Fessenheim peut-il devenir un centre de stockage électrique ?

Les deux réacteurs nucléaires de Fessenheim sont arrêtés depuis maintenant plus d’un an. Si ces réacteurs nucléaires sont jugés obsolètes, il n’en est pas de même du reste de l’infrastructure de ces centrales.
Les équipements électriques servant à distribuer l’énergie électrique sur le réseau et le système de sécurité protégeant le site sont toujours viables. D’autre part, le personnel qui travaille sur ce site nucléaire est formé à un risque industriel.

Des surplus d’énergie à gérer

Fessenheim est situé à la frontière franco-allemande. Son intégration dans les réseaux électriques français et allemands devraient faciliter la récupération des surplus d’énergie électrique produits sur les deux réseaux : sur le réseau français le surplus de la production nocturne des réacteurs nucléaires, sur le réseau allemand le surplus des énergies renouvelables.
La consommation électrique varie fortement selon l’heure du jour, notamment en hiver où il y a deux pics de consommation marqués le matin et en fin d’après-midi. La plupart du temps, ces pics de consommation sont prévisibles et permettent de préparer les moyens de production.
Mais il y a quelques fois des pics de consommation imprévisibles qui demandent une réponse rapide des gestionnaires de réseau. Le prix de l’électricité au moment de ces pics de demande peut parfois atteindre 10 fois le prix courant de l’électricité (1).
La technique de stockage d’électricité la plus utilisée actuellement est la STEP (2), station de transfert d’énergie par pompage. Mais la configuration topographique autour de Fessenheim ne permet pas d’envisager cette méthode de stockage.

Une technique prometteuse

Une technique prometteuse pourrait être les piles à métaux liquides (3), notamment celles développées par la société AMBRI (4).
Ces batteries présentent de nombreux avantages par rapport aux autres stockages électriques possibles (5) :
–        comme elles n’ont pas d’électrodes solides, elles peuvent supporter un nombre de cycle de charge et de décharge infini, contrairement aux batteries lithium-ion,
–        leur rendement global, charge puis décharge, est supérieur au stockage par hydrogène, électrolyse de l’eau puis pile à combustible.
Ces batteries travaillent à haute température. Cette caractéristique est à la fois un avantage et un inconvénient.
L’avantage est que cette température leur confère une forte réactivité. Elles réagissent en quelques secondes lorsqu’on les sollicite, contrairement aux STEP qui ont un temps de réponse de plusieurs minutes.
L’inconvénient est que cette température présente un risque industriel. Si on souhaite stocker une grande quantité d’électricité par ce système, il faudrait plusieurs centaines de tonnes de métaux fondus.
L’équipement de sécurité du site serait nécessaire pour sécuriser une telle masse de métaux fondus.
En résumé, il est peut-être possible de transformer le site de Fessenheim en centre de stockage électrique de grande capacité en utilisant des batteries à métaux fondus :
–        l’équipement électrique en place permet la collecte et la distribution d’une grande puissance électrique,
–        le système de sécurité en place permet la protection des plusieurs centaines de tonnes de métaux fondus nécessaires au fonctionnement des batteries,
–        le personnel de la centrale est formé au risque industriel.
commentaires

COMMENTAIRES

  • Bonsoir Monsieur,
    Votre postulat de départ, « Si ces réacteurs nucléaires sont jugés obsolètes,… » est une affirmation sans fondements !
    L’ensemble des installations aurait pu fonctionner encore de nombreuses années, c’est l’autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui l’écrit : « Publié le 25/02/2021 à 10:32 Note d’information La poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MWe au-delà de 40 ans. L’ASN a statué le 23 février 2021 sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MWe d’EDF au-delà de leur quatrième réexamen périodique. L’ASN considère que l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle prescrit ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique. » Fessenheim, pas plus et pas moins que les autres centrales de 900 MW , répondait aux mêmes critères de sûreté et aurait pu encore fonctionner si des politiques irresponsables ne l’avait pas sacrifié au nom de leurs propres intérêts électoraux.

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  • la politique industrielle de la France semble, en effet, être à la dérive M. Wolf. Le communiqué de presse de l’Académie des sciences sur le nucléaire et la transition énergétique est passionnant mais aussi inquiétant pour l’avenir de notre pays :
    https://www.academie-sciences.fr/fr/Communiques-de-presse/communique-de-presse-apport-energie-nucleaire-transition-energetique.html

    Le principal inconvénient du développement d’industrie de stockage de l’électricité est que cela repose sur le postulat de l’abandon des énergies pilotages (nucléaire, hydroélectricité) au profit d’énergie non pilotage (éolien, solaire) d’une moindre efficacité socio-économique : exemple il faut environ 900 éoliennes pour 1 seul réacteur nucléaire:(

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  • Ignorons le commentroll ci dessus qui n’apporte rien au débat pour saluer enfin un article intéressant parlant du nucléaire : que faire des personnes et des infrastructures ?
    Effectivement, une technologie ou un sens sera à trouver pour ces bâtiments, qui restent des sites industriels intéressants à exploiter.

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  • Je suis surpris par l’amateurisme de cet article! Fessenheim n’était pas obsolète du tout, les centrales que nous avons, comme toute installation industrielle est indéfiniment réparable, sauf en ce qui concerne la cuve, les USA envisagent de les faire vivre 80 ans. La fermeture de Fessenheim résulte d’un accord électoral entre le PS et EELV signé sur un coin de table. Par ailleurs les échanges avec l’Allemagne et tous les pays européens sur le réseau haute tension se font déjà en permanence sans problème, en cas de coup dur il arrive que ce soit les centrales hydrauliques suédoises qui évitent la black out à toute l’Europe, d’autre fois ce sont les centrales nucléaires françaises. Il n’y a pas de surplus de production nocturne des centrales nucléaires françaises, on sait moduler leur puissance de 100 à 20%. Quant aux batteries, qu’elles soient lithium ion classiques ou à autres métaux liquides elles n’ont pas une capacité dont l’ordre de grandeur puisse être adapté aux fluctuations d’un grand réseau, il en faudrait des millions! Une gigafactory mettrait un siècle à les produire!

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  • Je ne sais exactement où en est l’euthanasie des réacteurs de Fessenheim. Mais si les installations de production d’électricité (turbines, refroidissement, alternateurs,raccordement au réseau) sont fonctionnelles, on pourrait les préserver pour faire fonctionner de nouveau réacteurs de génération IV, achetés ailleurs éventuellement, pour apprendre de leur exploitation et garder la contact avec ces technologies à venir; car on y viendra par pure nécessite, que ça plaise ou pas…

    Répondre
  • Fessenheim était un formidable réservoir d’énergie capable de stocker 12Twh et de les restituer à volonté, c’est toute la production du solaire Français annuel qui occupe 4000 km² de notre territoire (contre 10 pour Fessenheim) et mange 3Md€ de subvention par an pour ne pas diminuer les émissions de co² bien au contraire , voilà pourquoi Fessenheim est fermé, pour mieux spolier les Français ( merci aux Allemands d’avoir démarré une centrale charbon neuve de l’autre coté de la frontière pour compenser)
    Il va en falloir des batteries ou autre dispositif pour en faire autant, à part le gaz ( voir le stockage de Dunkerque)….
    Bref tout faux…..on est vraiment pris pour des billes et on pleure…..la perte de nos 2000 emplois rentables,…..notre énergie décarbonée et pas chère (42€/Mwh) et disponible à tout moment notre indépendance écornée….

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