Espagne: le gouvernement s’écharpe sur la hausse du prix de l’électricité

En pleine vague de froid en Espagne, la hausse du prix de l’électricité est la nouvelle pomme de discorde au sein du gouvernement de gauche, divisé sur l’éventualité de nationaliser les compagnies électriques pour faire baisser les prix.

Les chutes de neige et le froid glacial qui ont frappé une grande partie du pays ces derniers jours, paralysant Madrid, ont fait grimper en flèche la demande d’énergie et le prix de l’électricité sur le marché de gros, sur lequel les compagnies énergétiques vendent et achètent l’électricité avant de la revendre à leurs clients finaux.

Ce phénomène fait craindre in fine une hausse de la facture d’électricité pour les particuliers.

Le parti de gauche radicale Podemos, qui gouverne en coalition avec les socialistes de Pedro Sanchez depuis un an, en a profité pour renouveler sa proposition de nationaliser les compagnies d’électricité.

“Une entreprise publique (est) un instrument utile qui aiderait à faire baisser les prix”, a défendu mardi dans un tweet Alberto Garzon, ministre de la Consommation et l’un des représentants de Podemos au sein du gouvernement.

La ministre socialiste de la Transition écologique, Teresa Ribera, a rejeté cette idée, donnant sa préférence à une réforme structurelle du marché de l’énergie afin de faire baisser les prix pour les consommateurs.

Le ministère réfléchit à un “mécanisme tampon” permettant d’éviter de trop fortes fluctuations des prix, a-t-elle indiqué jeudi à la radio.

Hausse du salaire minimum, réforme du droit du travail ou réduction du temps de travail: les sujets de discorde se sont accumulés ces derniers mois entre les deux partis de gouvernement.

Les socialistes sont en effet plutôt favorables au statu quo en attendant que l’économie reparte tandis que Podemos tente d’aller le plus loin possible dans ses revendications sociales.

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COMMENTAIRES

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    Ce n’est certainement pas en nationalisant que l’on fait baisser les prix mais en produisant plus pour moins cher avec l’éolien et le solaire a 14€ le MWh

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    Les espagnols, confrontés à un empilement de moyens de productions non pilotables sur les moyens pilotables, ainsi qu’au renforcement de leur réseau voient logiquement diverger le coût de leur système électrique.

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      Décidément dès que quelqu’un parle du prix de l’électricité en lien avec un éventuelle nationalisation vous ne pouvez pas vous retenir d’inventer une théorie qui met en cause la part éolienne dans la production du pays. Sans doute est-ce à cause des éoliennes que l’ex-roi d’Espagne a voulu s’exiler en Arabie Saoudite….. vous n’avez pas une théorie la dessus ?

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        Pas de complot, mais quelques faits incontournables:

        Quand on introduit X GW de non pilotable dans un réseau régulé par la demande (même en admettant une part de “flexibilté”), on ne peut malheureusement pas démanteler une capacité équivalente en pilotable, car seule compte la capacité garantie en temps réel (Zéro pour le solaire la nuit et peanuts pour l’éolien).

        L’augmentation des coûts globaux du système électrique (nouveaux moyens de production + mise à niveau du réseau), inhérente à cette démarche, se répercute alors sur des volumes d’énergie stables dont elle fait inexorablement dériver les prix. L’interventionnisme de l’état est alors un artifice pour stabiliser les prix en redirigeant sournoisement les surcoûts vers la fiscalité ou la dette magique……

        En revanche, dans le contexte de l’Ile d’El Hierro aux canaries, par la grâce des alizées et d’un judicieux couplage STEP, la donne est différente. Mais l’Europe continentale ne bénéficie malheureusement pas des Alizées et les ordres de grandeurs se situent de toute façon à une tout autre échelle.

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          Arrêtez de vous gargariser avec le supposé pilotable du nucléaire qui est incapable d’assurer le suivi de charge comme le démontre tous les matins à l’heure du démarrage de l’activité économique les courbes de production de RTE. C’est l’hydraulique qui assure.
          Le nucléaire n’est capable que d’assurer une quantité minimum permanente sans variation autre qu’accidentelle (notamment panes, évidement non désirées) ou pour une tres petite quantité une variation négative avec un temps de réaction qui se compte en heures.
          Le foisonnement d’un éolien réparti sur tout les territoire avec une puissance installée de 130 GW peut assurer exactement le même service 360 jours par an avec un complément des ressources renouvelables permanente mobilisées à 100% les 5 jours de moyenne par an où la ressource éolienne est quasi nulle. Pour les reste notamment le fort besoin 8 heures par jour de l’activité économique est complété par le solaire en plus grande partie avec 100 GW
          Et on se passera de la grâce des alizées comme du nucléaire et pour bien moins cher qu’une renouvellement de parc avec des EPR hors de prix et dont la moindre panne sera une catastrophe écroulant le réseau 1,65 GW qui s’écroule ça fait du bruit.:

          https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02434990/document

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    Les non dits de ce commentaire valent pour aveu du fardeau des ENRi sur la facture électrique de nos voisins ibériques, laquelle facture était l’objet de la publication.

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    Le coût de production le plus bas de l’électricité c’est précisément celui produit par les renouvelables et le plus élevé le nucléaire EPR que vous essayez de refiler., comme le prouvent tous les contrats de vente d’électricité qui se signent depuis deux ans

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      L’ADEME (peu suspecte d’antipathie à l’égard de l’éolien) situe l’investissement dans le grand éolien à 1500 € par kW et son exploitation à 50 €/kW/an. On notera au passage que rien n’est dit sur le périmètre de ces montants, c’est à dire sur ce qui n’est pas compris dedans!

      Quoiqu’il en soit, en se finançant avec de l’argent gratuit (très à la mode en ce moment) et avec un facteur de charge de 23% (moyenne annoncée pour le OnShore par RTE), le coût du MWh au pied de l’éolienne est de 28 € (sur 25 ans)

      D’où viennent les 14 €/MWh annoncées dans votre premier commentaire ??

      Enfin, à ces montants déjà largement optimistes, il faut rajouter la mise à niveau du réseau RTE/ENEDIS ainsi que celui de la garantie de capacité (Backup ou stockage/destpkage).

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    Le prix annoncé au Portugal est tout à fait attractif, mais faute de connaitre les conditions CAPEX OPEX LCOE qui lui sont adossées, personne ne peut en tirer de conclusion!

    Au Moyen Orient, un marché a effectivement fait la une (en 2019 me semble t-il), dans un contexte qui mérite d’être souligné:
    – l’exécution était prévue en 2024, avec une extrapolation de prix des PV (suspensive?) à cette date future (il faudra donc bien que d’autres acheteurs soient entre temps les moteurs de la baisse de prix attendue!).
    – le mètre carré de désert, lieu d’implantation de cette centrale vaut peanuts.
    – les salaires et droits sociaux des ouvriers pakistanais et bengalis (les vrais travailleurs là bas) qui assembleront et entretiendront le parc, dans des conditions climatiques dantesques, ne risquent pas de faire flamber l’OPEX de l’affaire!
    – le productible des PV est bien meilleur qu’ici, compte tenu de la situation géographique.
    – les capacités de financement sont telles, là bas, que le soumissionnaire peut se financer sur place à taux très bas, voir négatif.

    Enfin, pour Hinkley Point, le gouvernement anglais cherchait une solution “sur étagère”, c’est à dire clé en main à la fois d’un point de vue industriel et financier: charge à l’opérateur de se débrouiller, sur des décennies, avec le tarif de rachat.
    Bref, les anglais ont eu le beurre, au prix fort, avec le sourire un peu forcé de la crémière.
    Quand on pense que Pascal CANFIN veut financer le Green Deal par une création monétaire assumée par l’UE, on constate que tout le monde ne joue pas dans la même cour.

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      En bonne gestion ce n’est qu’en fonction des CAPEX OPEX LCOE que l’on détermine le prix auquel on accepte de vendre son électricité à un prix P en l’occurrence les 11 ou 14 ou autres 110 €. Il n’y a donc pas lieu de s’interroger sur le bien fondé de ces tarifs à moins que l’on considère comme possible une importante erreur de la part des producteurs ou encore qu’ils soient devenus fous.
      D’autres pistes déjà citée plus haut pour cesser de se mettre les œillères qui imposent de ne voir l’avenir qu’avec le nucléaire :
      https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02434990/document

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        Tout à fait d’accord au sujet de la lucidité des investisseurs! Cependant, la reproductibilité des sommes annoncées sous-entend un copier-coller des conditions techniques, économiques, sociales, politiques.

        Les projections exploratoires du CIRED nous amènent quant à elles en 2050, bien loin de la facture actuelle des espagnols.
        Il serait bien étonnant que “Le Monde de l’Énergie” ne revienne pas sur ces travaux, offrant ainsi un cadre clairement dédié aux échanges à leur sujet.

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          Patience, ils n’ont pas encore publié la thèse mais ça ca venir.
          Je ne sais pas si vous avez déjà publié dans les revues à comités de lectures par des paires, mais c’est très long. Il demandent des justifications pour des détailles qui ont eux-mêmes déjà fait l’objet de publications antérieures et ce sont des aller-retours qui n’en finissent plus. C’est même souvent plus long que la parution d’un bouquin que vous confiez à un éditeur qui doit mettre en place une logistique de relecture, de fabrication, et de promotion.

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    Bien reçu,

    Pour les délais, c’est un peu logique, en particulier depuis l’affaire des Bogdanoff

    Le document d’Engie suscite pas mal d’interrogations, mais le verdict viendra de toute façon avec la mise en service des parcs.

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      Non c’était déjà comme cela bien avant l’affaire Bogdanoff, mais cela dépend surtout des sujets traités et des titre, certains sont plus rapides que d’autres, notamment par le nombre de leurs experts disponibles. Par exemple Nature ou Sciences ne sont pas très rapides mais certaines plus spécialisées comme Astronomy and Astrophysic le sont encore moins.

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    Le document que vous m’avez recommandé, émanant d”ENGIE, met en avant la volonté de l’opérateur Gazo-éolien de montrer “qu’il y a tout le temps du vent un peu partout”: Ce concept, très en vogue dans les médias, est pourtant à mille lieues de la réalité qu’il suggère en filigrane: à savoir une constance globale de la puissance injectée (sans même parler d’une homogénéité territoriale, qui seule donnerait sens au concept de “production locale”) qui serait porteuse d’une valeur ajoutée à la hauteur des investissements projetés, en dégageant de réelles perspectives de démembrement de capacités de base devenues inutilement redondantes.

    Pour vos équipes, au plus près des recherches en cours, quelle est au juste la valeur ajoutée portée par ce document?

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