secteur électrique

Quel bilan pour le secteur électrique français en 2016 ?

Comme chaque année, le mois de février sonne l’heure du bilan pour la filiale d’EDF en charge de la gestion du réseau public de transport d’électricité haute tension. RTE a en effet publié le 15 février son traditionnel « Bilan électrique français » qui revient, chiffres à l’appui, sur les faits marquants de l’année écoulée en termes de production et de consommation d’électricité dans l’Hexagone. Parallèlement, un second rapport centré sur le secteur renouvelable français était publié. Un document qui revient également sur les tendances qui ont marqué le secteur renouvelable français en 2016. Production, consommation, efficacité énergétique, échanges transfrontaliers : retour sur les « faits électriques » qui ont marqué la France l’an passé.

Une légère hausse de la consommation d’électricité

2016 est une année qui pourrait se résumer en un seul constat : le secteur électrique tricolore a été marqué par une baisse de la production… mais par une hausse de la consommation. Le bilan électrique de RTE nous apprend en effet que les Français ont consommé 418 TWh d’électricité, soit une hausse de 1,5% par rapport à 2015. Dans un même temps, la production totale d’électricité s’est élevée à 531,3 TWh, soit 2,8% de moins qu’en 2015.

La hausse de la consommation brute d’électricité en 2016 s’explique par les températures moyennes inférieures de 0,8 degré par rapport à 2015. Comme le rappelle RTE, en période hivernale une variation d’un degré Celsius entraîne un appel de puissance supplémentaire de 2.400 MW sur le réseau. La filiale d’EDF indique également que 2016 était une année bissextile. « Corrigée des aléas climatiques, la consommation française reste stable (473 TWH) », une tendance que l’on constate depuis maintenant 6 ans tant chez les particuliers que dans le secteur de l’industrie.

Les auteurs du rapport soulignent un fait important : la hausse de consommation attribuée à l’usage renforcé d’appareils électroniques et à l’augmentation du nombre de foyers sur le territoire, a été compensée par un renforcement de l’efficacité énergétique. Mais le potentiel français n’en reste pas moins encore important : « pour un foyer français moyen, en regard de son équipement aujourd’hui, s’il était équipé avec tous les appareils électroménagers les plus performants sur le plan énergétique, on pourrait encore diminuer par deux la consommation de ce parc de matériel », explique Olivier Grabette, directeur général adjoint Prospective, expertise et solutions de RTE.

C’est le vendredi 8 janvier qu’a été constaté le pic de consommation électrique pour l’année 2016. La puissance sollicitée par la demande en électricité s’est élevée à 88.571 MW, un chiffre cependant loin du record historique atteint lors de la vague de froid de février 2012 (102.100 MW). La puissance minimum est intervenue le 7 août 2016 et s’est élevée à 30.584 MW.

Une production à la baisse

La baisse des performances du parc électrique français (531,3 TWh produit, soit – 2,8% par rapport à 2015) s’explique principalement par la baisse de production du parc nucléaire et de la puissance installée des centrales au charbon et au fioul.

En novembre dernier, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) demande l’arrêt de plusieurs réacteurs afin de mener des opérations de contrôle et de maintenance (jusqu’à 21 réacteurs sont stoppés simultanément). Cette décision entraîne un déficit conséquent sur la production nucléaire française : en 2016, l’atome génère au total 384 TWh, soit un volume en baisse de 7,9% par rapport à l’année précédente.

Conséquence directe de la baisse de la production électronucléaire : le solde des échanges transfrontaliers d’électricité accuse une baisse de 36,6%. S’établissant à 39,1 TWh, la France reste cependant exportatrice d’électricité avec, « pour la première fois depuis février 2012 », un solde d’échange légèrement importateur au mois de décembre. RTE souligne l’importance de l’interconnexion avec l’Espagne, qui aura permis de doubler les capacités d’échange (2.425 MW en export et 1.950 MW en import).

La baisse de la production électrique française s’explique également par la fermeture de la centrale au fioul d’Aramon ainsi qu’un recours moindre aux énergies fossiles polluantes. En 2016, la production issue des centrales au charbon et au fioul a respectivement baissé de 15,4% et de 13,1%.

Une place confortée pour les énergies renouvelables

Pour la troisième année consécutive, la France a accueilli une nouvelle puissance de production renouvelable supérieure à 2.000 MW : en 2016, ce ne sont pas moins de 2.188 MW de puissance 100% renouvelable qui ont été raccordés à notre réseau électrique. Le parc renouvelable tricolore s’élève désormais à 45.842 MW, pour une production de 94,7 TWh en 2016. Cette production a notamment permis de couvrir 19,6% de la demande nationale (soit 0,9 points de plus qu’en 2015).

« Des conditions météorologiques particulières (fortes pluies au printemps, été ensoleillé et sec, voire caniculaire) ainsi que l’augmentation des capacités de production expliquent en grande partie cette évolution », indique le Panorama de l’électricité renouvelable. Il s’avère en effet que les bonnes performances du secteur renouvelable sont à mettre sur le compte de l’hydraulique et du solaire. L’éolien accusant en effet une baisse de régime.

Grâce à une puissance installée totale de 25.200 MW, l’hydraulique reste la première source d’énergie électrique renouvelable de France. Le parc hydroélectrique tricolore a en effet permis de générer 63,9 TWh, soit 8,2% de plus qu’en 2015. L’énergie solaire fait également figure de bon élève avec une augmentation de 22,3% de sa production (8,3 TWh produit) malgré une part limitée dans notre mix électrique (1,6%).

La puissance éolienne raccordée au réseau en 2016 s’élève à 1.350 MW, un niveau record qui devance les performances de 2009 (1.246 MW) et de 2014 (MW). Malgré cette hausse de 13% de ses capacités installées, le secteur éolien français accuse une légère baisse de sa production : avec 20,7 TWh d’électricité produite en 2016, les turbines françaises ont généré 1,8% d’électricité de moins qu’en 2015. Cette diminution est à imputer aux conditions météorologiques défavorables de la fin d’année (septembre et décembre 2016 ont été des mois particulièrement peu venteux).

90% de l’électricité produite en France est aujourd’hui totalement respectueuse de l’environnement : grâce à un mix électrique basé sur les énergies renouvelables et le nucléaire, l’énergie électrique générée en France n’émet pas de dioxyde de carbone et ne contribue donc pas au réchauffement climatique. Le bilan électrique de RTE permet donc de mettre en avant les vertus de notre système électrique et les premiers effets de la transition énergétique. Des résultats qui devraient s’accentuer au cours des années à venir : « le vent, les courants liés aux marées, les vagues… ces sources d’énergies marines offrent un grand potentiel. Leur intégration dans le système électrique contribuera à la réussite de la transition énergétique et au développement d’une nouvelle filière industrielle », estime le gestionnaire du réseau français.

 

Crédit photo : @EDF – Bruno Conty

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