Électricité: pas de rattrapage sur les factures en 2023, assure Bruno Le Maire

Le « bouclier tarifaire » sur l’électricité ne se traduira pas par un « rattrapage » sur les factures l’an prochain malgré un besoin de financement supplémentaire d’environ 2 milliards d’euros pour mettre en oeuvre cette mesure, a indiqué lundi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire.

Le gouvernement s’était engagé à limiter cette année la hausse des factures d’électricité à 4%, une mesure qui va coûter plus cher que prévu.

« Il va y avoir un besoin de financement supplémentaire en 2023 », car « les prix de l’électricité ont plutôt évolué à la hausse », a reconnu M. Le Maire.

Ce besoin de financement, « de l’ordre de 2 milliards d’euros », « sera financé par le projet de loi de finances que nous examinerons à la rentrée prochaine, en octobre prochain, pour 2023 », a-t-il poursuivi devant des journalistes.

« Je veux être très clair avec nos compatriotes, il n’y aura aucun rattrapage sur leur facture d’électricité. Les consommateurs français ne verront aucun rattrapage lié à ce besoin de financement sur leur facture en 2023 », a-t-il insisté.

La CLCV avait auparavant alerté sur le fait que le bouclier tarifaire pour cette année pourrait n’être qu’un « mirage », avec un probable rattrapage tarifaire de +8% l’an prochain sur l’électricité.

« Un tel rattrapage risque fort d’induire une hausse stratosphérique du prix de l’électricité début 2023 », s’est inquiétée dans un communiqué l’association de défense des consommateur, qui fondait ses craintes sur une délibération récente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

Dans un contexte de forte inflation et à l’approche des élections législatives, cette perspective a aussi pris une tournure politique.

« Une hausse de 8% de l’électricité est bien prévue par le gouvernement. J’avais prévenu les Français qu’Emmanuel Macron leur mentait et augmenterait leur facture après les élections », a réagi Marine Le Pen sur Twitter. « Ce sera pareil pour le gaz et le carburant. Seuls les députés RN vous protègeront de ce racket », a-t-elle écrit.

« En 2023, nous voulons continuer à protéger les Français contre l’augmentation des prix de l’électricité et du gaz », a de son côté assuré M. Le Maire, estimant qu’il est toutefois trop tôt pour donner des détails à ce sujet. « Je vous donne rendez-vous à la rentrée 2022 lorsque nous examinerons le projet de loi de finances », a-t-il dit.

commentaires

COMMENTAIRES

  • « Continuer à protéger les Français ». Si cela est toujours possible vu l’état catastrophique des finances publiques et la menace d’augmentation importante de la charge de notre dette astronomique.

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    • La dette ne sera jamais remboursée par des moyens conventionnels. Tout le monde le sait, dans le milieu politique et financier.
      Un jour, la BCE sera peut-être obligée d’émettre sans contreparties des milliers de milliards qu’elle donnera directement aux états, pour leur permettre de rembourser leur dette, malgré les effets pervers que cela peut engendrer, limitée par le fait que la situation est similaire aux EU et dans d’autres pays.
      Il faudra, d’une certaine manière, repartir à zéro, dans un nouveau système financier.
      Pour l’instant, l’inflation générale est un moyen très pratique pour rembourser « facilement » de la dette.

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      • @Marc,
        On risque plutôt de voir un éclatement de la Zone Euro en 2, voir en de multiples zones…
        Les Allemands, Hollandais et quelques autres états se sont permis de faire une projection de l’Euro sans La France et les autres pays latins il n’y a pas si longtemps…
        Que nous arriveraient-ils en pareil cas ??? Pas sur que nous soyons alors en mesure d’importer de grandes quantités d’objets divers (dont les flux de panneaux PV et leurs équipements connexes)… Et la récession serait assez colossale au final…
        Est ce que le modèle nucléaire se porterait mieux en pareil cas ??? (Made in France en grande partie et le cout des combustibles est marginal…)

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  • Heureusement que l’éolien et le photovoltaïque en « complément de rémunération » font baisser la facture d’électricité.

    En effet, lorsque le prix de l’électricité sur le marché est supérieur au tarif de référence attribué lors des appels d’offres ou au tarif d’achat dans d’autres cas (ceux en complément de rémunération), le producteur reverse la différence au compte spécifique de l’État.

    C’est ce qu’on appelle une « subvention négative ».

    Depuis plus de trois ans, le tarif moyen attribué lors des appels d’offres a été de 60 à 65 €/MWh pour l’éolien et de 55 €/MWh pour le solaire photovoltaïque.

    Avec un prix moyen du marché de l’électricité évoluant entre 72 € et 292 €/MWh (selon les mois) depuis juin 2021, aux heures de production éolienne – et de 72 € à 310 €/MWh aux heures de production solaire, cela fait rentrer beaucoup d’argent dans la caisse.

    Argent qui, en transitant par le budget de l’État, va venir en déduction de ce qui était la CSPE.

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    • Précisions concernant les aides aux « renouvelables » : « Si l’on fait le cumul de ce qui a été verve par l’État depuis 10 ans (environ 11 milliards d’euros pour l’éolien et 22 milliards d’euros pour le solaire PPV à la fin 2020), le solde est toutefois encore nettement positif en faveur des aides apportées aux renouvelables ». https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/les-aides-aux-filieres-renouvelables-disparaissent-elles-avec-la-hausse-des-prix-de-gros-de-lelectricite

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    • @Marguerite,

      Est-ce l’ « état dans l’état des ENRi  » qui prétend pouvoir donner des subventions à l’état ou doit-on juste parler de contributions/taxations/prélèvements !??? Cette notion de « subvention négative » est très très très prétentieuse…

      Sans garantie publique de prix d’achat, ou en serait la filière des ENRi aujourd’hui ??? proche de 0…
      D’autre part vous parlez de moyenne de prix d’achat, mais il y a toujours des prix négatifs sur le marché Spot de l’électricité en Europe ces derniers mois (surtout en période de « grands vents ») et des bons des prix vers 20h00 les jours sans vent. La contribution de l’éolien et du solaire étant quasi nulle à ces moments donnés…

      Dans le futur, avec toujours plus de PV installé, à quel prix sera l’électricité sur les marchés SPOT à midi de Mai à Septembre ???
      Sans garantie publique d’achat pour le futur, les risques sur les prix des quantités importants d’électricité PV feraient que le financement deviendrait impossible…
      Les filières ENRi se doivent d’accélérer réellement les moyens de stockage, encore très marginaux aujourd’hui…
      et éviter de jouer à la  » grenouille qui se prend pour un boeuf  » tant les ENRi restent encore marginales comparées aux autres énergies (en incluant les Fossiles) et nécessitent encore bien des mesures protectrices pour leur production…

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  • Pour les petites installations photovoltaïques, sur les toitures des maisons individuelles par exemple ou des bâtiments agricoles, le mécanisme est différent : pas de reversement de la différence.

    Mais le tarif d’achat étant inférieur aux prix du marché, cela ne coûte rien à la collectivité et permet aussi à la collectivité de faire des économies.

    Seules les anciennes installations, pour lesquelles le tarif d’achat était plus élevé, ont encore un coût pour la collectivité, mais avec un incidence bien moindre que par le passé.

    Ce sont ces aides, dans le monde entier, qui ont conduit à l’augmentation de la production en série et à la baisse des prix des divers éléments des installations solaires PV.

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    • @Marguerite,

      Vous parlez « d’aides » pour le solaire dans le « monde entier » pour leur développement, ce qui est juste mais vous auriez du utiliser le terme exact : « Subvention ».
      Et vous n’hésitez pas à parler de « subvention négative » plus haut !!! C’est bien « d’habiller joliment la mariée », mais il ne faut pas pour autant cacher la réalité du système et notamment la variabilité très importante autour de la moyenne des prix de l’énergie, à minima 50 Euros sur le prix du MW.h chaque jour et des journées à plus de 200 Euros de variation assez régulièrement.
      C’est encore plus accentué en Allemagne et en Belgique qui ont plus d’ENRi. Sur le marché Spot, le 27 Mai à 13h00 l’électricité belge sur le marché Sport était négative – 88.56 Euros/MW.h –> @Marguerite, Qu’en pensez-vous ?

      Répondre
  • Et en complément : « Que l’on supprime la dette ou non est un faux problème. L’endettement extérieur traduit le fait douloureux que le seul maintien du pouvoir d’achat de parties de plus en plus importantes de la population exige de les rémunérer plus fortement que leur contribution à la création de valeur. Tant que, chaque année, on dépensera plus que ce que l’on produit, le déficit extérieur se poursuivra et les euros continueront à s’accumuler comme auparavant dans les caisses des exportateurs étrangers. Autant de créances sur l’économie et le capital, non seulement français, mais européen (zone euro). » https://www.lopinion.fr/economie/deficits-jumeaux-quelle-relation-de-causalite-par-thierry-aimar
    Le mardi 7 décembre 2021 a été une journée bien terne pour l’économie française. En effet, nous avons appris qu’en octobre 2021, le déficit extérieur français de biens a atteint 7,51 milliards d’euros sur un mois et surtout 71,28 milliards d’euros sur douze mois, un nouveau record historique. Une broutille comparativement au déficit public qui, après avoir déjà atteint un record absolu de 212 milliards d’euros en 2020 devait avoisiner les 215 milliards d’euros en 2021. Et ce, en dépit de la reprise technique de la croissance du PIB. Cette année 2022 devrait voir cette croissance notablement ralentie et les déficits s’aggraver encore. Il serait illusoire de croire que les pays du nord de l’Europe acceptent que la BCE raye d’un trait de plume l’énorme dette accumulée par notre pays, une des plus importantes de l’UE.

    Répondre
    • @Cochelin,

      C’est là que la notion de « décroissance » devrait être de plus en plus employé (sans faire un « virement de bord » massif et intempestif) pour faire comprendre que notre « croissance » actuelle est illusoire et qu’elle a des limites.
      Y réfléchir sérieusement avant de tomber dans une série de récessions (ce qui va arriver) serait bien !!!
      Des solutions d’efficacité et de sobriété existent sans qu’elle ne soient synonymes de perte de bien-être…

      Pas sur que la croissance dite « verte » sur une base 100% renouvelable soit par ailleurs LA Solution de long terme…

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