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Autoconsommation : 40 000 foyers en 2018, 4 millions à l’horizon 2030

Si le nombre de foyers autoconsommateurs d’énergie électrique se situe aujourd’hui autour de 20 000, il pourrait atteindre les 600 000 en 2023 et les 4 millions en 2030.

En effet, après le lancement des offres d’autoconsommation aux foyers, l’année 2018 pourrait voir se multiplier les expérimentations d’autoconsommation collective. La blockchain s’invite également dans le sujet, contribuant à son essor.

Très attendues par la filière, la Commission de régulation de l’énergie a rendu publiques fin janvier une partie de ses décisions en matière de tarifs.

Sujet phare de ces dernières années, l’autoconsommation pourrait contribuer à transformer le système électrique jusqu’alors très centralisé. Fin 2017, 20 000 foyers produisaient eux-mêmes leur énergie pour une partie de leur consommation (autour de 20 %), selon Enedis.

Ils étaient seulement 8 000 en début d’année. Le nombre de foyers ayant opté pour l’autoconsommation est attendu de doubler tous les ans pour atteindre les 600 000 en 2023, selon Nicolas Couderc, l’un des directeurs d’EDF Énergies nouvelles.

C’est à l’occasion d’un séminaire sur l’autoconsommation d’électricité renouvelable organisé par la CRE, que Xavier Piechaczyk, membre du directoire RTE a tracé la perspective : « A l’horizon 2030, il pourrait y avoir 4 millions d’autoconsommateurs en France. Cela représenterait une production annuelle comprise entre 9 et 20 TWh, soit au maximum environ 4 % de la consommation électrique française ».

Une estimation confirmée par le Président d’Enedis et de Think SmartGrids, Philippe Monloubou, qui voit, à moyen terme, 10 % des consommateurs produire tout ou partie de l’électricité qu’ils consommeront. A titre de comparaison, il y aurait déjà 1,5 millions d’autoconsommateurs en Allemagne.

« Les foyers concernés économiseraient en moyenne 100 euros par an sur leur facture d’énergie », selon RTE. « Si c’est un point positif pour les consommateurs, ce n’est pas « neutre » pour le système électrique, notamment pour les gestionnaires du réseau qui sont rémunérés en fonction de la quantité de courant qu’ils transportent ».

Un cadre réglementaire et tarifaire en cours d’évolution

Une vaste concertation

Pour anticiper cette évolution « inéluctable et souhaitable », la CRE a lancé le 12 septembre, lors d’une conférence-débat qui a rassemblé plus de 600 acteurs, une vaste concertation de toutes les parties concernées : industriels, collectivités, consommateurs, gestionnaires de réseaux, parlementaires, énergéticiens.

Les cinq thèmes retenus pour ces ateliers étaient l’autoconsommation individuelle, l’autoconsommation collective, les mécanismes actuels de soutien, le cadre contractuel (complexe dans le cas de l’autoconsommation collective) et les offres de fourniture.

Suite aux ateliers, trois appels à contributions ont été lancés sur les sujets suivants : tarifs & offres de fourniture, cadre contractuel et mécanismes de soutien.

En parallèle, la CRE a également sollicité ses homologues européens, pour recueillir des données sur le développement de l’autoconsommation chez nos voisins européens et comparer les différents mécanismes de soutien et cadres de régulation mis en place.

La CRE présentera dans les prochaines semaines ses recommandations sur le cadre à donner à l’autoconsommation.

Une décision sur les tarifs attendus au premier semestre

Un des enjeux les plus sensibles est celui de la tarification. L’autoconsommation entraîne, en effet, des transferts de charge entre les autoconsommateurs et les autres consommateurs qui pourraient devenir significatifs si ce modèle se développait massivement et qui pourraient donc nécessiter de modifier certains dispositifs.

« Dans le système actuel, le développement de l’autoconsommation / autoproduction conduit à réduire l’assiette de perception de différentes taxes et contributions : la fiscalité générale (TVA), la CSPE ainsi que d’autres taxes, notamment locales. Par ailleurs, s’agissant du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité (TURPE), l’autoconsommation / autoproduction implique des transferts de charges des autoconsommateurs vers les autres utilisateurs des réseaux, liés à la diminution de la part variable de leur facture, sans pour autant que cela n’induise une diminution du dimensionnement des réseaux. Ceci pose ainsi la question de l’évolution de la structure du TURPE en prévision du possible développement de l’autoconsommation / autoproduction, au regard notamment de l’équilibre entre la part assise sur la puissance et celle assise sur l’énergie », selon le Ministère de l’Ecologie.

Le gouvernement précédent avait exonéré l’autoconsommation du paiement de la CSPE – qui finance les tarifs d’achat, la péréquation et les tarifs sociaux -, de la taxe sur la consommation finale d’électricité (perçue par les collectivités) et de la TVA.

L’impact financier est aujourd’hui modeste mais pourrait atteindre millions 650 millions d’euros si les 4 millions d’autoconsommateurs prévus étaient exonérés de taxes.

Ultime étape de la concertation, la CRE vient de lancer une consultation publique sur les sujets tarifaires.

Une décision sur la TURPE autoconsommation individuelle et collective est désormais attendue pour le 1er semestre 2018.

 

La suite du dossier consacré à l’autoconsommation en cliquant ici

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Créée en avril 2015, Think Smartgrids  (plateforme partenaire) a pour objectif de développer la filière Réseaux Électriques Intelligents (REI) en France et de la promouvoir en Europe comme à l’international.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Vous parlez d’AUTOCONSOMMATION … mais il faudrait préciser qu’en cas de coupure d’électricité …
    les panneaux solaires sont automatiquement déconnectés également ! donc, pas d’indépendance énergétique. On est piégés quelle que soit la formule choisie.
    Après un investissement “plein pot” (après 70 ans, il n’y a pas d’aide ! eh non !), économiser 100 euros pas an, c’est du bobard !

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