédentes et d’énergies renouvelables et recyclables sont épuisées mais de nombreuses études et modélisations ont démontré la possibilité des mix 100% renouvelables dans la plupart des pays pouvant être étudiés partir de données fiables et en pas de 3 et 6 secondes (plus de 150 pays)

    Document sur la Californie pour confirmer mes propos et j’aurais pu faire de même pour tout ce que j’ai évoqué

    https://www.cpuc.ca.gov/news-and-updates/all-news/cpuc-approves-long-term-plans-to-meet-electricity-reliability-and-climate-goals

    .

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    • @Energie+
      Belle diatribe.
      Pour une part, vous développez des points avec lesquels on ne peut qu’être d’accord.
      À commencer par tout ce qui passe par la thermique pure, réseaux de distribution, économies d’énergie, …
      En ce qui concerne l’Allemagne, partant d’une situation extrêmement carbonée proche du reste du monde, les développements industriels qu’ils font sont effectivement très proches des besoins de la majorité des pays de même niveau, et ils en tirent une forte situation à l’exportation, dont acte. Mais je crains qu’ils ne finissent par atteindre un niveau en émissions de CO2 incompressible, du justement à l’intermittence.
      Mais vous passez rapidement sur les points fondamentaux qu’il aurait mieux valu développer avant, tels que :
      « l’intermittence que vous pensez à tort insurmontable (alors que les opérateurs de stockage ne demandent plus qu’un cadre juridique pour la régler) »
      Ah, et avec quelles techniques ?
      « Il y a plus de 200 études et modélisations scientifiques répertoriées dans le monde pour démontrer la pertinence des mix 100% renouvelables »
      La belle affaire, si elles sont aussi risquées que la dernière de RTE, pleine de paris technologiques sur l’avenir pour lesquels personne n’a idée de solution.

      En fait, le problème peut se résumer rapidement, pour la France :
      – On doit électrifier nos usages des hydrocarbures. La consommation peut aller jusqu’à doubler en 2050.Même en faisant des efforts d’efficacité énergétique.
      – On doit garantir un niveau de sources pilotables d’électricité permettant d’alimenter notre réseau électrique, même pendant de longues périodes de météo très défavorable. (disons de l’ordre de au moins trois semaines). Et je n’ai guère d’espoirs en une pilotabilité forte de la consommation.
      – Cette alimentation doit être garantie par soit des centrales genre bio, doit du stockage d’électricité (et j’ai des doutes sur beaucoup plus de STEPs)
      Aujourd’hui, le stockage dont vous parlez n’est disponible que pour quelques heures, utiles d’un jour à l’autre, quant à la biomasse, il n’y à qu’à jeter un œil sur le site d’electricityMap d’Allemagne pour réaliser la part minuscule de leur biomasse. Bien décevant.
      https://app.electricitymap.org/zone/DE
      En résumé, vous feriez œuvre plus utile en nous faisant un point techniquement sérieux sur l’avenir des stockages d’électricité et les sources pilotables futures.
      Et pas sur le ton de ce dernier, proche d’un « croyez-moi, demain on rase gratis ».
      P.S.1 : Sur le site de Paul Bérard : « En 2022, nous porterons les valeurs de la droite et du centre pour bâtir ensemble l’avenir de notre belle circonscription »
      Vous devriez chercher un peu avant de parler de Le Pen !!! Je n’ai pas compté, 10 fois peut-être ???
      P.S. 2 « plus de 800 technologies les plus pertinentes pour décarboner au plus vite et le nucléaire n’occupait qu’une place sur 800 » Amusant, vous voudriez répéter la ligne 110 fois ?
      « 300 types de stockage dont une centaine à la fois à rendement élevé et coûts déjà compétitifs » Pour mieux que du jour au lendemain ? Même pour du stockage statique de sécurité sur 3 semaines ? Compétitifs par rapport à quoi ? Vouliez-vous dire « rentable » ?
      « Par ailleurs les études scientifiques démontrent que l’on peut rapidement réduire la consommation des bâtiments d’environ 33% en moyenne par une meilleure gestion électrique »
      Très surprenant. Si un bâtiment est très bien isolé, sa température interne varie lentement, même si vous coupez le chauffage. La déperdition d’énergie ne dépendant que de la différence des températures internes et externes et des caractéristiques techniques des bâtiments est alors quasi constante. Et on voit alors mal comment une « meilleure gestion électrique » peut avoir un effet significatif.

      Répondre
  • Énergie perdue, pour un discours interminable et illisible, totalement contre productif.

    Un résumé avec le lien final aurait suffit. Un sérieux effort doit être fait sur ce plan.

    Un seul lecteur semble avoir pris la peine de lire ce laïus et perdre du temps à y répondre.

    Répondre
    • @Marguerite
      Non, pour moi, c’est toujours intéressant de lire un tel exposé, pour la simple raison que j’ai toujours la crainte de me tromper, de passer à côté d’un argument, d’un raisonnement mettant sérieusement en cause mes propres convictions.
      Très utile, donc. On y a toujours quelque-chose à apprendre.

      Répondre
  • Les discours interminables ne sont pas lus, et quand de plus ils sont signés d’un courageux pseudo! Genre Energie+, ridicule. Pour répondre à ceux qui parlent des STEP je préciserai que ce sont des structures adaptées à des stockages de quelques heures ou quelques jours maximum. Le plus grand d’Europe à Grand Maison vide le lac supérieur en quelques heures si on le fait marcher à puissance maxi, son chantier a duré 10 ans, des conduites forcées énormes traversent la montagne sur près de 1000 m de dénivelé. EDF a quelques projets, surtout des modifications de barrages existants, il y a consensus des spécialistes pour dire que la capacité française en STEP ne pourra pas être augmentée très significativement. Peu des vallées sont candidates pour être noyées, bonjour les ZAD! Le plus gros problème de stockage est la nécessité de faire face à des périodes sans vent de une à 3 semaines, parfois plus -cf. les enregistrements eco2mix – qui sont courantes et où l’éolien ne fournit qu’environ 5% maxi de sa puissance installée, les pays limitrophes subissant le même phénomène en même temps. La seule solution envisagée est le stockage massif d’hydrogène vert, « quoi qu’il en coûte », mais on bute encore sur les capacités de stockage souterrains existantes (aujourd’hui utilisées pour le méthane).

    Répondre
  • « Consensus de « spécialistes »  » de rien du tout. Des politiciens à la tête de RTE (et pas que sur ce sujet-là).
    « noyer une vallée », ce serait pour stocker sur plusieurs semaines. Il ne s’agit pas de cela.
    Une surface de 1,5 km² avec 300 m de dénivelé et des bassins de 25 m de profondeur permettent de stocker 10 GWh.
    cf STEP de Goldisthal un exemple représentatif.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_de_Goldisthal

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