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Le charbon bientôt détrôné ?

Une étape a été franchie en 2015 : pour la première fois, la capacité de production d’énergies renouvelables a dépassé celle du charbon, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Bilan et perspectives.

Et si 2017 était l’année de la prise de conscience des grands changements climatiques dans le domaine énergétique ? Les signaux sont en tout au cas tous au vert. Premier indice, et de taille : selon l’AIE, pour la première fois de l’Histoire, 2015 a été l’année où, à l’échelle de la planète, les investissements en matière d’énergies renouvelables ont rattrapé ceux liés au charbon. C’est donc, si la tendance se confirme, la fin d’une domination sans partage. Toujours selon l’AIE, la capacité de production des énergies renouvelables va devenir exponentielle dans les années à venir. Fatih Birol, directeur général de l’AIE, l’a clairement affirmé en novembre 2016 dans un communiqué : « Nous distinguons des gagnants indiscutables pendant les 25 prochaines années : le gaz naturel, mais surtout l’éolien et le solaire, qui remplaceront le champion des 25 années précédentes, le charbon ». Pour élaborer ses prévisions, l’Agence a analysé les « contributions déterminées au niveau national » présentées par les pays présents à la COP21. Elle précise : « environ 60% de la nouvelle capacité de production d’énergie électrique en 2040 dans notre scénario principal provient des renouvelables ».

La Chine, moteur de la transition

Ce probable avenir radieux des énergies renouvelables est rendu possible grâce aux économies émergentes dans lesquelles l’éolien et le photovoltaïque connaissent une progression sensible. A commencer par la Chine, confrontée à des vagues de pollution chroniques, qui concentre à elle seule près de la moitié des nouvelles installations renouvelables. Chiffre impressionnant : l’an passé, l’Empire du Milieu a installé deux turbines d’éolienne… par heure ! Pour l’AIE, ce (grand) bond spectaculaire est directement lié aux progrès techniques mais surtout à la baisse du coût de la production des ENR. Depuis 2010, le solaire a enregistré une baisse de 85 % ; une chute de 25 % est de nouveau prévue d’ici 2022. Idem pour l’éolien terrestre qui devrait connaître une baisse de ses coûts de production de 15% dans cinq ans.

L’Inde est également sur le podium des pays qui changent la donne. Le 27 décembre 2016, les autorités de New Delhi ont annoncé qu’elles espéraient faire mieux que promis dans leur conversion aux énergies renouvelables. Ce géant asiatique (plus d’un milliard d’habitants), qui dépend aujourd’hui largement du charbon, prévoit de renverser la vapeur. Si bien que dans dix ans, 57% de son énergie pourrait venir de sources renouvelables !

Ces bonnes nouvelles pour la planète démontrent que l’Asie prend la tête du développement des énergies vertes. « La concurrence entre les renouvelables et le gaz et surtout le charbon en Asie est le facteur déterminant qui fera que la lutte contre le changement climatique sera gagnée ou perdue », a d’ailleurs prévenu Paolo Frankl, directeur à l’AIE.

« King Coal » n’est pas mort

Que les inconditionnels des ENR ne crient cependant pas victoire trop vite… Car en termes de production d’énergie, le charbon représente encore 40 % de la production mondiale, contre 23 % pour les renouvelables, dont les deux tiers proviennent des traditionnels barrages hydroélectriques. D’ici 2021, cette part devrait grimper à 28 % de la production d’électricité mondiale. Ces perspectives dépendent évidemment des politiques énergétiques menées par chaque pays, à l’heure où d’autres alternatives comme la géothermie (exploitation de la chaleur en sous-sol) pâtissent de la baisse des prix des énergies fossiles et où l’exploitation de l’énergie maritime n’en est encore qu’à une phase embryonnaire …

En 2015, 500 000 panneaux solaires ont été installés, chaque jour, dans le monde. Rendez-vous dans quelques années pour constater, peut-être, que ce chiffre n’était finalement pas si impressionnant que ça…

 

 

 

 

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COMMENTAIRES

  • L’AIE aurait-elle adhérée à la secte des intégristes antinucléaires auprès d’EELV et de Greenpeace ?
    Car si les énergies renouvelables se développent, il s’agit essentiellement d’éolien et de solaire donc d’énergies intermittentes.
    Sauf découverte majeure, on se heurtera au fait que l’on ne sait pas équilibrer la production et la consommation avec plus de 30% de ces énergies intermittentes. Et en deçà de ces 30%, il faut des énergies « pilotables » capables de compenser les sautes d’humeur du vent et du soleil. Si on ne veut pas de centrales au charbon ni au gaz (qui émet à peine un peu moins de CO2 que le charbon, donc n’est pas une énergie propre !), il reste le nucléaire et l’hydraulique.
    Et sauf à habiter en Norvège, où l’hydraulique est roi, il ne reste plus que le nucléaire !
    L’AIE, pour laquelle le nucléaire est tabou, se décrédibilise en tant qu’Agence internationale.

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