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Le biogaz, un engagement citoyen au service de la transition écologique

Le pari énergétique du 21èmesiècle consiste à combler l’écart entre l’offre et la demande d’énergie par une énergie propre, fiable et peu coûteuse.

Alors que les nouvelles sources d’énergie sont en train de transformer progressivement le marché, les carburants fossiles continuent à chauffer nos maisons et à alimenter nos voitures et nos ordinateurs. Il reste encore aujourd’hui beaucoup à faire pour relever le grand défi de la transition énergétique.

Le bouquet énergétique de la France se compose en 2017 de 40 % de nucléaire, de 29 % de pétrole, de 16 % de gaz, de 4 % de charbon et de 11 % d’énergies renouvelables. L’État a joué un rôle décisif dans la stratégie énergétique de la France, en entreprenant une vague de nationalisation suite à la deuxième guerre mondiale.

Le premier choc pétrolier de 1973 a poussé la France à s’engager dans un vaste programme nucléaire pour assurer son indépendance énergétique. Mais le capital financier et humain investi dans de tels programmes a nui au développement des énergies renouvelables, à l’exception de l’hydroélectricité, qui a été développée très tôt dans l’hexagone. L’importation des énergies fossiles, gaz et pétrole ont été toujours intégré dans des stratégies globales d’importation des matières premières.

Bien que l’État français ait progressivement réduit sa participation dans les entreprises énergétiques, il a toujours conservé un rôle prépondérant dans la maîtrise du bouquet énergétique et des prix, considérés comme un enjeu social crucial.

L’émergence du gaz bio en France

Historiquement importateur de gaz en quasi-totalité par la Russie, l’Ecosse, les Pays-Bas et l’Algérie, la France a vu se développer des technologies dans des modèles économiques permettant de pouvoir émerger un nouveau gaz produit en France issu du recyclage des déchets : le biométhane.

Il s’agit là de la capacité à convertir les déchets agricoles ou ménagers en biogaz grâce au processus de méthanisation. Le biogaz est ainsi issu d’une énergie locale, durable et vertueuse, qui permet une approche réellement circulaire et qui peut jouer un rôle significatif dans la transition énergétique de notre pays.

Il est néanmoins important d’ouvrir une parenthèse pour clarifier que le biogaz est différent du gaz naturel, malgré son appellation qui peut porter à confusion.

Ce dernier est désigné comme naturel du fait de sa source. Le gaz, comme le pétrole, se trouve dans les profondeurs du sous-sol depuis des millions d’années.

Le gaz naturel est issu de la transformation naturelle de  matières organiques, par exemple des algues. Ce processus prend des milliers d’années, faisant du gaz naturel une énergie fossile, comme le pétrole, bien que beaucoup moins polluant.

En ce qui concerne le biogaz, sa méthode de production permet de recycler des déchets dont la quantité augmente chaque année. Ils deviennent une source d’énergie inépuisable et parallèlement l’empreinte écologique de notre société est réduite.

Ce gaz vert est une chance inespérée pour un secteur agricole français qui traverse d’importantes difficultés. Il offre aux agriculteurs et notamment les exploitations laitières, une opportunité économique indéniable car il représente une nouvelle source de revenu significative s’intégrant facilement dans leur processus de production.

Un agriculteur laitier producteur de gaz qui élève 700 vaches gagne autant de revenus liés à l’exploitation de son lait que de son lisier.

Du consommateur à la sensibilisation du consom-acteur

Les énergies renouvelables sont un élément indispensable de nos sociétés modernes et peuvent potentiellement constituer l’un des facteurs clés du développement socio-économique et la garantie de la souveraineté énergétique d’un pays. Cette dernière représente la capacité d’un pays d’avoir le pouvoir de contrôler, de réglementer et de gérer ses propres énergies.

Pour assurer un développement écologiquement viable, il est impératif de garantir une souveraineté énergétique et un accès à une énergie propre, abordable.

Cependant, bien que la technologie de production de biométhane à partir de déchets ait déjà été pleinement développée, il existe des obstacles qui entravent son adoption massive. Il est important que les dirigeants politiques se rendent compte que l’éducation est la force motrice du changement, car elle peut effacer les idées reçues.

Pour atteindre l’objectif de 10 % de biométhane dans la consommation française d’ici 2030, il est nécessaire que le gouvernement intensifie le dispositif de valorisation de la filière biogaz.

Pour séduire de futurs producteurs, l’État doit mieux sensibiliser les porteurs de projet et les collectivités, la réglementation sur les conditions d’exploitation doit rester à l’avantage des exploitation agricoles et l’État doit maintenir le mécanisme qui les soutient.

L’avenir de la France est local et non national. Le réchauffement de la planète pourrait ne pas être maîtrisé et freiné par les politiques mondiales, mais seulement par une grande diversité d’initiatives et de politiques locales.

En résumé, une transition énergétique efficace en France nécessiterait une réflexion approfondie et une réforme institutionnelle, qui n’est pas à l’ordre du jour.  La part du gaz fossile en France ne peut être réduite que si des investissement privés et publics renforcent la création et le développement d’entreprises indépendantes spécialisées dans les énergies renouvelables.

Par ailleurs, les pouvoirs publics doivent demandés plus de transparence sur le marché de la vente au détail. Les consommateurs doivent pouvoir être orientés vers des acteurs de marchés qui valorisent un gaz vert plutôt qu’un gaz fossile.

La transition énergétique est moins une question d’énergie que celle d’un système institutionnel donné, des intérêts cumulés des réseaux existants et de leur capacité à contrôler l’évolution de l’économie et de la société. La connaissance collective est nécessaire, mais la transformation décisive est politique.

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COMMENTAIRES

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    Dans la production de biogaz et selon les intrants il y a environ 40% de CO2 perdu qui peut être transformé en biométhane via l’électrométhanogénèse avec un rendement de 96%. On augmente donc fortement la part de biométhane globale tout en baissant également fortement les coûts. SoCalGas en Californie, en coopération avec des universités et Electrochaea en Allemagne et Danemark développent des réacteurs optimisés et standardisés pour les diffuser à grande échelle et permettre ainsi d’exploiter ce très important gisement énergétique dans le monde. Nous n’avons qu’une équipe de R&D réduite sur ce sujet en France et c’est certainement un point à combler vu le marché mondial du biogaz. Voir entre autres :

    https://renewablesnow.com/news/socalgas-partners-to-study-co2-to-methane-conversion-as-power-to-gas-tech-622240/

    .

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    Dans la production de biogaz et selon les intrants il y a environ 40% de CO2 perdu qui peut être transformé en biométhane via l’électrométhanogénèse avec un rendement de 96%. On augmente donc fortement la part de biométhane globale tout en baissant également fortement les coûts. SoCalGas en Californie, en coopération avec des universités et Electrochaea en Allemagne et Danemark développent des réacteurs optimisés et standardisés pour les diffuser à grande échelle et permettre ainsi d’exploiter ce très important gisement énergétique dans le monde. Nous n’avons qu’une équipe de R&D réduite sur ce sujet en France et c’est certainement un point à combler vu le marché mondial du biogaz. Voir notamment et entre autres :

    https://renewablesnow.com/news/socalgas-partners-to-study-co2-to-methane-conversion-as-power-to-gas-tech-622240/

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    Bonjour, je suis très étonné par vos chiffres du bouquet énergétique français puisque j’ai toujours entendu que l’électrique représentait un quart du bouquet énergétique… Donc même si on utilise le nucléaire pour 80% de notre production électrique, cela ne fait que 20% du mix énergétique, j’ai du mal à comprendre comment on peut arriver à ce chiffre de 40%, pouvez-vous me donner vos sources ?
    Merci pour votre très bon article, par ailleurs…

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    L’unité de méthanisation de Locminé (Morbihan) traite les déchets organiques provenant des élevages , une partie de l’alimentation du bétail provient du soja importé du Brésil : avec du CO2 capté au Brésil restitué en Morbihan est-on dans la neutralité carbone ?

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