EPR de Flamanville : une année 2026 décisive pour le réacteur le plus puissant du parc nucléaire français

Après avoir atteint sa pleine puissance fin 2025, l’EPR de Flamanville entre dans une phase critique de son histoire industrielle. En 2026, EDF joue gros sur son site de Flamanville, dans la Manche : arrêt de grande ampleur, contrôles réglementaires, réparations majeures et défis climatiques récents. L’enjeu est désormais clair : transformer un chantier hors norme en outil de production fiable et rentable.

2026, l’année de vérité pour l’EPR normand

Pour EDF, l’année 2026 marque un tournant stratégique. Après un long et chaotique parcours industriel, le réacteur EPR de Flamanville – le plus puissant jamais construit en France – est entré dans une nouvelle séquence : celle de l’exploitation réelle et de la démonstration de sa robustesse.

En décembre 2025, l’installation a atteint 100 % de puissance, une étape symbolique et technique majeure dans son processus de démarrage. À l’occasion de la présentation des vœux du groupe, les équipes dirigeantes du site sont revenues, fin janvier 2026, sur les principaux chantiers à venir et sur les priorités de l’année.

Pour l’électricien public, l’équation n’est plus financière, mais industrielle. Après des années de surcoûts et de retards, la priorité est désormais la rentabilisation de cet investissement colossal et l’intégration durable de l’EPR dans le parc nucléaire français.

Un arrêt programmé hors normes à l’automne

Le point central de l’année 2026 se jouera à partir de septembre. L’EPR va en effet entrer dans une phase déterminante avec une grande visite réglementaire destinée à démontrer qu’il peut être exploité durablement et en toute sûreté.

EDF prévoit un arrêt de très longue durée : près de 350 jours. Cet arrêt industriel mobilisera environ 2 500 personnes et donnera lieu à près de 20 000 opérations de maintenance, de contrôles et de vérifications.

Parmi les opérations les plus sensibles figure notamment le remplacement du couvercle défectueux de la cuve du réacteur, un équipement critique pour la sûreté de l’installation. Cette intervention, très attendue par l’Autorité de sûreté nucléaire, constitue un passage obligé pour sécuriser l’avenir opérationnel du réacteur.

Pour EDF, cet arrêt représente un test grandeur nature de sa capacité à maintenir un réacteur de technologie nouvelle génération dans un cadre industriel maîtrisé.

Flamanville 1 et 2 également sous forte contrainte en 2026

L’année sera également particulièrement chargée pour les deux réacteurs historiques du site. Flamanville 1 et Flamanville 2 connaîtront, eux aussi, un calendrier exceptionnel.

Selon David Le Hir, directeur de la centrale, trois arrêts sont programmés en une seule année sur les deux unités. Une situation qualifiée d’« historique », mais rendue nécessaire par l’ampleur des opérations de maintenance et par les campagnes de rechargement de combustible.

Cette superposition de chantiers majeurs sur les trois réacteurs du site impose une organisation industrielle très lourde et un pilotage particulièrement fin des ressources humaines et techniques.

La tempête Goretti fragilise temporairement le site

Début janvier 2026, le site nucléaire a également dû faire face à un événement climatique exceptionnel avec le passage de la tempête Goretti.

Les vents violents et les embruns ont provoqué des dépôts massifs de sel marin sur les traversées reliant les transformateurs du site aux lignes du réseau électrique. Cette contamination saline a entraîné l’arrêt de plusieurs unités par mesure de précaution.

Dans les faits, EDF a procédé à l’arrêt de Flamanville 1 et de Flamanville 3, tandis que Flamanville 2 se trouvait déjà en arrêt programmé pour maintenance.

Depuis le vendredi 9 janvier, une partie du site s’est retrouvée fortement perturbée par ces conditions météorologiques, inédites par leur intensité. Grégory Heinfling, directeur de Flamanville 3, est revenu sur cet épisode, reconnaissant que l’ampleur des dépôts salins avait surpris les équipes.

Un redémarrage progressif des installations

La situation est depuis progressivement revenue à la normale. Flamanville 1 a redémarré le vendredi 30 janvier 2026. Flamanville 2 reste, de son côté, en arrêt programmé jusqu’au mois de juin.

Quant à l’EPR de Flamanville 3, son redémarrage est programmé au 4 février 2026, après la réalisation des contrôles nécessaires sur les équipements impactés par la tempête.

EDF a par ailleurs officialisé un changement de gouvernance à la tête de l’EPR. Sébastien Miossec a été nommé directeur de Flamanville 3. Ancien directeur délégué production d’EDF, il connaît déjà très bien le site pour y avoir travaillé entre 2004 et 2014, notamment sur les réacteurs 1 et 2 en tant que responsable sûreté.

Il succède à Grégory Heinfling à un moment particulièrement stratégique pour l’avenir industriel du réacteur.

Flamanville, un site clé pour l’équilibre électrique régional et national

Au-delà de l’actualité opérationnelle, les chiffres rappellent le poids stratégique du site normand. Près de 1 600 agents EDF travaillent aujourd’hui à Flamanville.

En 2025, les trois unités du site ont injecté un total de 16,5 térawattheures d’électricité dans le réseau national. Cela représente l’équivalent de 63 % de la consommation électrique de la région Normandie en 2024, et environ 4,5 % de la production du parc nucléaire français.

L’activité du site repose également sur un important dispositif de préparation aux situations d’urgence. Quarante-quatre exercices de crise et d’incendie ont été organisés en 2025, en lien étroit avec les services de secours.

Pour EDF, l’année 2026 doit permettre de tourner définitivement la page du chantier et des déboires techniques. À Flamanville, l’EPR est désormais attendu sur un terrain beaucoup plus exigeant : celui de la performance industrielle, de la sûreté démontrée dans la durée et de la crédibilité du nucléaire français de nouvelle génération.

commentaires

COMMENTAIRES

  • On se demande quand va s’arréter cette comédie à rallonge commencée il y a plus de 20 ans pour ce truc du siècle dernier dont le principe de fonctionnement repose sur le pillage des ressources de la planète qu’il tranforme en chaleur en en perdant les 3/4 au passage.

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  • Cher Rochain, vous êtes, comment dire, indécrottable ! Et vos arguments sont éculés (ils datent du siècle dernier, quoi !). D’abord, le principe de Carnot qui régit toutes les machines thermiques, de votre voiture (à moins que vous ne vous déplaciez en char à voile ?) à une centrale nucléaire, force à rendre à la nature (la source froide) les 2/3 et pas les ¾ de l’énergie primaire produite, mais c’est un détail. L’important c’est que vous bénéficiez chaque jour d’une électricité à 70 % issue de centrales nucléaires, c’est-à-dire permanente, ou plutôt adaptable aux besoins, lesquels sont permanents mais fluctuants, souveraine (pas besoin de panneaux solaires chinois et autres terres rares des éoliennes. Et surtout bon marché : en tous cas presque deux fois moins chère que nos voisins allemands, dont le chancelier vient enfin d’avouer avoir fait une « grave erreur stratégique » en sortant du nucléaire.
    A part ça, rassurez-vous, l’EPR de Flamanville va faire des petits, plus simples à construire et à entretenir, et moins chers car ils seront produits en série, vous permettant ainsi de continuer à bénéficier des bienfaits de l’électricité nucléaire, comme c’est le cas depuis … le siècle dernier !

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  • Si une co***rie de plus, avec l’âge cela ne l’arrange pas. Toute centrale thermique fonctionne selon le diagramme carnot avec un rendement qui suit les lois de la physique ! Les intermittents dépendent du bon plaisir de la météo,. heureusement qu’il y a du pilotable thermique ou hydraulique pour les suppléer et garder les 50Hz ds le réseau grace à leurs machines. tournantes !.

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