Efficacité énergétique et digital : la révolution est proche

L’utilisation de la data au service des économies d’énergie est prometteuse. Le décret tertiaire réveille le segment BtoB, et la flambée des prix de l’énergie pousse à la sobriété énergétique.

Mais alors que de plus en plus d’acteurs partent à l’assaut des marchés de la Smart Home et du Smart Building,la prochaine révolution qui s’annonce passera par l’arrivée de solutions globales répondant aux différents besoins des consommateurs, analysent les consultants des Echos Études dans leur dernière publication « Le marché des solutions d’efficacité énergétique ».

Encore émergent, le marché de l’ »energy management » est loin d’avoir exprimé tout son potentiel chez les particuliers comme chez les professionnels. Du côté de la Smart Home, la demande bondit depuis 2020. La crise sanitaire et l’augmentation du temps passé chez soi ont provoqué un engouement des consommateurs pour tous les équipements liés au foyer.

Certes, les ventes se concentrent encore essentiellement sur les montres connectées, les télévisions et autres assistants vocaux. Les objets liés à l’énergie comme les ampoules, les prises et les thermostats connectés rencontrent, eux, moins de succès. Mais toutes les enquêtes le montrent : l’intérêt est là.

Les solutions digitales d’efficacité énergétique font aussi une percée dans le secteur tertiaire. D’après une enquête réalisée par Les Echos Etudes[1] , 44% des entreprises ont installé des équipements connectés (capteurs, thermostats intelligents…) au sein de leurs bâtiments pour réduire leur consommation d’énergie. C’est la solution privilégiée devant des équipements à haute performance énergétique.

Et pour cause : les coûts de déploiement sont relativement faibles et l’IoT permet d’accéder facilement à des informations exploitables, a minima de prendre conscience de la problématique énergétique. En revanche, la mise en place de plateformes de monitoring des consommations est une solution nettement moins courante avec seulement 24 % des entreprises qui y recourent.

Le réveil du marché

Si le développement des solutions digitales pour l’énergie a été jusqu’à présent un peu poussif, le marché est à l’aube d’une nouvelle donne. Le contexte n’a jamais été aussi porteur.

L’augmentation sans précédent des prix de l’énergie devrait pousser particuliers comme entreprises à s’impliquer davantage dans la maîtrise de leurs consommations énergétiques. D’après l’enquête des Echos Études, les deux-tiers des décideurs interrogés pensent que l’augmentation des prix de l’énergie va conduire leur organisation à accélérer ses investissements dans l’efficacité énergétique dans les douze prochains mois.

La proportion grimpe même à 94 % pour les entreprises de plus de 5 000 salariés. Pour les plus petites, les avis sont nettement moins tranchés. Les enjeux financiers sont moins importants et leurs moyens (notamment humains) plus limités.

Du côté de la réglementation, les signaux sont également au vert. Les objectifs toujours plus ambitieux de décarbonation de l’UE sont un puissant moteur de développement du marché.

Après près d’une décennie d’un parcours très chaotique, le décret tertiaire, en vigueur depuis le 1er octobre 2021, réveille enfin le segment BtoB. 43 % des entreprises estiment que sa mise en œuvre devrait les conduire à accélérer leurs investissements dans l’efficacité énergétique.

En revanche, un travail de pédagogie est encore à faire pour tous les acteurs de l’efficacité énergétique, car 37 % des répondants ne connaissent pas encore cette nouvelle réglementation.

Vers la fin des approches en silos ?

Ce gisement de croissance attise une forte concurrence. Editeurs de logiciels, énergéticiens, sociétés de services énergétiques, fabricants d’équipements électriques et de génie climatique, start-up… de plus en plus d’acteurs partent à l’assaut du marché.

Parallèlement, l’offre gagne en maturité et les stratégies s’affirment. Le panel des solutions disponibles sur le marché est aujourd’hui très large.

De nombreux équipements (capteurs, thermostats connectés, GTB…), logiciels et plateformes de monitoring des consommations sont proposés.

Il n’y aura probablement pas de place pour tout le monde, d’autant que certains dispositifs sont en concurrence partielle ou frontale, entraînant une forme de redondance.

Mais la véritable révolution va venir de l’arrivée d’offres globales. Pour le moment, la digitalisation avance souvent avec une approche en silos. Les opérateurs enrichissent leur gamme brique par brique, commercialisées chacune de leur côté.

Les propositions commerciales se multiplient et émanent, généralement, d’acteurs différents. Résultat : les ménages comme les entreprises voient arriver une profusion d’équipements (objets connectés, autoconsommation, bornes de recharge et véhicules électriques…), dont l’énergie n’est parfois qu’une fonctionnalité parmi d’autres. Charge à eux de bâtir leur écosystème.

À terme, cette approche est amenée à disparaître pour laisser place à une unique interface de pilotage de la fonction énergie de la maison ou du bâtiment. Reste à savoir quels sont les acteurs les mieux placés pour s’imposer…

——————

[1] Enquête on-line réalisée du 17 au 24 novembre 2021 auprès de 133 entreprises de toute taille et de tous secteurs et d’administrations publiques.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Bizarre, cet article.
    Il doit falloir être de la partie pour simplement comprendre de quoi il parle.
    La gestion numérique, c’est certainement merveilleux, mais il eut été utile d’avoir quelques exemples.
    De toute façon, ce n’est pas l’électronique qui sera très utile pour isoler un bâtiment.

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  • L’énergie est le plus souvent une force brute, mal exploitée et le plus souvent de façon incontrôlée. On trouve les lieux climatisés et éclairés au mieux pour une présence humaine totalement désertés quelquefois des jours entiers. Par exemple, détecter une présence qui n’est que de passage, ou stationnaire, est un stimulus qui peut être perçu par divers capteurs dont le traitement peut conclure à la libération d’une énergie appropriée comme la lumière ou le chauffage, ou les deux, ou aucun. L’ensemble des algorithmes de traitement des données les plus diverses peuvent conduire à des économies substantielles d’énergies aujourd’hui consommée inutilement. Le traitement des données maitrisées conduit à la maitrise de l’énergie quelquefois dans des proportions considérables notamment lorsque la commutation de l’information transportée à distance permet d’éviter les transports physiques comme dans l’application aujourd’hui déjà courante de la téléréunion qui permet d’économiser les déplacements physiques des personnes. Par exemple une réunion d’état-major de dirigeants de filiales d’une multinationale telle qu’elle pouvait se tenir il y a seulement 50 ans qui coutait des dizaines de milliers de dollars se solde aujourd’hui à une facture des milliers de fois moins importantes et des millions d’unités énergétiques non consommées en transports dispendieux financièrement et énergétiquement. Le traitement de l’information est un pilote de l’énergie qui a été trop longtemps ignoré.

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    • Je dois avoué que je n’ai pas reconnu notre Sieur Rochain dans cette analyse structurée et respectueuse des lecteurs dont je partage l’essentiel dans ce qu’effectivement la data recueillie par de multiples capteurs de plus en plus sophistiqués et pertinents permet de piloter avec une meilleure efficience toutes nos consommations d’énergie ou de carrément supprimer des consommations inutiles comme expliqué dans l’argumentaire.
      Si ces toutes ces évolutions technologiques high tech permettent de diminuer l’emprunte carbone il faudra en parallèle ne rien négliger sur la nécessaire transition comportementale pour rechercher sans relâche la sobriété ou plus clairement dit une diminution drastique de nos désirs, sinon les progrès technologiques seront balayés par un effet bien documenté par le paradoxe de Javons (1865 !) ou l’effet rebond.
      Encore merci pour votre commentaire sans invective, c’est quand même plus agréable!

      Répondre
      • Si le sujet faisait la moindre ombre au nucléaire, je ne doute pas que vous seriez vent debout contre mes arguments en m’expliquant que vous avez raison puisque vous l’affirmez haut et fort avec quelques autres nucléophiles tout aussi creux.

        Répondre
        • Le respect n’a absolument rien à voir avec le fait d’approuver ou pas un argumentaire, même vent debout j’essaie de respecter mon interlocuteur. C’est aussi simple que cela, ne retombez pas dans les mêmes travers mais il est vrai que le naturel revient vite au galop!
          A vous de voir .

          Répondre
      • Dans le commentaire de Rochain, je ne retrouve ni le style auquel nos étions habitués, ni l’orthographe parfaite dont celui-ci était dépourvu. A moins que ce ne soit du copié-collé ?

        Répondre
        • Il y a les messages dont je me débarasse à la volée comme celui ci qui ne fait que répondre à des âneries qui ne méitent pas mieux car s’adressant de toutes les façons à des ineptes qui racontent n’importe quoi, et ceux où j’ai bien conscience que ceux auquels je reponds qui, en l’occurence avouait pour une fois ne pas comprendre même la question tellement c’était loin de ses idéologies habituelles surprises par cet aspect du probleme (ce qui ne l’a pas empécher de suggerer que ce ne devait pas être important car ce n’etait pas ça qui allait mieux isoler les bâtiments , ou qquchose comme ça), et pour lequel je prends le soin de bien expliquer et d’être le plus clair possible en relisan t mon message et en le corrigeant car je comprend bien que je ne me heurte pas là, à un dogme d’opposition qui refusera de comprendre, mais à une véritable demande d’information.
          Vous comprenez Cochelin ?

          Répondre
          • Je réitère mon hypothèse que l’analyse du style (ainsi que de la ponctuation et de l’orthographe) du premier commentaire de Rochain du 15 Février n’a rien à voir avec ses commentaires habituels, ni du dernier (du 16 février). Un peu plus d’explications ici : https://www.etudes-litteraires.com/analyse-stylistique.php Et toutes ses explications alambiquées et tordues ne me convainquent pas du tout.

          • Vous pouvez croire ce que vous voulez, comme d’habitude, mon pauvre Cochelin.
            Vous n’êtes même pas capable de comprendre des choses aussi simples que cela alors je ne vois pas comment je pourrais vous en expliquer de plus complexes pour tenter de les mettre à votre portée, en effet.
            Vous voliaà graphologue maintenant….. dans laquelle des deux catégorie mettez vous mes publications éditoriales ? Sont-ce des copiés/collés ?

          • Je comprends et apprécie le commentaire posté le 15 Février. Où voyez-vous, de ma part, un travail de graphologue ? Et vous, éditorialiste, maintenant ? Et de quelle complexité parlez-vous ? Etes-vous donc un grand polytechnicien ?

          • Une activité éditoriale est une activité donnant lieu à edition, Cochelin
            Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir et quelques mots.

  • La mise en place de tarifs variables en fonction des prix de marché et de la disponibilité des ENR sera indispensable.
    Les particuliers pourront savoir, environ 5 jours à l’avance quel sera le prix de l’énergie à quel moment, de manière à pouvoir recharger la batterie de leur véhicule au meilleur moment, idem pour les cumulus d’eau chaude (qui pourraient être de plus grande capacité).
    L’informatique peut aider à cela.
    Et même pour les industries électro-intensives: durant les périodes hivernales peu ventées, il sera peut-être plus rentable de fermer l’usine que de fonctionner à un prix de l’électricité rédhibitoire, en France comme partout ailleurs.

    Répondre
    • C’est déjà le cas dans quelques pays, comme l’Allemagne ou l’Espagne (et un peu chez nous) car les tarifs de l’électricité sont encore plus haut que chez nous.

      Répondre
      • Aussi bien en Espagne qu’en Allemagne c’est surtout les taxes sur l’électricité qui sont élevées
        En Allemagne le coût du transport est aussi plus élevé qu’en France alors qu’il l’est moins en Espagne.
        En revanche En Allemagne le coût de production de l’électricité elle-même est moins élevé qu’en France alors qu’il l’est plus en Espagne qu’en France.

        Répondre
  • Il y a cet outil écocitoyen, mis en place par RTE.
    https://www.monecowatt.fr/
    Le vent souffle sur le N de la France, on est tranquille !
    C’est « tout vert ». Un peu plus de visibilité, sur 5 jours au lieu de 3 pourrait être donnée car on connaît les prévisions météo sur 5 jours.

    Répondre
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