Éolien en mer : la demande d’espace en mer sera multipliée par 9, d’ici 2050

Éolien en mer : la demande d’espace en mer sera multipliée par 9, d’ici 2050

Eclairage du site partenaire Energies de la mer.

La croissance rapide de l’éolien offshore va déclencher une course sans précédent pour l’occupation de l’espace marin. La croissance exponentielle de l’énergie éolienne offshore sera le principal moteur de la multiplication par 9 de la demande d’espace océanique d’ici le milieu du siècle, selon le rapport « Ocean’s Future to 2050 » de DNV, présidé par Remi Eriksen.

Le rapport coordonné par Bente Pretlove (directrice du programme Ocean Space) prévoit qu’au milieu du siècle, l’éolien offshore nécessitera un espace océanique équivalent à la masse continentale de l’Italie.

La croissance sera particulièrement prononcée dans les régions dotées d’un long littoral et dont la pénétration de l’éolien en mer est actuellement faible.

La demande d’espace océanique devrait être multipliée par 50 dans le sous-continent indien, et par 30 en Amérique du Nord.

L’éolien en mer et l’effet investissements

Actuellement, 80 % des dépenses d’investissement (capex) de l’économie bleue sont investies dans le secteur pétrolier et gazier offshore, mais d’ici 2050, ce chiffre aura chuté à 25 %.  D’ici là, c’est l’éolien offshore qui bénéficiera des investissements les plus importants, représentant la moitié de l’ensemble des dépenses en capital (capex).

La diminution de l’importance du pétrole et du gaz expliquera en grande partie pourquoi les flux d’investissement dans l’économie bleue seront moins importants en 2050 qu’aujourd’hui, tandis que les dépenses d’exploitation augmenteront à un rythme inférieur à la croissance du PIB.

L’Asie au cœur des enjeux

L’économie bleue sera davantage axée sur l’Asie, la grande Chine devant représenter plus d’un quart des dépenses d’investissement d’ici à 2050, à mesure qu’elle développera ses capacités éoliennes en mer et son aquaculture marine.

« L’économie bleue entre dans une période de diversification sectorielle et géographique », a déclaré Remi Eriksen, président du groupe et PDG de DNV.

« Actuellement, les régions qui bénéficient le plus de l’océan en termes économiques sont celles qui ont accès aux gisements de pétrole et de gaz au large de leurs côtes. Mais à mesure que le monde se décarbonise et que le besoin d’énergie renouvelable augmente, les pays qui n’ont pas pu faire partie de l’ère des combustibles fossiles peuvent faire partie de l’ère du vent ».

La puissance économique croissante de l’Asie et la transition énergétique auront également un impact sur le secteur maritime.

Après des années de croissance supérieure au PIB, le commerce maritime ne progressera que de 35 % d’ici à 2050, alors que le PIB mondial doublera presque.

Le vrac restera le segment le plus important de la flotte marchande, malgré la baisse de la demande de transport de charbon.

Les pétroliers seront dépassés par les porte-conteneurs en tant que deuxième segment le plus important, même si la demande de gaziers reste robuste.

COVID 19 n’aura pas d’impact à long terme sur le secteur des croisières et la capacité des postes d’amarrage triplera d’ici 2050.

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Brigitte Bornemann

Avant de diriger le portail des "Énergies de la mer", Brigitte Bornemann a été conseillère technique chargée de la presse, de la communication et de l'audiovisuel scientifique au ministère de la Recherche et de l'Espace en 1992. Elle s'occupait précédemment de la presse internationale au sein du service de presse d'Edith Cresson.