Energie : arrêtons les folies (Tribune)

La présence de Monsieur Hulot au Ministère de l’Ecologie a été loin d’éclairer le débat énergétique national mais nous nous enfonçons encore plus dans l’obscurantisme depuis son départ tandis que lui devient encore plus militant qu’hier pour des causes perdues : le péril est désormais aussi démocratique, c’est-à-dire que le « bien « ayant été défini de manière définitive, il faut combattre le » mal » d’où qu’il vienne à l’intérieur de nos frontières comme à l’extérieur et ainsi devenir la référence mondiale pour sauver les générations futures du cataclysme annoncé… désiré ?

En paraphrasant Chateaubriand « Levez-vous vite orages désirés, qui devez emporter Nicolas dans les espaces d’une autre vie », on peut changer les prénoms à l’infini.

Comme autrefois le » socialisme dans un seul pays « qui devait irriguer la terre entière, on commence par la nécessité autoritaire de montrer la voie au monde entier, il y a urgence climatique, d’une part et péril nucléaire d’autre part.

Objectifs contradictoires

Le fait que les deux objectifs soient contradictoires importe peu, on va faire les deux “en même temps”. Réduire le nucléaire de 75 à 50 % dans la production électrique fait mécaniquement augmenter le CO2 (et donc les gaz à effet de serre) puisque l’intermittence du solaire et du vent obligent à prévoir des centrales à gaz.

Qu’importe, on va installer des stockages partout, il en coûtera des milliards (33 d’après les militants de RTE) et on va faire des recherches qui réussiront vite puisque nous sommes les plus intelligents de la planète : les chercheurs se cassent la tête sur le sujet depuis une centaine d’années mais nous avons des génies, ils sont connus ??

On commence par fermer un réacteur à Fessenheim pour des raisons électorales puis on veut programmer treize autres arrêts. Peu importe qu’ils fonctionnent bien et qu’ils soient amortis, donc payés, nous sommes tous riches, pas endettés et puis nous avons à montrer l’exemple, n’est-ce pas ?

Peu importe aussi que nous ayons le meilleur bilan carbone avec celui des pays nordiques qui ont fait le plein d’énergie hydraulique, on va faire mieux en faisant moins bien d’abord et on en profitera pour briser la filière nucléaire qui est le « mal ».

Le vent et le soleil sont gratuits, vous ne le saviez pas ? Hé bien on vous le dit matin, midi et soir, et si vous n’avez pas compris les publicités automobiles vous le montrent, des enfants heureux dans des voitures électriques contemplant des éoliennes tranquilles sur le bord des routes ! Publicités mensongères, certes, mais quelle belle manipulation de l’enfance !

Pourquoi passer de 75% à 50% ? Parce que c’est trop ! Ah bon ! Et pourquoi on veut faire des éoliennes en mer qui sont intermittentes, coûteuses (voir RTE avec les coûts de l’atterrage du courant dans un premier temps), déplorables pour la faune et la flore en plus de pourrir les paysages …parce que c’est le bien et il faut faire le bien.

Et alors on rêve d’un mix électrique 50% nucléaire 50% renouvelable en y incluant les 12% d’hydraulique pilotable. Mais dans l’état actuel du stockage il faut des centrales à gaz, et on doit changer tout le réseau, les fameux 33 milliards, c’est seulement pour demain…cela ne fera qu’augmenter. Mais le contribuable est riche, c’est connu et le client aussi, et puis c’est l’Etat qui paie, donc tout va bien.

Tout ceci est déraisonnable et nous met à une vitesse vertigineuse dans le mur, il faut d’urgence arrêter les bêtises, car notre industrie en périra, le prix de l’électricité était il y a peu un des rares endroits de compétitivité de notre pays.

De quelle écologie parlons-nous ?

Que dire du délire anti-fossiles alors que 85% de l’énergie mondiale est d’origine fossile et que ceci ne va pas s’effacer parce que des députés émotifs veulent l’éradiquer en France (l’écologisme dans un seul pays !).

La vraie écologie part de Stockholm 1972 : pensez globalement, agissez localement de René Dubos, et en ce qui nous concerne nous ne savons pas ce qui est le mieux pour nous d’un progrès de consommation et d’usage de la voiture thermique (essence ou diesel) ou de la voiture électrique dont nous ne maitrisons pas l’organe essentiel, la batterie (40% du coût).

Le consommateur n’arrive pas à se persuader du gain pour lui de la voiture électrique malgré les incitations gouvernementales et les injonctions de la Commission Européenne. Le totalitarisme écologique aimerait nous orienter vers le « bien » mais nous résistons encore parce que la thermique est moins chère et plus pratique.

La seule vérité en la matière c’est que la concentration urbaine nécessite de faire reculer la thermique dans les villes, mais si on le fait, c’est au profit de transports alternatifs et non de diktats punitifs. Qui vit dans les villes et qui se déplace ? Si les vieux doivent faire du vélo, ils seront obligés de partir tous à la campagne ou dans les mouroirs appelés EPHADS.

Il ne restait plus que le plastique qui devait aussi être interdit, c’est chose faite désormais, surtout le plastique issu de la transformation des hydrocarbures. Mais là encore le déni de réalité frappe. On peut faire du plastique à partir des plantes, dit « bio plastique «, mais il est plus cher, beaucoup plus cher et …moins bio dégradable !

Car le pétrole et le gaz sont des produits « naturels » préparés par notre mère la terre pendant des millions d’années. Cette bio-culture gratuite est ignorée par nos génies actuels mais c’est la science dont ils ignorent également l’existence et les lois.

La solution ? Héritage, Traditions, Projet nous dit Hanna Arendt, nous avons des centrales nucléaires désormais quasi gratuites, utilisons-les, c’était peut-être une erreur, mais c’est notre héritage comme le château de Versailles ou la Tour Eiffel.

Notre tradition est d’utiliser le moteur thermique essence ou diesel, partons aussi de là pour faire évoluer les choses et rendre nos villes habitables, pour tous et non seulement pour les adeptes de trottinettes et de vélos. Nous avons un des meilleurs bilans carbones de la planète, conservons-le et améliorons-le.

Un mix-énergétique punitif ?

C’est également notre héritage, détérioré depuis quelques années avec une politique démente de construction démesurée d’éoliennes. Nous devons avoir un meilleur mix énergétique, d’accord, mais chaque pas doit aller vers un mieux et non vers des délestages programmés et des pénuries pour nous « punir ».

Si nous souhaitons modifier notre offre de véhicules individuels, soignons notre offre nationale pour ne pas tirer un trait sur une industrie qui mobilise plus de 5% de nos actifs nationaux , ne créons pas indéfiniment des emplois à Pékin pour « sauver la planète » dont rien ne dit que nous puissions tout seuls réussir à son chevet.

Arrêtons tout simplement d’être stupides et de croire que la France peut changer les lois de la physique, de la chimie et de la biologie de la planète. Je ne sais pas ce qu’il en sera de Mars, mais sur la Terre, notre Terre tout changement d’état conduit à une perte de rendement, et j’engage tous les rêveurs à méditer cette difficulté tandis que pour capter l’énergie du soleil les plantes font encore bien mieux que nous malgré toute notre science.

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COMMENTAIRES

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    La fermeture anticipée de Fessenheim : une “folie” à 5 milliards d’euros et qui nous prive d’une source décarbonée de production fiable d’électricité. Quel gâchis. Et il est à craindre que le gaz à 400 g/KWh (pour la production électrique)) et les importations très carbonées en provenance d’Allemagne ne remplacent en partie cette production manquante, comme en 2017 et 2019 suite à l’indisponibilité de plusieurs réacteurs. Mais le gouvernement a décidé de reporter aux calendes grecques le respect de l’Accord de Paris !

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      D’où a été diligentée cette volonté de nous détruire ? Qui a conseillé cette gabegie à nos politiques ? Bien entendu, j’ai quelques éléments de réponse.

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    Et Nicolas Hulot, dans CAPITAL dimanche dernier sur M6, semblait plus préoccupé par le nucléaire que les émissions de CO2 et le climat. C’est un comble ! Et quelle incompétence, en accord avec tous les “les écolos” politiciens.

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