Autoconsommation : objectif de 200 000 sites photovoltaïques en 2023

Un article signé Think smartgrids, site partenaire.

Au 1er trimestre 2021, Enedis compte plus de 100 000 clients raccordés en autoconsommation individuelle. À ces raccordements, il faut ajouter près d’une centaine d’opérations d’autoconsommation collective actives ou à venir courant 2021.

Les clients, particuliers ou professionnels, recourent à 99,5 % au solaire photovoltaïque pour leurs installations d’autoconsommation. La part des installations avec stockage représente près de 28 % du marché. Cette part était de 10 % en 2019.

Au 1er trimestre 2021, Enedis compte plus de 100 000 clients raccordés en autoconsommation individuelle. Le 1er trimestre 2021 est celui d’un record pour le photovoltaïque avec 546 Mégawatts (MW) supplémentaires raccordés.

Alors qu’en 2015, Enedis recensait seulement 3 000 installations d’autoconsommation individuelle, le rythme de raccordement a connu  une nette accélération, avec 52 000 installations fin 2019 (200 MW de capacité raccordés), 100 000 au premier trimestre 2021.

Le segment autoconsommation résidentielle (installations de moins de 9 KW) a représenté 85 % du nombre d’unités nouvellement raccordées (11 352 nouvelles installations) mais seulement 8 % de la nouvelle puissance installée.

Au rythme actuel, l’objectif de 200 000 sites photovoltaïques en autoconsommation avec un cumul de 450 MW à l’horizon de 2023, fixé par la par la programmation pluriannuelle de l’énergie de février 2020 devrait être atteint et même dépassé.

« Dans plus de 90 % des cas, observe Enedis, « le raccordement des installations en autoconsommation se fait chez un client déjà raccordé au réseau de distribution d’électricité. La mise en service est alors réalisée en 24h à 48h sur simple demande et par télé-opération grâce au compteur communicant. Linky étant équipé de fonctionnalités de comptage dans les deux sens, un seul compteur suffit donc désormais pour autoconsommer ».

Les tarifs réglementés d’utilisation du réseau de distribution d’électricité dans le cas d’opérations faisant appel à des dispositifs d’autoconsommation collective ont été actualisés en juillet dernier.

Ainsi pour l’électricité solaire, produite et distribuée localement, observe Tecsol,  le prix du transport est fixé à 1,03 c€/kWh pour des puissances inférieures à 6 kVA et 1,05 c€/kWh pour des puissances supérieures à 6 kVA.

Ces prix ne sont accessibles qu’aux consommateurs participant à une opération d’autoconsommation collective pour laquelle l’ensemble des participants sont en aval d’un même poste HTA/BT.

Dans les autres cas, le prix du transport est fixé à 3,4 c€/kWh. Pour les zones non interconnectées, les tarifs varient selon les régions.

89 % des installations solaires photovoltaïques individuelles réalisées en 2020  en autoconsommation

Selon Observ’ER (Observatoire des Énergies renouvelables), qui assure un Suivi du marché 2020 des installations solaires photovoltaïques individuelles,  avec 61 330 kW pour 29 130 installations, le segment des opérations de moins de 3 kW progresse de 33 % en 2020, et semble avoir été peu impacté par la crise sanitaire.

Le segment  de 3 à 9 kW est également en hausse de 27%, avec 60 110 kW pour 10 930 installations. 2020 marque donc une reprise sur ce segment en constante baisse depuis 2016.

La part d’installations en autoconsommation sur le segment inférieur à 3kW continue de croître (89% du marché en 2020), et parmi elles, le stockage gagne du terrain (28 % en 2020 contre 10 % en 2019) au détriment des opérations sans stockage avec injection de surplus.

Observ’ER évalue à 89 % la part des opérations faites en autoconsommation en 2020

« Depuis 2014, la montée en puissance de ce type d’installations sur le segment des particuliers a été particulièrement forte.  Au cours des sept dernières années, on évalue à près de 137 800 kW la part des installations photovoltaïques de 3 kW ou moins qui fonctionnent en autoconsommation ».

Observer constate aussi une progression  de 10 à 28 % de la part d’installations avec stockage parmi celles en autoconsommation. « La grande majorité des réalisations en autoconsommation (60%) sont réalisées sans équipement de stockage et avec une injection des surplus de production électrique.  La part des installations avec stockage représente près de 28 % du marché. Cette part était de 10 % en 2019 ».

Le chemin est encore long pour atteindre les 4 millions d’autoconsommateurs potentiels en 2030. Les marges de progression restent importantes avec un potentiel inexploité des toitures évalué par l’Ademe à 364 GW.

Croissance de l‘autoconsommation collective

Le nombre d’opérations d’autoconsommation collective est passé de 6 (44 participants)  fin 2018, à 21 (370 participants)  fin 2019,  pour atteindre 64  à la fin du second trimestre 2021, regroupant 784 participants (673 consommateurs et 111 producteurs), avec une puissance de production de 3362 KW (source : Enedis).

« Dans le cas d’opérations d’autoconsommation collective », observe Enedis, «  Linky permet d’organiser le partage de l’électricité produite localement (… ) Grâce au compteur communicant, l’entreprise relève les consommations et productions, calcule les parts de productions locales et partage ces données aux acteurs concernés que sont les fournisseurs d’énergie ».

La dernière programmation pluriannuelle de l’énergie de février 2020 prévoit, à l’horizon de 2023, 50 opérations : une ambition qui reste modeste.

 

Sources : 

commentaires

COMMENTAIRES

  • A terme c’est 100 % de la population en habitat individuel qui sera en autoconsommation avec stockage local et qui sera 100%autonome.

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        • Voici ce qu’écrit RTE sur l’autoconsommation : “Le gestionnaire du réseau électrique haute tension RTE, cité dans un rapport de France Stratégie de 2019, prévoit une hausse de l’autoconsommation dans les 10 prochaines années. En 2030, les installations en autoconsommation pourraient atteindre les 4 millions et représenter “10 GW de puissance installée, soit 7 % à 8 % de la puissance renouvelable totale à cette date”. Néanmoins, l’autoconsommation doit faire face à des défis de taille pour se développer.” 7 à 8 % de la puissance renouvelable en 2030. Ce n’est pas pour ce siècle que 100 % de la population sera en autoconsommation avec stockage local. Peut-être même pas dans le siècle suivant. Peut-être jamais. Et combien d’aides seront nécessaires à cette fin ? Que de défis aussi à surmonter ! https://www.hellowatt.fr/blog/chiffres-autoconsommation/

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          • Il n’y a pas un pingouin chez RTE ou ailleurs capable de dire aujourd’hui ce qui se passera à l’échéance de la fin de notre siècle. La seule chose que l’on peut estimer c’est la projection des courbes des différents critères qui font la technologie mise en pratique aujourd’hui tout en sachant que l’on n’est pas à l’abris d’une rupture technologique.
            Et la courbe de l’autoconsommation montre simplement que c’est la totalité de ceux qui le peuvent qui sont la limite de la série 100%. C’est à dire le plus probable, car je ne parie jamais que la pièce retombera sur la tranche.

          • Le “pingouin”, c’est Rochain le prophète. De toute façon, cette autoconsommation n’est que partielle, exige de fortes subventions (financées par les autres abonnés et contribuables) et nécessite un raccordement au réseau qui assure l’écoulement des surproductions occasionnelles et un approvisionnement sûr pour les journées déficitaires.

          • Mon pauvre Cochelin, le raccordement au réseau existe déjà …. aujourd’hui il passe par le linky
            Pour le reste toutes vos circonvolutions ne changent rien au fait qu’il s’agit d’un producteur d’électricité de plus et que vous n’avez que le mot de subvention à la bouche dès qu’il s’agit de renouvelable alors que le producteur le plus subventionné c’est le nucléaire…. on va les payer comment les 600 millions d’euros d’indemnité de retard à la Finlande et le trou laissé par cet EPR vendu 3,4 milliards d’euros mais qui en a couté plus de 7,5 à construire ? Et je ne vous parle pas de Flamanville …..ni des 8 tentatives dans l’aventure des surgénérateurs ….

  • La “population en habitat individuel “, c’est celle qui habite des maisons individuelles, dont la consommation d’énergie est supérieure à la moyenne des résidences principales et donc des logements en habitat collectif. Avoir trop la tête dans les étoiles peut empêcher de voir certaines réalités bien terre à terre.

    En 2019, en France métropolitaine, il existait 12.831.000 appartements et 16.504.000 maisons individuelles pour un total de 29.335.000 résidences principales. La consommation du secteur résidentiel, pour tous usages et toutes sources d’énergie a été de 422,0 TWh.

    En moyenne, la consommation d’énergie en 2019 a été de 9.728 kWh pour un appartement, de 18.005 kWh pour une maison individuelle et de 14.384 kWh pour l’ensemble des résidences principales.

    Pour la seule électricité spécifique, les valeurs respectives sont 1.756 kWh – 2.916 kWh – 2.409 kWh.

    Mais un logement consomme aussi de l’énergie pour la cuisson, l’eau chaude sanitaire (ECS) et surtout le chauffage. Davantage dans tous les cas pour une maison individuelle que pour un appartement, plus du double pour le chauffage.

    Répondre
  • L’autoconsommation de sa production d’électricité ne veut pas dire autonomie de sa consommation d’électricité et encore moins de sa consommation totale d’énergie, ne serait-ce que pour l’habitat. Ceci pour se limiter au secteur résidentiel qui n’a représenté que 28,6 % de la consommation d’énergie en 2019 : 463 TWh sur 1.621 TWh, hors usage non énergétique de 156 TWh.

    Maintenant, “à terme”, serait-il possible pour une maison individuelle, équipée de panneaux photovoltaïques, d’être autonome avec autoconsommation et stockage, a différents niveaux : électricité spécifique seule, toute l’électricité, tous les usages d’un logement (y compris cuisson, ECS, chauffage, climatisation) ?

    Pour se limiter à un cas favorable (et en limitant la part du chauffage), prenons celui de la production photovoltaïque à Narbonne, aux Roches Grises. Les valeurs mensuelles se trouvent ici :

    https://ec.europa.eu/jrc/en/pvgis

    Voir au choix : “Grid-connected PV systems” ou “Off-grid PV systems”

    Bien qu’il ne s’agisse que d’une valeur moyenne, la consommation d’électricité spécifique d’une maison individuelle est de 2.916 kWh par an, avec une moyenne apparente de 243 kWh par mois (en réalité plus forte en hiver, plus faible en été).

    Une installation optimisée de deux kWc à Narbonne, produisant 2.934 kWh par an, devrait suffire, en apparence. En fait, le besoin en hiver est plus important et la production mensuelle plus faible : seulement 172 kWh en novembre (Narbonne, 2 kWc).

    Ainsi, pour être autonome chaque mois de l’année, pour la seule électricité spécifique, il faut compter sur une installation de 3 kWc (un peu juste), produisant 258 kWh lors du mois le plus faible de l’année (465 kWh en juillet).

    Pour le reste … ?

    Pour le stockage, chaque cas est particulier. Pour le déterminer, il faut disposer de données au moins horaires sur la production PV et la consommation pendant plus d’un an.

    Répondre
    • On est bien d’accord Marguerite, et rien empêche d’avoir une installation de 4 kWc ou même 5 ou plus, et bien que cela soit déjà possible aujourd’hui, j’ai bien pris soin de préciser “A terme”, mais uniquement pour des considérations économiques.
      Bien vu pour les Roches grise 😉

      Répondre
  • Ce n’est pas de l’autoconsommation. C’est tout simplement de l’électricité que l’on prend quand il y en a et que l’on en a besoin. Le reste du temps, elle part sur le réseau ou bien c’est le réseau qui alimente le consommateur.
    L’autoconsommation véritable est celle que l’on fait en se séparant définitivement du réseau.

    Répondre
    • Monsieur Fluchere a en plus des problèmes de vocabulaire
      .L’autoconsommation peut être partielle ou totale tout simplement. Il ne faut pas confondre autoconsommation et autosuffisance.

      Ce que vous appeler autoconsommation “véritable” (?) c’est l’autosuffisance.

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