Maîtriser et optimiser son éclairage public, premier pas vers la Smart City

Par Fabrice Dudognon, Directeur France électricité & smart City chez Itron

 

Le monde de demain sera plus urbain que jamais. L’ONU estime qu’en 2050, 70% de la population mondiale habitera en ville. Aujourd’hui en France, plus de neuf Français sur dix vivent dans des zones urbaines.

Dans ce contexte, l’avènement de la Smart City doit permettre aux municipalités de relever la variété de défis économiques, environnementaux et sociaux auxquels elles sont et seront confrontées. Mais par où commencer et vers quelles solutions se tourner pour préserver nos ressources et améliorer notre qualité de vie, tout en maîtrisant les coûts dans un contexte de contrainte budgétaire ?

La Smart City : un idéal lointain ?

Le développement et lappropriation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (TIC) en vue d’améliorer la qualité des services urbains semble indéniablement la marche à suivre.

Ce concept, déjà en vogue depuis quelques années, est celui de la Smart City : une « ville intelligente » utilisant les nouvelles technologies pour optimiser son organisation dans le but d’améliorer la qualité de vie de ses habitants, en intégrant en son sein une dimensionenvironnementale.

L’intelligence artificielle, l’internet des objets (IoT), la blockchain, la biométrie ou encore la collecte de données toutes ces technologies permettent aux municipalités d’anticiper et d’évaluer en temps réel les comportements de leurs usagers, et d’adapter leurs services en conséquence.

Les applications des TIC sont innombrables : optimisation de la gestion des déchets, de la distribution de l’eau, de la circulation des véhicules, du transport des marchandises, de la qualité de l’air, etc.

Si la maîtrise de l’ensemble de ces aspects constitue l’objectif à soyons optimistes moyen terme de tout acteur engagé pour un développement urbain durable, l’éclairage public est certainement celui sur lequel il est possible d’agir le plus facilement et efficacement.

L’éclairage public : des enjeux multiples

En France, selon l’ADEME, l’éclairage public représente environ 20 % de la facture globale d’énergie d’une ville. Si on compte les charges de maintenance et les investissements, le coût de l’éclairage public revient à près de 2 Md€ en France. Mais il n’est pas sans conséquence.

Le parc français émet annuellement 670 000 tonnes de CO2 par an. En outre, les lumières artificielles, issues entre autres des lampadaires omnidirectionnels, constitue la première cause de pollution lumineuse, avec des conséquences néfastes sur notre santé.

Ce parc globalement vétuste le Syndicat de l’éclairage estime qu’au moins 40 % des luminaires en service ont plus de 25 ans présente donc un vaste potentiel de réduction des nuisances lumineuses et des consommations d’énergie.

Économiques, environnementaux et sociétaux, l’éclairage public concentre des enjeux importants pour les municipalités. C’est pourquoi il faut mener une réflexion sur cette question et songer à transitionner vers des solutions adaptées, évolutives et connectés.

L’éclairage intelligent : un retour sur investissement tridimensionnel

Un éclairage « intelligent » consiste en premier lieu à remplacer les traditionnelles lampes à incandescence et halogènes par des lampes LED, dont les avantages sont maintenant connus.

Elles consomment moins d’énergie, ont une plus longue durée de vie, génèrent moins de chaleur et ont la capacité de moduler leur flux lumineux et donc leur consommation d’électricité.

Une fois cette étape franchie, connecter les luminaires entre eux et les doter d’un système de détection de présence permet, par exemple, de créer un chemin lumineux en les allumant en suivant le déplacement d’une personne ou de son véhicule.

Équipés de capteurs connectés et supervisés à distance via un système de télégestion, leur puissance peut être adaptée par les collectivités en fonction de la luminosité ambiante, de la présence ou non de citoyens aux alentours et des standards établis.

Parmi les solutions à portée de main, la plateforme logicielle SLV:GO éprouvée et déjà déployée par de nombreuses collectivités qui permet de gérer son réseau via une application dédiée et entièrement personnalisable en fonction des besoins.

Le recours à l’éclairage intelligent permet un retour sur investissement tridimensionnel. Économique, car l’optimisation de l’éclairage public permet de réaliser des économies, notamment sur l’entretien des lampadaires ou le coût de maintenance de l’éclairage, permettant de réduire jusqu’à 70% sa facture d’électricité.

Social, car l’amélioration de l’éclairage public réduit la criminalité, les accidents et le sentiment d’insécurité (91% des Français souligne le rôle de l’éclairage « pour renforcer les conditions de sécurité le soir et la nuit »).

Elle contribue par ailleurs à améliorer le quotidien des citadins, puisque les économies réalisées peuvent être réinvesties dans d’autres services. Écologique enfin, car une meilleure maitrise de la consommation signifie moins de pollution directe (qu’elle soit à dioxyde de carbone ou lumineuse) ou indirecte (production d’électricité).

Les décisions d’aujourd’hui pour les villes de demain

Pour mettre en place un éclairage intelligent performant, il faut que les villes disposent des données permettant d’analyser les flux humains et la réalité de son territoire, et dexploiter ces données pour prendre les meilleures décisions.

Toutes nont pas encore les moyens techniques de le faire et beaucoup doivent encore investir dans une nouvelle infrastructure pour y parvenir. Les petites communes ne doivent pas être en reste et peuvent par exemple recourir au Conseil en Énergie Partagé (CEP) de l’ADEME.

Le choix de la bonne technologie dans un contexte de budgets contraints exige un processus d’évaluation minutieux. Pour les villes, choisir les bons partenaires dès le départ sera crucial pour le succès à court comme à long terme. Heureusement, des acteurs de la transition existent et sont prêts à accompagner les pouvoirs publics pour répondre aux enjeux de la Smart City.

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COMMENTAIRES

  • UN exemple
    Département de la Loire (42)
    327 communes / 200 éteignent une grande partie de la nuit . Beau résultat

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