“La filière hydrogène est essentielle pour le rendez-vous de la transition énergétique”

La jeune société Aaqius, qui a développé une technologie de stockage d’hydrogène pour alimenter des scooters, vélos, triporteurs, etc…, a signé mi-septembre un important contrat avec le distributeur de carburants chinois Censtar. Entretien avec Stéphane Aver, président fondateur d’Aaqius.

Vous avez déclaré que la Stor H était le “Nespresso de l’énergie”… En quoi consiste votre innovation ?

Nous aimons bien utiliser cette expression pour imager notre produit parce que le fondement de cette technologie est d’abord sa valeur d’usage pour l’utilisateur. Il s’agit d’une technologie de stockage d’hydrogène dans un format de cartouche rechargeable d’une durée de vie de dix ans. Nous stockons l’hydrogène dans une matrice solide, une peu comme une éponge que l’on remplit et qui permet de stocker l’hydrogène en toute sécurité sans pression. Cette technologie est très facile d’usage, disponible partout sans infrastructure. Il n’y a pas de station service, nous distribuons la technologie dans des distributeurs avec une application à laquelle s’abonnent les consommateurs. Toutes sortes de véhicules y ont accès, du vélo au scooter en passant par des véhicules d’aéroport jusqu’à des petites voitures de moins d’une tonne. Nous développons avec différents constructeurs sur la planète des véhicules à deux, trois ou quatre roues. Les offres sont diversifiées en fonction des différents marchés des pays. Nos canettes à hydrogène fournissent une autonomie jusqu’à 200 kilomètres et diminuent les coûts de transport de 20 à 30% par rapport à un véhicule similaire à essence ou à batterie électrique.

Justement, en parlant de marché, vous venez de remporter un gros contrat en Chine…

Après un gros travail d’une année de recherche de partenariats en Chine, nous avons passé un accord avec Censtar, un distributeur privé de carburants et de produits pétroliers chinois qui possèdent plus de 40 000 stations service sur le territoire. Ce groupe nous a choisis pour assurer la transition énergétique et participer à cette mutation du marché en proposant à ses clients l’offre hydrogène Stor H. Aaqius participera ainsi à un projet visant à lancer 100.000 véhicules électriques jusqu’à fin 2020 dans la zone économique de Nanjing.

On imagine alors que vous êtes fier d’être implanté en Chine qui devient le leader de l’économie verte…

Oui, bien sûr ! Il y a une forte impulsion politique en Chine sur ce sujet là. Les Chinois ont mesuré la nécessité environnementale après la signature des accords de Paris. Ils ont bien compris l’enjeu économique d’être des acteurs de premier plan. Ils prennent l’économie verte comme un levier de croissance. Ils savent que le chemin est long car il y a un fort déficit en la matière. Même si tout n’est pas parfait, ils vont vite et sont actifs ! Nous avons été soutenus par les autorités chinoises et appuyés par la fondation Prospective et Innovation présidée par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Un tel contrat est sûrement un sésame pour obtenir de nouveaux contrats, en Inde, par exemple, cet autre grand pays pollueur et en marche vers la transition énergétique ?

Oui, sûrement, mais j’aimerais que notre prochain tremplin soit la France. Nous y travaillons pour convaincre les régions. Un certain nombre d’entre elles se sont déjà dites intéressées comme la région Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne ou la Normandie.

Début 2017, le gouvernement français a lancé le label « Territoire hydrogène » qui nous a permis de monter un consortium avec des partenaires industriels français pour implanter notre écosystème en France. Il est possible que nous signions dans les prochaines semaines un accord pour le déploiement de cet écosystème industriel et de services. Hors de l’Hexagone, nous devrions bientôt officialiser un accord avec le nouvel aéroport géant de Dubaï. Nous devrions êtres choisis pour équiper les véhicules de manutention du plus gros hub logistique du monde, d’une superficie de 140 km2 !

La filière hydrogène est balbutiante… Que faire pour permettre son réel décollage ?

Au delà de la technologie, c’est une question politique. La filière hydrogène, à ce jour, n’existe pas en France, ni ailleurs. Si on veut être au rendez-vous de la transition énergétique, il faut accélérer le processus. L’hydrogène est un vecteur énergétique qui, très clairement, nous y aidera. Pourquoi ? Parce que l’hydrogène, aussi bien dans les thématiques de l’habitat ou de mobilité, répond aux besoins du zéro carbone comme le nucléaire qui n’émet pas de CO2 ou les énergies renouvelables. La filière hydrogène a de grands jours devant elle si l’impulsion politique est au rendez-vous.

 

 

 

 

 

 

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