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La plus grande batterie de stockage d’électricité se construit en Guyane

La France est définitivement entrée dans l’ère de l’hydrogène-énergie et du stockage de l’électricité. L’initiative d’Hydrogène de France (HDF) prouve une fois de plus que les énergéticiens français ont de grandes ambitions en matière de stockage massif d’énergie sous forme d’hydrogène et de valorisation des ressources renouvelables intermittentes.

Les responsables d’HDF ont en effet annoncé la construction d’une centrale solaire et d’une unité de stockage qui est appelée à devenir la plus grande batterie électrique au monde.

Un titre que la jeune société girondine pique au nez et à la barbe d’un des géants de la Silicon Valley.

Tendre vers l’indépendance énergétique de la Guyane

La Guyane, collectivité territoriale française située en Amérique du Sud, fait partie des zones non interconnectées au réseau électrique métropolitain (ZNI).

En d’autres termes, il s’agit d’un territoire électriquement isolé qui doit produire lui-même l’énergie qu’il consomme.

Depuis plusieurs années, des projets sont à l’étude afin de réduire la part des énergies fossiles polluantes dans le mix guyanais au profit des énergies renouvelables.

C’est dans ce contexte que s’inscrit le plus gros projet de stockage d’énergie renouvelable au monde.

Baptisé Centrale Électrique de l’Ouest Guyanais (CEOG), il s’agit d’une innovation qui combine une centrale de production d’énergie renouvelable à une solution de stockage massif d’électricité à base d’hydrogène.

Porté par la société HDF, ce projet permettra donc de favoriser le déploiement des énergies renouvelables et de réduire les désagréments liés à leur caractère intermittent.

“Les énergies éoliennes et solaires sont intermittentes, leur production varie en fonction du temps, de la météo. HDF Energy a trouvé une solution économiquement viable, une centrale électrique qui utilise l’énergie solaire et va la stocker massivement 7 jours sur 7, sous forme d’hydrogène, pour la restituer de manière stable, jour et nuit, à la population de l’Ouest Guyanais”, précise Sylvain Charrier, directeur du développement Outre-mer d’HDF, aux journalistes de France Info.

Les avantages du stockage électrique à base d’hydrogène

Installée dans les environs de la commune de Mana, au nord de la collectivité territoriale, la centrale solaire d’HDF affichera une puissance de 55 MW. Cette unité de production permettra de renforcer la part de l’énergie solaire dans le mix électrique guyanais (le soleil ne couvre aujourd’hui que 6% des besoins énergétiques du pays).

Le parc photovoltaïque du projet CEOG sera couplé à un double dispositif de stockage d’électricité : des piles à combustible (à base d’hydrogène) d’une puissance totale de 120 MWh ainsi qu’une batterie classique lithium-ion de 20 MWh.

Soit une capacité de stockage totale de 140 MWh : une puissance supérieure à celle déployée par Tesla en Australie-Méridionale.

HDF estime que les batteries lithium-ion ne sont pas adaptées au stockage d’énergie sur des temps longs : si elles sont capables de restituer de l’électricité rapidement, dans la milliseconde, elle s’avère en revanche inefficace pour des périodes supérieures à 5 heures. C’est la raison pour laquelle leur choix s’est porté sur la technologie de stockage sous forme d’hydrogène.

“Le principe consiste à séparer l’hydrogène de l’oxygène d’une molécule d’eau grâce à un courant électrique, au sein d’un électrolyseur. L’hydrogène obtenu est stocké sous pression dans des bouteilles adaptées. Enfin, en fonction des besoins des consommateurs, l’hydrogène stocké est recombiné avec l’oxygène de l’air au sein d’une pile à combustible pour produire de l’électricité et exclusivement de la vapeur d’eau. L’ensemble de ces briques (électrolyseur, stockage, pile à combustible) est appelé chaîne hydrogène”, explique HDF sur son site Internet.

Le stockage de l’électricité : un enjeu majeur de la transition énergétique

La CEOG, qui affiche un budget de 90 millions d’euros, devrait ainsi permettre de couvrir les besoins en électricité de 10.000 foyers. Sa mise en service est pour l’instant prévue à l’automne 2020 pour une période de 20 ans.

Ce projet répond à un des enjeux majeurs de notre transition énergétique : le développement des solutions de stockage d’électricité afin de favoriser l’intégration des énergies renouvelables intermittentes.

HDF espère ainsi développer des projets similaires dans d’autres pays (comme l’Australie, l’Indonésie ou la Malaisie).

 

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