Expérimentation Oslo2Rome : la blockchain au service de l’électromobilité

La voiture électrique et les expérimentations technologiques qu’elles permettent inspirent décidément de nombreuses expériences. La société allemande MotionWerk a par exemple organisé fin novembre une expérience de déplacement longue distance en voiture électrique. Baptisé Oslo2Rome, cet événement avait pour objectif de démontrer l’interopérabilité des réseaux de recharge européens grâce à la technologie des blockchain. Une expérience à échelle européenne inédite à laquelle a pris part l’électricien EDF sous les couleurs de la France.

Peut-on appliquer la blockchain au secteur de l’électromobilité ?

La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, qui présente l’avantage d’être transparente, sécurisée et qui fonctionne sans organe central de contrôle. En d’autres termes, une blockchain est une base de données qui répertorie l’ensemble des échanges effectués entre ses utilisateurs de manière ouverte et partagée (accessible à tous) et sans organe intermédiaire de gestion. Le mathématicien Jean-Paul Delahaye a assimilé une blockchain à “un très grand cahier, que tout le monde peut lire librement et gratuitement, sur lequel tout le monde peut écrire, mais qui est impossible à effacer et indestructible”.

La première blockchain apparait en 2008 pour accompagner la démocratisation de la monnaie numérique bitcoin. C’est ce lien qui existe entre transaction monétaire et structure de stockage / partage qui intéresse aujourd’hui de plus en plus d’entreprises et de gouvernements. En Allemagne, un des ambassadeurs de la blockchain est la startup MotionWerk, qui affiche son soutien à cette technologie depuis mai dernier.

C’est pour prouver que la technologie blockchain peut favoriser le développement d’un réseau paneuropéen de bornes de recharge que la société allemande décide de se lancer dans l’organisation d’une expérimentation à l’échelle européenne. Le projet Oslo2Rome est né.

Pour mener à bien ce projet, la société d’Outre-Rhin s’associe à de nombreux opérateurs électriques du Vieux Continent : la Sodetrel, filiale du groupe EDF spécialisée dans la mobilité pour la France mais également Elaad (pour les Pays-Bas), Enexis Group, enviaM et Innogy (pour l’Allemagne), VKW (pour l’Autriche) et Fortum (pour la Finlande).

La blockchain au service de la démocratisation des voitures électriques

Le rôle de ces partenaires est principalement opérationnel. Ils doivent en effet constituer une équipe de conducteurs qui auront pour mission de tester un réseau transfrontalier de bornes de recharge. Concrètement, le groupe EDF a donc mis en place des binômes pour parcourir deux itinéraires entre la France et l’Allemagne : le premier de Toul à Sarrebruck en passant par Metz, le second de Fribourg-en-Brigsau, à Orschwiller en passant par Pfastatt (près de Mulhouse).

Les collaborateurs de la Sodetrel ont conduit deux Renault Zoé et une Tesla sur chacun de ces trajets. Leur mission : expérimenter les solutions qui seraient mises en œuvre pour la création d’un réseau paneuropéen de bornes de recharge (repérage des bornes, compatibilité des équipements, recharge des véhicules et paiement en crypto-monnaie).

De manière générale, l’expérimentation Oslo2Rome a pour objectif de démontrer que les déplacements en véhicule électrique à l’échelle européenne pourraient être facilités grâce à la technologie blockchain. Cette dernière affiche en effet de nombreux avantages : elle représente par exemple un tiers de confiance numérique pour la gestion des transactions financières entre fournisseurs. Pour les conducteurs, un porte-monnaie virtuel pourrait permettre de se recharger à n’importe quelle borne sans se soucier du fournisseur et du mode de paiement.

“Avec l’expérimentation Oslo2Rome, nous innovons maintenant, non seulement en examinant comment un réseau européen de tarification, basé sur la technologie blockchain, peut être mis en service, mais en étudiant également les fonctions importantes utilisées par les conducteurs. C’est un grand pas vers un réseau de tarification coopératif et décentralisé, qui dépasse les frontières des entreprises et des États”, explique Dietrich Sümmermann, Directeur général de MotionWerk.

“Le concept de conduite ouverte, peu coûteuse et sécurisée à travers l’Europe est une réalisation-clé de l’Union européenne qui est importante pour aujourd’hui et pour préparer l’avenir. Oslo2Rome nous permet d’évaluer une blockchain sur le terrain. La technologie blockchain offre en effet de nombreuses promesses, mais manque aujourd’hui d’évaluations réalistes des performances et des risques. Oslo2Rome nous permet également de créer une collaboration fructueuse entre la R&D et les métiers concernés au sein du groupe EDF”, estime de son côté Gilles Deleuze, chercheur à EDF Lab.

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