Nouveaux EPR: Greenpeace dénonce un « déni de démocratie »

L’ONG Greenpeace a dénoncé mercredi un « objectif électoraliste » et un « déni de démocratie » alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à détailler son plan de relance du nucléaire.

Le président de la République est attendu jeudi à Belfort pour un déplacement consacré à la stratégie énergétique, avec un volet très attendu sur la « relance du nucléaire français » selon les termes de l’Elysée. Il doit donner des précisions sur ce programme après avoir annoncé en novembre la construction de nouveaux réacteurs.

C’est « une déclaration, une promesse de candidat opportuniste et non pas un discours de président », a jugé Nicolas Nace, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace France.

« A quelques semaines des élections présidentielles on est évidemment sur un objectif électoraliste, qui est de surfer sur la droite de l’échiquier politique », a-t-il estimé à l’occasion d’une conférence de presse.

« Une telle annonce pour nous est un déni de démocratie. On est sur une décision cruciale qui est engageante pour la France pour des décennies, voire des siècles si on parle des déchets », a-t-il estimé.

L’Elysée a mis en avant mercredi une future « consultation globale sur l’énergie » mais pas spécifiquement sur le nucléaire, ce qui n’aurait « pas de sens », selon la présidence.

« Au second semestre 2022, il y aura une large concertation tout simplement parce qu’on va réviser la programmation pluriannuelle de l’énergie », a souligné l’Elysée. Cela sera suivi d’un « débat législatif ».

Greenpeace, hostile au nucléaire, s’attend à une annonce portant sur six EPR avec « peut-être une option pour plus d’EPR », pour un total qui pourrait aller jusqu’à 14.

« On considère que six c’est déjà totalement irréaliste », a souligné Nicolas Nace, renvoyant notamment aux déboires de l’EPR de Flamanville (Manche), seul réacteur en construction actuellement en France et marqué par de nombreux retards et surcoûts.

EDF a déjà remis à l’État une proposition pour construire six réacteurs EPR2 (version améliorée de l’EPR), pour une cinquantaine de milliards d’euros.
Le groupe propose de les construire par paires sur trois sites: d’abord à Penly (Seine-Maritime), près de Dieppe, puis à Gravelines (Nord), et enfin à Bugey (Ain) ou bien Tricastin (Drôme).