autoconsommation-solaire-jpg

Vers un boom de l’autoconsommation en France ?

L’entreprise Oscaro, qui a réalisé une levée de fonds de 30 millions d’euros, se diversifie en lançant Oscaro Power, un service destiné à accompagner les particuliers dans leurs projets d’autoconsommation énergétique.

Pour Emmanuel Flahaut, directeur des projets technologiques chez Oscaro, l’autoconsommation a un avenir en France si on accompagne intelligemment les particuliers. Interview. 

Comment expliquez-vous que l’autoconsommation chez les particuliers reste plutôt confidentielle en France ?

En effet, alors que l’on compte plus de 700 000 systèmes en autoconsommation au Royaume Uni ou en Italie et plus de 1,5 millions en Allemagne, en France le nombre d’installations en autoconsommation se montait à 20 000 fin 2017.

La principale raison de cette anomalie française réside dans le faible coût du kWh payé par le particulier : il est dans le bas de la moyenne européenne. Par conséquent, en France, il était jusqu’à maintenant plus « rentable » de vendre la totalité de sa production à des tarifs subventionnés importants, plutôt que d’autoconsommer.

Ce n’est plus le cas, c’est ce qui change avec la baisse des prix du matériel. Le solaire résidentiel est compétitif par rapport au prix de l’électricité soutiré au réseau même avec le coût de l’énergie français.

Il y a aussi le fait qu’il n’y a pas d’information auprès du grand public sur cette évolution en France, et c’est ce que propose aussi Oscaro Power : passer les bons messages, de façon claire, et basé sur des faits.

Pensez-vous que l’autoconsommation peut devenir l’une des composantes majeures des nouveaux réseaux d’énergie ?

Nous en sommes convaincus. Avec un coût complet du kWh solaire de l’ordre de 6cts/kWh pour une irradiation moyenne française, l’énergie solaire est déjà la plus compétitive de toutes les sources d’énergie pour le particulier.

Ce coût est celui des grandes centrales mais le particulier, en installant lui-même et en assurant la maintenance de son système, peut produire au même coût que les grandes centrales.

En effet, il économise les coûts de conception, d’installation, de maintenance mais aussi les frais financiers du fait du faible niveau d’investissement nécessaire. Celui-ci est de l’ordre de quelques milliers d’euros pour couvrir 40% de son besoin annuel.

Ainsi RTE, dans son bilan prévisionnel de 2017, prévoit 3,8 millions d’installations en autoconsommation à l’horizon 2035. (10 à 18GW selon le scénario).

Comment pensez-vous pouvoir convaincre les Français que l’énergie renouvelable domestique est un bon investissement ?

Avec les niveaux de prix auxquels nous arrivons à proposer des systèmes photovoltaïques à nos clients, incluant les plus grandes marques de matériel et les meilleurs garanties, le kWh produit revient à 6 centimes.

Les Français savent compter et sont pour beaucoup déjà convaincus de la rentabilité d’un investissement dans un système solaire domestique. Ils ne sont toutefois pour beaucoup pas conscients du fait qu’ils ont le droit de s’installer eux-mêmes leur système, qu’ils ont la capacité technique de le faire, et que les démarches administratives pour s’installer un système en autoconsommation sont simples. C’est surtout de cela qu’il nous faut les convaincre.

En plus, un système solaire valorise un bien immobilier avec un facteur 3 par rapport à l’investissement.

Comment arrivez-vous à baisser les prix des installations solaires ?

Le prix du matériel a largement baissé sur les 5 dernières années. Le vrai prix c’est 3 500 euros pour un système photovoltaïque complet de 3kWc, incluant fixations, panneaux, onduleur, coffret de protection et câble, le tout de la meilleure qualité.

Avec ce système, le particulier produit sur l’année autant d’électricité qu’il en consomme, hors besoins de chauffage. Son taux d’autoconsommation sera de l’ordre de 30 à 40% sans stockage.

Le particulier qui s’installe lui-même son système évite les surcoûts inhérents au travail de l’installateur qui va doubler ou tripler le coût du matériel pour financer son travail, son coût de commercialisation et son service après-vente ce qui est normal.

En autoinstallant, notre client divise donc par 3 voire plus le coût du système.

Notre objectif et notre clef pour baisser le coût des systèmes, c’est donc de fournir à notre client toutes les connaissances et le support dont il a besoin pour devenir son propre installateur.

Ce que nous faisons par la fourniture de kits « plug’N’play », de support téléphonique, de tutoriels qui autonomisent notre client dans son travail d’installation.

Vous travaillez par ailleurs sur un projet riche de potentiel : la transformation de véhicules à moteur thermique en véhicules électriques, en capitalisant sur le savoir-faire d’OscarLab dans le domaine des batteries au lithium. Le véhicule électrique est-il votre nouveau cheval de bataille ?

Le véhicule électrique est une nécessité pour réussir la transition écologique dont notre planète a besoin. En plus, il est plus confortable, plus performant et moins bruyant.

Le véhicule électrique est un important axe de développement, totalement lié dans l’ambition qui est la nôtre dans le domaine de l’énergie, dans notre vision de convergence entre les secteurs de la mobilité et de l’habitat : vers une « mobilité solaire ».

Le véhicule électrique peut être vu comme une batterie sur roue qui pourra se charger mais aussi se décharger dans les réseaux d’énergie du futur.

Lors de la création d’Oscarlab, nous avons privilégié un axe de travail sur le développement de kits d’électrification, modulaire et de haute performance, pour électrifier tout type de véhicule thermique.  Nous développons en interne certains des composants notamment les batteries ainsi que les systèmes informatiques embarqués, afin de maitriser le coût complet.

Dans ce développement, nous conservons notre ADN d’origine Oscaro : la réparabilité, le caractère ouvert (open source), la recherche du meilleur prix.

Nous avons prouvé cette approche sur plusieurs véhicules notamment le mythique land-rover Defender 110 aujourd’hui, 100% électrique !

Pour maximiser son autoconsommation, le détenteur d’un système solaire a deux leviers : décaler sa consommation vers les moments de production de son système, ou s’installer une batterie pour stocker en journée ce dont il aura besoin le soir. Et une batterie, il y en a justement une très grosse dans le véhicule électrique…

 

 

 

commentaires

COMMENTAIRES

  • L’auto-installation est possible, encore faut-il que le particulier soit bien conscient de ce qu’il peut attendre de son matériel.

    Répondre
commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

on en parle !
Partenaires
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective
20 nov 2015
Les principales causes de mortalité dans le monde : mise en perspective