Pour l’AIE, le déclin du nucléaire compromet la lutte contre le réchauffement climatique

La baisse de la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial est une tendance qui pourrait avoir des effets négatifs sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Pire, la sortie rapide du nucléaire décidée par des pays comme l’Allemagne pourrait compromettre l’atteinte des objectifs de la transition énergétique mondiale.

C’est en tout cas ce qu’estime l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) dans son dernier rapport, “L’énergie nucléaire dans un système énergétique propre”.

Le nucléaire, une énergie en perte de vitesse

Dans son dernier rapport publié le 28 mai, l’AIE constate que l’énergie nucléaire est une ressource énergétique en perte de vitesse : le vieillissement du parc nucléaire mondial et le faible nombre de projets électronucléaires en cours de construction entraînent une réduction de la part de l’atome dans le mix électrique mondial.

C’est pourtant la tendance inverse qui serait souhaitable dans le cadre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

“L’énergie nucléaire contribue aujourd’hui de manière significative à la production d’électricité. Elle a assuré la production de 10% de l’électricité mondiale en 2018. Dans les économies avancées, elle représente 18% de la production électrique et constitue la principale source d’électricité à faible émission de carbone. Toutefois, sa part dans l’approvisionnement mondial en électricité a diminué ces dernières années (…). Cette tendance a donc freiné la transition vers un système électrique propre : malgré la croissance de l’énergie solaire et éolienne, la part des énergies décarbonées dans le mix électrique mondial en 2018, 36%, est la même qu’il y a 20 ans”, expliquent les auteurs du rapport.

De l’importance du nucléaire dans la transition énergétique mondiale

L’AIE estime que pour accélérer la décarbonation de notre société, et notamment du secteur de la production d’électricité, il est aujourd’hui indispensable d’enrayer la chute de nucléaire.

D’autant plus qu’il s’agit d’un outil quasiment indispensable pour contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport à la période préindustrielle : sans nucléaire, les experts de l’AIE estiment en effet que l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris coûtera beaucoup plus cher et demandera des efforts trop importants à la communauté internationale.

Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence, appelle ainsi les gouvernements à modifier leurs politiques énergétiques et à reconsidérer le rôle du nucléaire dans le secteur de la fourniture d’électricité.

Si la tendance au déclin se confirme, le parc électronucléaire mondial verra sa puissance diminuer de plus de 60% au cours des 20 prochaines années… ce qui risque d’augmenter les émissions de dioxyde de carbone.

“Pour atteindre une trajectoire compatible avec les objectifs de durabilité – y compris les objectifs climatiques internationaux – l’expansion de l’électricité propre devrait être trois fois plus rapide qu’actuellement. Il faudrait que 85% de l’électricité mondiale provienne de sources propres d’ici 2040, contre seulement 36% aujourd’hui. Outre des investissements massifs dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, cette trajectoire nécessite une augmentation de 80% de la production mondiale d’énergie nucléaire d’ici 2040”.

Favoriser l’électricité bas-carbone

L’AIE formule ainsi diverses recommandations aux pays qui décideraient de conserver le nucléaire dans leur mix électrique.

La première préconisation est d’autoriser l’extension de la durée de vie des réacteurs nucléaires existants à l’heure où un quart des réacteurs du parc nucléaire mondial pourraient être fermés d’ici 2025.

Qualifiée de “cruciale”, cette démarche doit bien évidemment être initiée au regard de la sûreté des installations concernées.

“Des facteurs économiques sont également en jeu. La prolongation de la durée de vie est beaucoup moins coûteuse que la construction de nouvelles centrales. Il s’agit d’une option généralement concurrentielle par rapport aux autres technologies de production d’électricité, y compris les nouveaux projets éoliens et solaires”.

L’AIE plaide également pour l’instauration de diverses mesures qui permettrait de favoriser à moindre coût la remise aux normes des réacteurs nucléaires actuellement en activité : instauration de bas prix de l’électricité décarbonée sur les marchés de gros, instauration d’une véritable taxe carbone, baisse de la tarification de l’eau nécessaire au refroidissement des réacteurs…

Enfin, l’AIE attire l’attention des gouvernements sur l’importance de maintenir les compétences et l’expertise des professionnels du secteur nucléaire ainsi que sur l’intérêt que présente la technologie des petits réacteurs modulaires (plus faciles et moins chers à construire).

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