Climat : les réseaux électriques intelligents au coeur des enjeux

Un article signé Think smartgrids, site partenaire.

Ce sont probablement les mots de conclusion d’Alok Sharma, le président de la Cop26, qui résument le mieux le bilan de conférence de Glasgow, quand, retenant ses larmes, il se dit « profondément désoléJe comprends la profonde déception mais il est également vital que nous protégions cet accord ».

La conférence de Glasgow n’a pas suffisamment répondu aux attentes des pays vulnérables, en première ligne d’un changement climatique dont ils ne sont pas responsables.

A l’issue de la conférence de Glasgow, 164 pays sur 196 ont déposé de nouveaux engagements climatiques pour 2030 (les « contributions déterminées au niveau national », ou CDN) et plus de 80 États, représentant trois quarts des émissions mondiales, ont promis la neutralité carbone pour le milieu du siècle, notamment l’Inde, qui s’est engagée à atteindre zéro émission nette d’ici à 2070.

Les « contributions déterminées au niveau national » contiennent des informations sur les objectifs, les politiques et les mesures de réduction des émissions nationales et d’adaptation aux impacts du changement climatique, sur les besoins de financement, de technologies et de renforcement des capacités pour ces actions.

En se basant sur ces engagements et leurs mises à jour, le Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques prévoit toujours un réchauffement de 2,7°C à la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle (avec une probabilité de 66 %), en se basant sur les nouvelles CDN.

30% des plans nationaux mentionnent des engagements relatifs à l’amélioration des réseaux électriques

Selon le rapport de synthèse des plans d’action nationaux pour le climat (les contributions déterminées au niveau national), mis à jour le 25 octobre pour prendre en compte les dernières soumissions, le déploiement des énergies renouvelables est la priorité retenue et mise en avant par la plupart des pays pour atténuer le changement climatique : 86% des plans d’action nationaux envisagent de déployer des énergies renouvelables pour se conformer à l’Accord de Paris.

Seuls 29% des Plans d’action nationaux mentionnent des mesures ou des programmes relatifs à « l’efficacité énergétique ».

30% d’entre eux seulement mentionnent des mesures ou des programmes relatifs à l’amélioration des réseaux (« grid improvement ») bien que celle-ci soit essentielle pour absorber des quantités croissantes d’énergie éolienne et solaire.

Au-delà des négociations formelles et de la déclaration finale, la Conférence de Glasgow a donné lieu à de nombreuses annonces, notamment sur les quatre priorités de la présidence de la COP26 : le charbon, les voitures, la finance et la déforestation.

  • Deux coalitions, comptant chacune une centaine d’États, ont décidé de mettre un terme à la déforestation d’ici à 2030, et de réduire les émissions mondiales de méthane de 30 % entre 2020 et 2030.
  • Une coalition de 190 pays s’est engagée à sortir progressivement du charbon à partir de 2030et à « ne plus soutenir la création de nouvelles centrales à charbon »
  • Une trentaine de pays ont promis de mettre un terme à leurs financements publics dans les projets de combustibles fossiles à l’international fin 2022, s’ils ne sont pas adossés à de la capture du carbone.
  • Une douzaine d’états ont rejoint l’initiative « Beyond oil and gas » (BOGA) qui entend fixer une date de fin pour accélérer l’abandon progressif de la production de combustibles fossiles, contribuant ainsi aux objectifs de l’Accord de Paris.

Une coalition pour des réseaux verts interconnectés

La COP26 a vu la création d’une coalition en faveur des énergies renouvelables, baptisée « Green Grids – One Sun, One World, One Grid ».

Cette initiative, portée par le Royaume-Uni et l’Inde, se donne plusieurs ambitions :

  • Investir dans la production d’énergie solaire, éolienne, de stockage et autres énergies renouvelables dans des endroits dotés de ressources renouvelables dans le cadre d’un réseau mondial (global grid).
  • Construire des lignes de transport transfrontières sur de longues distances pour relier les sources d’énergies renouvelables et les centres de demande à travers les continents.
  • Développer et déployer des technologies de pointe pour moderniser les systèmes électriques et soutenir les réseaux verts capables d’intégrer des milliards de panneaux solaires installés sur les toits, des éoliennes, etc.
  • Soutenir la transition mondiale vers des véhicules zéro émission en intégrant les véhicules électriques pour améliorer la flexibilité du réseau.
  • Attirer les investissements dans les mini-réseaux solaires et les systèmes hors réseau pour permettre aux communautés vulnérables d’accéder à des services propres, abordables et efficaces.
  • Développer des instruments financiers innovants et l’assistance financière et technique pour attirer des capitaux vers cette infrastructure globale de réseaux solaires.

La France figure, avec l’Inde, le Royaume-Uni, l’Australie, les États-Unis parmi les cinq membres du comité de pilotage de cette initiative.

Plusieurs rapports avaient alerté en 2021 sur l’ampleur des investissements nécessaires dans les réseaux électriques…

Selon l’Agence internationale de l’énergie, pour atteindre les objectifs climatiques, les investissements annuels dans les réseaux électriques devront passer de 260 milliards de dollars aujourd’hui à 820 milliards de dollars d’ici 2030.

Elle estimait a 30% le part du numérique (par rapport au matériel) dans les investissements orientés vers les réseaux de distribution, moins pour les réseaux de transmission, déjà partiellement numérisés (L’AIE avait déploré que l’investissement global dans le système énergétique mondial ait diminué au cours des cinq dernières années, passant de 800 en 2016 à 760 milliards de dollars en 2019, avant de chuter à 680 milliards de dollars en 2020 pendant la pandémie de Covid-19).

Quant au Bloomberg New Energy Finance (BNEF), il estime à 14 000 milliards de dollars les dépenses en réseau nécessaires d’ici 2050 « pour suivre le rythme des ajouts d’énergie renouvelable : les investissements annuels dans le réseau électrique devront passer d’environ 235 milliards de dollars en 2020 à 636 milliards de dollars d’ici 2050, ce qui représente un taux de croissance de 3,4 % d’une année sur l’autre ». BNEF prévoit en outre que 42 % des dépenses annuelles de réseau d’ici 2050 seront consacrées à la numérisation, soit plus du double par rapport à 19 % en 2020.

« De nombreux experts affirment que pour chaque dollar investi dans les énergies renouvelables, un autre dollar devra également être investi dans le réseau pour gérer la production, la distribution des actifs et l’intermittence » rappelait, il y a quelques semaines, pour sa part, l’Observatoire mondial des marchés de l’énergie (WEMO) de CapGemini.

Un partenariat mondial pour les réseaux électriques locaux

Trois distributeurs d’électricité, un britannique (Scottish and Southern Electricity), un italien (Enel) et un autrichien (Ausgrid) ont saisi l’occasion de la Cop26 pour lancer, avec l’Université d’Oxford et le japonais Tepco, une initiative autour des réseaux intelligents locaux. L’International Community for Local Smart Grids (ICLSG) vise à rapprocher les communautés énergétiques locales et les réseaux électriques pour « partager les enseignements des projets d’innovation, faciliter les discussions sur les défis et soutenir une transition collaborative vers un avenir décarboné ». Ce partenariat porte sur une période de cinq ans. Les participations d’autres acteurs du secteur de « l’énergie communautaire » seront annoncées en 2022.

Un accélérateur pour penser les défis règlementaires de la transition énergétique

« Les régulateurs ont un rôle important à jouer dans les transitions énergétiques propres, à la fois pour encourager les investissements et pour gérer les systèmes énergétiques qui dépendent de plus en plus de l’électricité produite à partir de sources renouvelables »

L’Agence internationale de l’énergie, a lancé en collaboration avec le gouvernement britannique le Regulatory Energy Transition Accelerator (RETA) : cet « accélérateur règlementaire » se propose de réunir les régulateurs de l’énergie pour discuter des défis auxquels ils sont confrontés et partager les meilleures pratiques.

Outre l’AIE et l’Ofgem, (le régulateur britannique), le RETA compte l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA) et la Banque mondiale parmi ses fondateurs. « L’initiative a reçu un large soutien de la part des régulateurs du monde entier : une déclaration conjointe approuvée par plusieurs régulateurs sera bientôt disponible ».

 

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Créée en avril 2015, Think Smartgrids  (plateforme partenaire) a pour objectif de développer la filière Réseaux Électriques Intelligents (REI) en France et de la promouvoir en Europe comme à l’international.

commentaires

COMMENTAIRES

  • On se trompe de cible une fois de plus, les sources d’énergies renouvelables, plus diffuses comme les utilisateurs et plus proches d’eux ont moins besoin de réseau que les systèmes de production concentrée toujours loin des utilisateurs et chargés de la diffusion de l’énergie en plus de son acheminement vers ces lointains utilisateurs.

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    • Bof, il existe toujours le besoin de réseau local sur lequel se branchent les éoliennes, et ce réseau local est nécessairement connecté au réseau général, ne serait-ce que pour que celui-ci serve de backup les jours sans assez de vent, la majorité du temps, donc.
      Lequel réseau central doit, bien entendu, fournir un service pilotable capable de couvrir les besoins les jours sans vent.
      Et, faute de disposer d’autres solutions, ce back-up est constitué de centrales à gaz.
      C.Q.F.D. non seulement on doit complexifier le réseau, mais ajouter des centrales à gaz qui font la majorité du job.
      Génial.

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  • Ce que j’ai écrit le 14 11 21
    Rappel comparatif :

    La France et l’Allemagne se distinguent par l’organisation du transport et de la distribution d’électricité:

    Elle est centralisée en France suite à la loi de nationalisation de 1946 (création d’EDF), Conséquence Enedis ds notre pays couvre environ 95% du territoire.

    Elle est décentralisée en Allemagne où l’on compte quatre gestionnaires de réseau de transport (GRT) et plus de 800 gestionnaires de réseaux de distribution (GDR) En Allemagne, les enjeux techniques du développement des EnR intermittentes sur les réseaux électriques sont particulièrement importants du fait :
    • de la répartition géographique des capacités EnR (éolien au Nord) et des centres de consommation historiques (au Sud ouest);
    • de la sortie programmée du nucléaire et du charbon (avec un nouveau back-up gaz);
    • de la situation du pays au sein de l’Europe.
    • de la gestion des congestions qui coûte cher aux GTR allemands. en effet, le développement des EnR et les retards accumulés dans les investissements en faveur du réseau ont conduit à une forte augmentation du volume de gestion des congestions en Allemagne: de 3 TWh en 2012 à 23 TWh en 2020 avec des coûts pour les GRT allemands à hauteur de 1,4 Mrd€.

    En France, la gestion opérationnelle des congestions reste encore à l’heure actuel un sujet épisodique sauf si décide de dépasser un certain seuil d’ENRi..

    Le dernier plan allemand de développement du réseau appelé NEP, publié en 2021 n’est pas encore validé par l’Agence fédérale des réseaux. Il fait état d’un besoin important de développement du réseau de transport avec des investissements estimés à 74,7 milliards d’euros d’ici 2035 (hors connections offshore).
    Cela fait beaucoup d’argent pour ce réseau auquel il faut encore ajouter le coût d’un nouveau back-up de centrales gaz (taxonomie) nécessaires pour compenser l’intermittence des ENR et éviter tout blackout en périodes hivernales…
    En persistant et en s’enferrant dans leur logique du 100% renouvelables très aléatoire, « tout cela coûte un pognon de dingue » aux contribuables allemands et européens.

    De par ce contre exemple allemand, on se rend compte que la France a de la chance, avec son nucléaire et son hydraulique qui lui procurent déjà 80% de son énergie (décarbonée), et n’a besoin que d’une part restreinte d’ENRi. Ce qui ne déstabilisera pas notre réseau qui fonctionne bien avec peu d’aléas.
    En clair grâce à notre acquis (qui n’est pas une erreur de 60 ans) cela peut économiser bien des dépenses inutiles et donc c’est tout bénéfice si on réfléchit un peu !

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    • « avec bien peu d’aléas » (?) en pleine tourmente quand presque la moitié de la production est assurée par des moyens de fortune dont une part non négligeable de 7,5GW (l’équivalent de la production de 8 de nos réacteurs nucléaires les plus nombreux) est importée directement d’Allemagne sur laquelle vous ne tarissez pas « d’éloges » dans votre mégalomanie franco-nucléaire.

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      • M. Rochain est toujours dans l’exagération et la mauvaise foi. En effet, ce n’est pas tous les jours que nos importations nettes en provenance d’Allemagne montent à 7 GW. https://www.rte-france.com/eco2mix/la-production-delectricite-par-filiere
        Aujourd’hui en France, l’éolien est à la baisse et la maintenance du parc nucléaire, suite à la crise COVID, a entrainé une perte de production temporaire. Mais la situation en Allemagne est bien pire. L’éolien est là-bas aussi fortement à la baisse et l’important parc thermique fossile, charbon largement en tête et le gaz, est mis à contribution entrainant des émissions record, largement supérieures à la France, ce que ne critique pas Rochain.

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        • Pas tous les jours, c’est vrai, des fois c’est pire des fois moins. Mais quand je parle de maintenant pour répondre à un message que je viens de recevoir, je ne donne pas les chiffres d’un autre jour…. Notez que ce  » est même pas moi qui choisi le jour, celui qui pourrait donner de l’emphase à ce que je dis.
          Pour le reste c’est toujours le même blabla

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      • Oui, il a raison, et ça fait 40 ans que le réseau électrique est alimenté sans encombre.
        Ça m’irait bien de continuer ainsi avec un plan pour une bonne quarantaine de centrales, afin de continuer ce qui nous a permis d’être les meilleurs côté CO2, continuer donc avec 70% de CO2.

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  • Autre rappel :
    Pour passer à l’étape du 100% de renouvelables, l’affaire se corse et n’est pas sans risque au niveau du réseau de distribution électrique.
    En effet pour un tel niveau d’ENRi à l’échelle d’un grand pays tel que L’Allemagne les équipements envisagés, qui sont de type électronique de puissance (grid forming) ou rotors de centrales thermiques (ayant un rôle de compensateurs synchrones) alimentés en courant par des ENR intermittentes, sont très loin de garantir une fréquence stable sur l’ensemble de leur réseau électrique.
    Dans l’hypothèse où ces équipements deviendraient opérationnels et dans le cas où sur l’Europe toute entière s’abattrait une « patate anticyclonique » telle qu’on a connu à plusieurs reprises et que l’ensemble des ENR intermittentes ne fourniraient qu’une puissance proche du zéro, il serait nécessaire d’avoir une interconnexion super strong (très loin du small is beautifull) qui permettrait d’avoir un foisonnement venant de l’autre hémisphère par exemple.
    Cette élucubration ne peut être réaliste (si elle l’est) au mieux que dans un délai dépassant le demi siècle !
    Alors pourquoi ne pas mettre en balance à ce scénario la production d’énergie électrique par le fossile existant auquel on lui adjoint la capture du CO² et par le nucléaire actuel, en attendant le développement des réacteurs de 4ème génération et celui de la fusion.
    Ce dernier scénario apparait plus réaliste et sûr au niveau CO² et stabilité du réseau. Il est aussi moins cher et moins dévastateur au niveau planète.

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    • L’expert qui prends les spécialistes allemands pour des débiles mentaux continue à se gargariser de critiques à leur égard tout en étant à la remorque de cette Allemagne sans laquelle on serait dans une mouise à peine croyable si elle n’était pas là pour nous maintenir la tête hors de l’eau en nous fournissant la puissance de 8 réacteurs nucléaires les nôtres étant indisponibles.

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      • Eux ont en réserve un très gros parc thermique, charbon et gaz. Ces jours-ci, c’est l’essentiel de leurs parcs de renouvelables qui est en presque sommeil. Ce n’est pas le cas de notre parc nucléaire qui tourne autour de 65-70 %.

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      • Mais nous n’avons pas du tout envie d’imiter nos chers amis allemands qui veulent sortir du nucléaire, ce qui leur rendra impossible le zéro CO2, même pour la seule électricité du réseau.
        J’ai en effet les plus grands doutes concernant la capture et le stockage du CO2 à grande échelle et à coût écologique et financier raisonnable.

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  • Leur éolien en sommeil comme vous dites produit en tous cas plus que leur nucléaire.
    Et l’ensemble des renouvelables, fournis près de 24GW soit autant que le charbon plus lignite, c’est pas mal pour des jours de vent au calme plat et peu ensoleillés.
    Maintenant j’espère que vous saurez attirer mon attention les jours fortement ventés et très ensoleillés puisque vous surveillez l’Allemagne de façon intensive, pour ma part, ayant autre chose à faire, je compte sur vous.

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    • L’ennui, c’est que les jours de vent faibles ne fournissent que 25% de l’énergie sur l’année en terre, vers40% en mer, et que le reste doit être fourni par des centrales à gaz.
      Ce qui est contraire au cahier des charges en France.
      Nous avons en France le meilleur taux de production de CO2, surtout dans le domaine de l’alimentation du réseau électrique
      Et vous vous battez en permanence pour dégrader cette situation.
      Pourquoi ?

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  • Qui invente que notre pays importe 7,5 GW d’Allemagne toute la journée ? Et leurs 24 GW de renouvelable ne durent pas longtemps. Ce n’est pas une quantité produite, mais une production instantanée en milieu de journée. L’éolien tourne autour de 8 GW (pour un parc de 65GW). Charbon 25 GW et gaz 12 GW. Un modèle pour vous ?

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    • Ah oui, les importations depuis l’Allemagne de 7736 MW hier, ce n’était que de 7 à 8h , ça change de 1/2 heures en demie heures… et aujourd’hui 7655 MW ce n’était que de 12h à 13 heures, pour le détail tout au long de la journée adressez vous à RTE j’ai autre chose à faire.

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  • La France a un programme très important de renforcement du réseau, justement à cause du nombre croissant de producteurs éparpillés. Ça oblige à renforcer des réseaux qui n’étaient pas prévus pour ça.Quant à nos importations d’Allemagne en ce moment elles sont compensées par nos exportations vers les autres voisins et en octobre on était largement exportateur. Ce que ne représente pas ecomix2 c’est que l’électricité importée d’Allemagne n’est souvent qu’en transit vers la Suisse et l’Italie. Le problème que note Michel Dubus avec les ENRI a été bien pointé par le rapport AIE – RTE, dès que l’on passe majoritairement sur ces productions on n’a pas aujourd’hui les outils pour stabiliser en fréquence un grand réseau. Il y a de la littérature la dessus.

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  • Nos importations depuis l’étranger aujourd’hui, car il n’y a pas que l’Allemagne, n’ont à aucun moment depuis o heure, été compensées par nos exportations, et nous avons même été jusqu’à dépasser 9 GW de solde d’importation.
    C’est grotesque !

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    • Ce qui est grotesque, c’est d’avoir arrêté la centrale de Fessenheim, en excellent état, d’avoir tant tardé pour relancer la construction des 40 ou 50 centrales dont nous auront besoin, et d’avoir récemment arrêté le projet Astrid de surgénérateur industriel de quatrième génération, surgénérateur.
      Pas seulement grotesque, mais scandaleux car contraire aux intérêts de la nation, mais pas des fournisseurs de gaz, très pro renouvelables !!!

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  • A bien y réfléchir, les « réseaux intelligents » ne sont guère plus intelligents qu’une machine à laver. On a simplement mis un ordinateur à la place d’un simple automate.

    L’emphase du verbiage n’y changera rien.

    N’en déplaise à l’astronome, aux contributions souvent utiles face à la confrérie des adorateurs du U235, les réseaux à haute tension et THT, en alternatif et en courant continu pour de longues distances, sont nécessaires à un réseau fondé sur une électricité entièrement renouvelable.

    La simpliste idée du consommateur méditerranéen qui peut satisfaire sa consommation d’électricité, et elle seule, à partir de panneaux photovoltaïques posés sur sa demeure, complétée d’éoliennes du voisinage, ne résiste pas aux besoins d’un pays entier dont les besoins ne se limitent pas à l’électricité spécifique.

    Sans parler d’autres industries, une aciérie électrique, une fonderie d’aluminium, une filature ou autre usine peut-elle se limiter aux énergies renouvelables de sa toiture ou de son voisinage pour satisfaire ses besoins en énergie à chaque moment de sa production ?

    Elle le peut dans un cadre national, ce qui implique un réseau distributif des énergies renouvelables diverses dont la production est plus ou moins importante, un jour donné, en telle ou telle partie du territoire métropolitain.

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    • L’électricité renouvelable ne signifie pas nécessairement que chaque consommateur assure sa propre production. D’ailleurs une usine produisant de l’aluminium pourrait couvrir son toit de PPV qu’elle serait loin d’en obtenir les 250 MW dont elle a besoin pour son activité. Mais d’une part les usines étant aujourd’hui rarement au milieu des villes elle pourra plus facilement disposer d’un parc d’un ou deux hectares de PPV au sol, mais surtout on n’a pas besoin de gros tuyaux pour acheminer de grosses puissances si on apporte l’énergie manquante de « nombreux très loin » empruntant des chemins différents comme est capable de le faire pour l’information le réseau de l’internet. Et en l’occurrence, l’union fait la force et c’est ce sur quoi s’appuiera l’exploitation du foisonnement. Quelques régions mieux ventées même éloignées des une des autres, et pouvant seulement encercler une région qui l’est moins contribueront ensembles à lui apporter ce qui lui manque, jamais de grosses puissances pour chacune d’elles, juste un peu plus que ce qui circule habituellement dans ces branches du réseau. Seules les liaisons sous-marines ont un intérêt à concentrer la puissance pour limiter les nombres des canaux de transferts.

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      • Et voila Rochain qui parle de foisonnement !
        Ne plaisantons pas, un bon anticyclone sur l’ensemble de l’Europe (Si si, ç’est assez fréquent LOL) et il n’y a plus de foisonnement.
        Et, pour les éoliennes, ceci est accentué par la forme en cubique de la puissance en fonction du vent, une cubique.
        Ce qui signifie que le fonctionnement d’une éolienne est proche d’être binaire, au dessous d’une certaine vitesse, vers 35 km/h en général, elle tourne sans fournir grand chose, et au dessus, elle est à sa puissance nominale.

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    • Ma chère marguerite, vous êtes beaucoup plus littéraire que physicienne, et votre littérature est très agréable à lire.
      En ce qui concerne les réseaux, il y a déjà un moment qu’ils permettent pas mal d’échanges d’énergie entre pays, heureusement, mais vous semblez croire qu’ils sont particulièrement indispensables pour les énergies intermittentes (foisonnement) . Hélas, le très peu de foisonnement ne sert pas à grand-chose, et les énergies intermittentes ne permettent pas d’alimenter un réseau sans énergie pilotable, des centrales à gaz.

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  • En Allemagne, la production d’électricité à partir du gaz n’a guère été modifiée avec la sortie progressive du nucléaire, commencée avec la loi de février 2002 (et pas après Fukushima comme le répètent les « journalistes » ignares, un journaliste compétent étant mieux informé des faits).

    La faiblesse du réseau électrique allemand est connue depuis plus d’une décennie (comme celle de son réseau routier) et n’est pas due à l’émergence de l’électricité renouvelable. Cas encore plus flagrant aux Etats-Unis (idem pour les routes)

    Une fois mise entre parenthèses la situation particulière de 2020, avec un facteur de charge bien supérieur à la moyenne décennale de l’éolien, la réalité de 2021 n’est guère différente de celle de 2019. N’en déplaise aux cueilleurs de cerises.

    Lors de la vague de froid de 2012, s’agissait-il d’une « patate anticyclonique’ ? Toujours est-il que le facteur de charge de l’éolien a été de 31 % pendant cette période très froide pendant laquelle, selon d’abusifs commentateurs, l’éolien ne devrait rien produire.

    Pour la capture du CO2, les réacteurs de 4e génération (à l’étude depuis 1951) et la fusion nucléaire, la concrétisation industrielle et commerciale risque de se faire attendre encore longtemps. Mais ce discours est une pollution habituelle des débats sur l’énergie.

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    • Même si en Allemagne la décision est bien antérieure à Fukushima, c’était surtout un arrêt de principe pour le nucléaire. D’ailleurs, en 2002, après avoir décidé l’arrêt anticipé des centrales nucléaire, en 2010 (ou peut-être 2009) ils se sont ravisés et on décidés au contraire de les prolonger au-delà de la date qui était annoncée à l’origine, lors de leur mise en fonction, mais cette décision s’est trouvée bousculée par l’affaire Fukushima (donc un an après si ce n’est deux) et là, arrière toutes ! On commence par en fermer la moitié immédiatement et on fait un plan pour la suite. Et c’est vraiment à ce moment que le retrait du nucléaire, autre que de principe a réellement commencé…. et les « mauvais journalistes » tiennent cette date pour bonne soulignant que c’est la crainte de l’accident qui avait fait décider les allemands de se séparer du nucléaire.
      Petit retour en arrière à propos du message précédent concernant le gros tuyau versus nombreux petits tuyaux. Dans le cas de l’Allemagne qui n’a qu’une façade maritime pour son offshore il seront probablement obligés d’en utiliser quelques uns, ce qui n’est pas le cas en France avec un réseau optimisé pour le renouvelable et cela en raison de nos différences topologiques fondamentales avec l’Allemagne.

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    • La situation de février 2012 était particulière. La consommation était maximale le 03 février (plus de 95 000 MW) alors que l’éolien chûtait de moitié par rapport à la veille (alors que le nucléaire se maintenait toujours à plus de 59500 MW). Comme source fiable (pour l’éolien), on peut faire mieux. Rte précise, dans le Bilan Prévisionnel, « qu’en France, 25 000 MW** d’éoliennes ou 5 000 MW d’équipements thermiques apparaissent équivalents en termes d’ajustement du parc de production ».

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      • Eh oui Marguerite, cochelin n’a toujours pas compris que quand le vent baissait de pitié dans les Hauts de France et le Grand Est, soit sur 16% de la surface du territoire, la production éolienne baissait de moitié.
        Effectivement on peut mieux faire, par exemple en plantant des éoliennes dans les autres régions !

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  • Ma chère Marguerite,
    En ce qui concerne les réacteurs de quatrième génération, on en a fait tourner un grand moment en France, et 1240MW ne sont ni un joujou ni une lubie. C’est la voie obligatoire pour l’humanité, nous en avons stupidement abandonné le projet Astrid, mais ils sont en développement dans plusieurs pays.
    En ce qui concerne la fusion, vous avez raison, les projets sont à très longs termes, 60 à 80 ans, si on y parvient.
    Pour la capture du CO2, c’est faisable à petite échelle, bien que coûteux, mais je suis d’accord avec vous, il est douteux que cela fonctionne à l’échelle désirée.
    J’ajouterais que les renouvelables intermittents que vous semblez chérir nécessitent pour les jours « sans » des sources pilotables, centrales à gaz, et il me semble judicieux, côté climat, de continuer à installer une quarantaine de centrales nucléaires pour rester à 70% de nucléaire.

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  • Monsieur Rochain, une chose est vraie, l’Allemagne n’est pas la France, mais ce qui fait la différence n’est pas la géographie, car in est fréquent qu’un anticyclone couvre toute l’Europe, donc toute la France.
    Fukushima est un bon exemple de votre façon de faire, mais vous le savez très bien, le « score » est simple, 21.000 noyés dans la vague du tsunami, ZÉRO mort et ZÉRO cancer dû à l’accident nucléaire qui en a résulté.
    Comme personne n’a réellement compris la situation, sous l’émotion, ils ont pris la mauvaise décision, arrêter le nucléaire, hélas !

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    • Vôtre message commence par une grosse erreur qui invalide tout le reste.
      Il n’est PAS fréquent qu’un anticyclone….
      C’est même si rare que certaines années cela ne se produit même pas une seule fois. Au lieu de colporter des fake news enregistrez au moins les cartes de météo France c’est facile et ça évite de dire des bêtises

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    • Hervé Gréret
      Complément à votre commentaire : « Comment des dizaines de milliers de morts dues à un tsunami se sont-elles produites en Allemagne ? En raison de la pollution atmosphérique supplémentaire provenant des centrales électriques au charbon, plus de personnes sont décédées en Allemagne qu’au Japon à la suite de la catastrophe naturelle. » https://www.tech-for-future.de/fukushima/

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  • Rien n’y fait, à la lecture de tous les échanges intéressants sur un sujet technique complexe (équilibre d’un réseau électrique étendue), un seul ne peut s’empêcher de calomnier, vous le reconnaîtrez rapidement.
    PS: il me semble qu’il progresse , une rémission avant guérison serait-elle possible?

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  • Rappel : selon RTE comment gérer le réseau électrique avec une très forte part d’énergie renouvelable à l’équilibre fragile ?
    https://www.youtube.com/channel/UCN2HzjbUr_P4mhO6LzGxuKQ
    Pour RTE il n’y a pas de pb tant que les ENRi ne dépassent pas un certain niveau (qui n’est pas précisé)
    Quand on se dirige vers les 100% renouvelables intermittentes 2 solutions sont envisageables, j’aime le terme « envisageable » qui peut rassurer les uns et inquiéter les autres…
    Ces solutions sont de type électronique de puissance (grid forming) ou rotors de centrales thermiques (ayant un rôle de compensateurs synchrones) alimentés en courant par des ENR intermittentes et des batteries pour créer la fréquence et en assurer la stabilité,
    Cette solution (je cite) de Great forming est en cours de développement et de tests à échelle réduite ds le projet européen Haidar et avec RTE ds le projet Osmose à venir !.
    Alors que comme il écrit ci dessus ds l’article :
    « De nombreux experts affirment que pour CHAQUE DOLLAR investi dans les énergies renouvelables, UN AUTRE DOLLAR devra également être investi dans le réseau pour gérer la production, la distribution des actifs et l’intermittence »
    On voit bien que nous sommes ds un engrenage de faramineuses dépenses consécutives aux ENRi sans sécurité du résultat au niveau de la fréquence. Donc il faut du pilotable soit gaz soit nucléaire sans vouloir déconstruire (mot à la mode) notre réseau qui tourne depuis plus de 40 ans sans PB de blackout.
    Bonne nuit

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