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Les bénéfices de la numérisation des réseaux électriques se chiffreraient en milliards d’euros par an

L’‘Agence internationale de l’énergie vient de consacrer un rapport à la numérisation du système énergétique mondial et à ses implications pour les acteurs de l’énergie. Au total, ce seraient près de 100 milliards d’euros par an que les Smart Grids pourraient permettre aux producteurs et aux distributeurs d’électricité d’économiser.

Le rapport dresse, dans un premier chapitre, un tableau très complet des impacts de la numérisation sur la demande d’énergie les secteurs des transports, du bâtiment et l’industrie. Il se penche, ensuite, sur les impacts potentiels de la numérisation sur les secteurs du pétrole du gaz et du charbon avant d’aborder la transformation numérique du système électrique. Il rassemble un certain nombre de données sur la consommation d’énergie par les industries numériques, avant de recenser une série de risques transversaux (cybersécurite, vie privée, impacts sur les emplois et compétences) « dans un monde énergétique de plus en plus numérisé » et de formuler quelques recommandations générales à l’intention des décideurs politiques.

On retiendra du rapport de l’AIE, au-delà des analyses générales, toute une série d’indications chiffrées et de projections à l’horizon 2040 : investissements dans la transformation numérique, impacts potentiels sur les opérations, sur l’économie du secteur et sur les prix.

Les investissements en croissance de 40 % en 2016

L’AIE pointe une accélération du rythme de la numérisation du système électrique. A l’échelle mondiale, les investissements dans la numérisation de l’électricité auraient, selon l’AIE, augmenté de plus de 20 % par an depuis 2014, atteignant 47 milliards d’euros en 2016. Soit, comme le souligne l’AIE 40 % de plus que l’investissement mondial dans la production d’électricité au gaz (34 milliards d’euros) et presque autant que l’investissement total en Inde dans le secteur de l’électricité (55 milliards d’euros).

Ces 47 milliards d’euros agrègent les investissements orientés vers les logiciels (gestion des systèmes électriques, gestion de l’énergie industrielle), vers les systèmes de contrôle énergétique des bâtiments, les chargeurs pour les véhicules électriques, vers l’Infrastructure réseau intelligente ainsi que les vers compteurs intelligents.

5 % d’économies sur les coûts annuels d’électricité

La numérisation et l’exploitation des données pourraient réduire les coûts du réseau électrique au travers de quatre leviers : en réduisant les coûts d’exploitation et d’entretien ; en améliorant l’efficacité des centrales électriques et du réseau ; en réduisant les pannes et les temps d’arrêt ; et en prolongeant la durée de vie opérationnelle des actifs.

Les économies globales réalisées grâce à l’exploitation des données pourraient être, selon l’AIE, de l’ordre de 80 milliards d’euros par an sur la période 2016-2040, soit environ 5 % des coûts annuels totaux de production d’électricité (en retenant l’hypothèse d’un déploiement mondial renforcé des technologies numériques disponibles dans toutes les centrales électriques et infrastructures de réseau).

L’exploitation des données, notamment au travers de la maintenance prédictive, pourrait réduire les coûts d’exploitation et de maintenance dans la production comme dans la distribution et, en bout de chaîne, le prix de l’électricité. Une réduction du prix de l’électricité de 5 % se traduirait par des économies de 20 milliards de dollars par an pour les consommateurs.

A long terme, l’une des retombées potentielles la plus importante de la numérisation dans le secteur de l’électricité est « probablement la possibilité de prolonger la durée de vie opérationnelle des centrales électriques et des composants de réseau, grâce à une maintenance améliorée et à une réduction des contraintes physiques sur les équipements ». La prolongation de la durée de vie de tous les actifs énergétiques, rendue possible par la numérisation, permettrait de réduire l’investissement dans les centrales électriques de 34 milliards d’euros par an et celui dans les réseaux de 20 milliards d’euros par an.

Des systèmes interconnectés 
numériquement

Le plus grand potentiel de transformation numérique de l’énergie réside dans le brouillage de la distinction entre production et consommation au travers de quatre leviers : la flexibilité, l’intégration de sources d’énergie renouvelables, la mise en œuvre d’une tarification intelligente pour les véhicules électriques ainsi que l’émergence de ressources électriques décentralisées à petite échelle comme le photovoltaïque domestique.
L’AIE souligne l’interdépendance de ces quatre « opportunités : la réponse à la demande sera essentielle, par exemple, pour fournir la souplesse nécessaire à l’intégration d’une plus grande quantité de production à partir d’énergies renouvelables intermittentes.

Les systèmes intelligents de réponse à la demande pourraient fournir 185 GW de flexibilité, ce qui équivaut à peu près à la capacité de fourniture d’électricité actuellement installée en Australie et en Italie réunies. Cela permettrait d’économiser 270 milliards d’euros d’investissements dans de nouvelles infrastructures électriques qui auraient été autrement nécessaires.

En permettant aux véhicules électriques de se recharger quand la demande d’électricité est faible et l’offre abondante, les technologies intelligentes de recharge permettraient d’économiser entre 100 et 280 milliards d’euros (selon le nombre de VE déployés) entre 2016 et 2040.

 

 Créée en avril 2015, Think Smartgrids  (plateforme partenaire) a pour objectif de développer la filière Réseaux Électriques Intelligents (REI) en France et de la promouvoir en Europe comme à l’international.

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