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Immerger les data centers pour les refroidir, l’idée de génie de Microsoft ?

Un centre de données est un serveur informatique qui assure le stockage des informations numériques essentielles au fonctionnement des sites Internet et des applications connectées.

Composés de milliers d’ordinateurs et de disques durs alimentés 24 heures sur 24, ces data centers ont la réputation d’être des installations particulièrement énergivores, notamment en raison de leur besoin de refroidissement : selon les statistiques de consoGlobe, la consommation des centres de données à la base du réseau Internet représentait 4% de la consommation énergétique mondiale en 2015.

À l’heure de la transition énergétique et de la lutte contre les émissions de dioxyde de carbone, réduire l’empreinte carbone des data centers apparait comme une problématique essentielle pour les opérateurs Internet.

C’est dans ce contexte-là que Microsoft a décidé de lancer un nouveau type de centre de données : les data centers sous-marins. Explications.

Un data center sous-marin expérimental

Microsoft vient d’annoncer le lancement de la seconde phase de son projet Natick consacré aux centres de données submersibles. Le géant américain a en effet procédé le 5 juin dernier à l’immersion d’un centre de données prototype au large de l’Écosse, dans les eaux glaciales de l’Atlantique.

L’objectif de l’opération est d’évaluer comment la température qui règne dans les fonds marins peut contribuer à refroidir les composants électroniques des data centers et ainsi réduire leur consommation énergétique.

Le prototype que vient d’immerger Microsoft va donc être exploité pendant un an à distance : les résultats de cette période d’essai en conditions réelles d’exploitation permettront d’évaluer sa consommation d’énergie réelle, la résistance de la structure pressurisée ainsi que les performances du système de refroidissement.

“Nous pensons que nous obtenons en fait un meilleur refroidissement sous l’eau que sur terre. De plus, comme il n’y a personne, nous pouvons extraire tout l’oxygène et la plus grande partie de la vapeur d’eau de l’atmosphère. Cela réduit la corrosion qui constitue un problème important dans les centres de données”, a expliqué Ben Cutler, directeur du projet Natick, aux journalistes de la chaine britannique BBC.

L’expertise industrielle française au service d’un des géants de l’informatique

Le data center prototype de Microsoft se présente sous la forme d’un cylindre métallique blanc de 12 mètres de longueur, lesté d’une structure d’amarrage sous-marine (une base triangulaire en ballast) pour le maintenir posé sur le fond marin.

Il est composé de 12 racks qui embarquent un total de 864 serveurs informatiques d’une puissance équivalente “à plusieurs milliers de PC individuels” (soit une capacité de stockage équivalente à près de cinq millions de films).

Ce data center submersible a été conçu en partenariat avec Naval Group, une entreprise basée à Brest et spécialisée dans la conception de navires et de sous-marins militaires.

Microsoft s’est notamment appuyé sur l’expertise des ingénieurs français pour adapter un procédé de refroidissement par circulation d’eau de mer habituellement utilisé pour les sous-marins.

Selon ses concepteurs, ce data center peut résister à une immersion de 100 mètres de profondeur pendant une durée de 5 ans. Une résistance impressionnante qui a permis à Naval Group de se distinguer de ses concurrents.

Une zone particulièrement adaptée aux besoins de Microsoft

Ce premier prototype repose pour l’instant à 40 mètres de profondeur, à proximité de l’archipel des Orcades. Cette zone située au Nord de l’Écosse a été choisie par Microsoft car elle se situe sur le périmètre d’activité de l’European Marine Energy Centre, un site consacré à l’essai des différentes technologies marines renouvelables (énergie marémotrice et houlomotrice notamment).

Les Orcades se distinguent également par un réseau électrique particulièrement vertueux en matière de respect de l’environnement.

Les 10.000 habitants qui vivent au sein de cet archipel sont en effet alimentés intégralement par de l’énergie renouvelable (éoliennes et panneaux solaires notamment). Un mix énergétique que Microsoft a décidé de décliner pour son data center.

Enfin, il faut également souligner que cette zone présente un avantage non négligeable dans le cadre du projet Natick : sa température reste particulièrement froide tout au long de l’année.

Au mois d’août, en plein cœur de la saison estivale, la température des eaux de cet archipel n’excède pas les 16°C. Une caractéristique qui ne fera pas le bonheur des amoureux des sports nautiques mais qui correspond idéalement aux besoins de Microsoft.

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