Energie : l’Europe à la croisée des chemins

Energie : l’Europe à la croisée des chemins

La Commission Européenne a établi un système de classification des activités économiques durables dénommé taxinomie. Elle se concentre sur les objectifs environnementaux d’atténuation du changement climatique et d’adaptation à celui-ci.

Les investisseurs disposeront ainsi d’une référence commune, qu’ils pourront partout utiliser pour investir dans des projets et des activités économiques ayant une incidence positive notable sur le climat et l’environnement.

Cette initiative est soumise par la Commission à la consultation du public jusqu’au 27 avril 2020 (Finance durable : le système de classification de l’UE pour les investissements verts) (1)

L’Europe est à la croisée des chemins

L’Union Européenne, avec le « Green Deal », a confirmé sa volonté de parvenir à l’horizon 2050 à une économie neutre en carbone. C’est un objectif que l’on peut partager.

Mais aujourd’hui, la crise sanitaire s’ajoute à la crise économique et à l’urgence climatique, ce qui renforce les exigences.

  • Soit elle persiste dans son approche libérale et se satisfait de l’utilisation en masse des combustibles fossiles au risque de voir les émissions de gaz à effet de serre continuer de croître. Les futures générations apprécieront !…
  • Soit elle reconnait les atouts de l’énergie électronucléaire capable de fournir à tout instant une électricité d’un coût compétitif et qui n’émet que 4g de CO2 par KWh, à comparer aux 800 g des centrales charbon et aux 400g des Cycles Combinés Gaz.

Maintenant ou jamais, c’est l’heure des choix

Avec l’épidémie du Covid 19, l’électricité a vu son statut d’énergie vitale et stratégique confirmée par les élus et l’opinion publique.

Dès lors, pourquoi continuer à diaboliser l’énergie nucléaire qui produit une électricité décarbonée et tergiverser sur sa reconnaissance comme énergie de l’avenir alors qu’elle fait la preuve de sa capacité à pallier les insuffisances des énergies renouvelables intermittentes, notamment celles du parc éolien ?…

Ne serait-il pas temps d’arrêter cette compétition malsaine qui oppose les énergies renouvelables au nucléaire et d’inventer, dans une approche pragmatique, une nouvelle politique de l’énergie en Europe qui soit solidaire et respectueuse de l’environnement, sans lien avec les arguments dogmatiques ou idéologiques qui n’ont rien à faire dans ce débat ?…

La répartition entre nucléaire et renouvelables devrait être déterminée en tenant compte de la compétitivité des différents moyens de production, de leur réelle contribution à la lutte contre le réchauffement climatique et de leur capacité à assurer la sécurité du réseau et à contribuer à l’indépendance énergétique de l’Union Européenne.

Le nucléaire, est une énergie « verte » à reconnaitre d’urgence

L’inscription de l’énergie électronucléaire dans la taxonamie verte serait la reconnaissance de son aptitude à répondre aux exigences de l’urgence climatique, de la crise économique qui s’annonce et de la crise sanitaire qui a fait la preuve de la faiblesse de l’Europe en mal d’équipements adaptés dont la fabrication avait été délocalisée sans discernement.

A défaut, ce sera un mauvais coup porté aux futures générations mais aussi à nos industries, et nous ne pourrons que regretter un jour de voir un secteur de production déterminant pour nos pays tomber sous la coupe des Russes ou des Chinois.

Une politique européenne de l’énergie, solidaire et respectueuse de l’environnement

Le marché européen de l’électricité est à revoir car son fonctionnement confirme son ineptie. Le subventionnement des électricités aléatoires dont le coût est de zéro vu depuis les gestionnaires de réseaux conduit les prix de marché vers le bas et fait croître simultanément les prix de l’électricité chez les consommateurs, ce qui est contraire à l’objectif initial.

Par ailleurs, pour des raisons qui leur sont propres et qui relèvent de leur souveraineté, certains pays comme l’Allemagne et la Pologne sont contraints de faire un appel massif au charbon, fortement émetteur de gaz à effet de serre comme tout le monde le sait et, plus encore, à l’origine d’une pollution atmosphérique qui déborde largement de leurs frontières.

Certes, ce sont de mauvais exemples à ne pas suivre mais une approche solidaire européenne dans laquelle les forces de certaines nations suppléeraient aux faiblesses d’autres pays serait un bel exemple de politique solidaire à la condition de convenir d’une juste rémunération accordée aux pays vertueux pour services rendus au réseau, doublée d’une taxe carbone réellement dissuasive …

 

Ce serait un véritable challenge à relever par la nouvelle Commission Européenne

Et un exemple pour des citoyens européens en perte de repères et de plus en plus dubitatifs sur le peu de cas fait de l’intérêt général.