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La Région Île-de-France lance son Grenelle de la précarité énergétique

À l’heure où les ménages français les plus pauvres voient s’accentuer les difficultés rencontrées dans la maîtrise de leurs consommations, la région Île-de-France a décidé de lancer son Grenelle de la précarité énergétique. Reconnu comme étant une des conditions sine-qua-none pour favoriser l’émergence d’un nouveau système énergétique plus responsable de l’environnement, la lutte contre cette précarité est aujourd’hui replacée au centre des préoccupations énergétiques et sociales de la région francilienne. Explications.

Fédérer les acteurs régionaux dans la lutte contre la précarité énergétique

La précarité énergétique désigne la situation d’un ménage français qui consacre plus de 10% de ses revenus au règlement de ses factures énergétiques. Aujourd’hui, ce phénomène toucherait près de 900.000 citoyens d’Île-de-France. Selon les chiffres issus de l’enquête logement de l’Insee, la part des ménages franciliens qui seraient confrontés à des difficultés pour régler leurs factures d’électricité et de chauffage s’élèverait entre 7 et 10%.

“Il s’agit en majorité de modestes propriétaires de maisons anciennes, mal isolées, ou de personnes âgées, vivant seules et se chauffant souvent au fuel. Ou encore de familles monoparentales et de locataires du parc social, équipés en chauffage collectif”, explique Lucile Mettetal, chargée d’études à l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) de la région.

Face à ce constat, le Conseil Régional s’est engagé en juillet dernier à lancer un dispositif associant l’ensemble des parties prenantes autour de la lutte contre la précarité énergétique. Un engagement qui ne tardera pas à être honoré : le 27 février dernier est officiellement lancé le Grenelle régional de la précarité énergétique en présence d’une centaine d’acteurs de divers bords.

Il s’agit d’un “processus de large concertation inspiré du modèle de gouvernance qui avait présidé aux débats du Grenelle de l’environnement.[…] Focalisé sur la problématique de la lutte contre la précarité énergétique, ce Grenelle régional réunira des élus locaux représentants des différentes collectivités franciliennes en s’appuyant notamment sur l’Association des Maires de l’Île-de-France, des organismes publics et parapublics intervenant sur ces problématiques, des professionnels du bâtiment, des établissements de crédits, et des associations accompagnant les propriétaires et les locataires”.

L’objectif de ce Grenelle est simple : il s’agit de mieux lutter contre le phénomène de précarité énergétique en renforçant son repérage, en améliorant l’articulation des dispositifs déjà existants et en industrialisant les solutions de travaux afin de “changer d’échelle”. D’ici la fin de l’année, cette démarche qui mêle enjeux socioéconomiques, sanitaires et énergétiques doit aboutir à des propositions d’actions qui seront inscrites dans le programme régional pour l’efficacité énergétique.

Un nouveau dispositif pour explorer des pistes de lutte contre la précarité énergétique

Le premier axe de travail sera de mieux repérer et d’orienter plus efficacement les populations en situation de précarité énergétique. L’enjeu sera notamment de repérer les personnes qui ne connaissent pas les dispositifs existants et qui ne sollicitent pas les aides d’État. “Ce repérage représente un travail de fourmi et débouche sur des visites à domicile pour travailler avec l’habitant sur sa facture et l’orienter vers une solution adaptée”, explique Bouchra Zeroual, responsable de projets au sein du Comité de Liaison Énergies Renouvelables.

Au-delà des aides individualisées, l’action du Grenelle de la précarité énergétique devra également s’orienter vers une mobilisation plus efficace des différents acteurs publics et privés. Il s’agira en effet de s’inspirer du modèle de gouvernance qui avait présidé aux débats du Grenelle de l’Environnement en associant des élus locaux, des représentants de l’administration, des syndicats de salariés, des employeurs ainsi que des associations. L’objectif est bien évidemment de définir un modèle vertueux en matière de circulation de l’information et d’élaboration de préconisations d’actions.

Enfin, un troisième axe de travail consistera à améliorer la maîtrise économique des projets de rénovation énergétique, que ce soit sur les modalités de financement en amont comme sur les contrôles de l’économie d’énergie réalisée en aval.

“Sur la partie amont, le financement des travaux de réhabilitation peut s’avérer assez complexe car il s’agit de monter des dossiers avec des propriétaires occupants qui sont parfois en grande difficulté financière. Et, s’il est vrai que les aides octroyées peuvent atteindre 80% du montant total des travaux dans certains cas, le reste à charge est considéré par certains de nos interlocuteurs comme un frein au passage à l’acte. En aval, et pour ne prendre que cet exemple, l’augmentation des prix de l’énergie peut, dans certains cas, compenser la baisse des consommations et replonger le ménage dans une situation similaire”.

Un Grenelle pour rattraper le temps perdu ?

La lutte contre la précarité énergétique est un phénomène dont les enjeux s’inscrivent de manière transversale dans divers secteurs de notre économie. Il s’agit en effet d’un levier de l’amélioration énergétique de l’habitat individuel, permettant de réduire les émissions de dioxyde de carbone du bâtiment. Mais il s’agit également d’un sujet qui touche à l’amélioration des conditions sanitaires de vie des citoyens français.

“La prise en charge par les politiques publiques demeure encore trop limitée à ce jour, et cela malgré la lourdeur des dépenses qu’elle implique pour les ménages touchés”, estime dans un rapport le groupe UDI en charge de la création du Grenelle.

La notion de précarité énergétique émerge à la fin des années 90, mais ce n’est que plus tard qu’elle est identifiée au niveau gouvernemental. “C’est en septembre 2009 que Valérie Letard, alors Secrétaire d’Etat chargée des Technologies vertes et des négociations sur le Climat auprès du Ministre de l’Ecologie, Jean-Louis Borloo, a installé dans le cadre du Plan bâtiment Grenelle, secteur représentant 40% des consommations d’énergie, et 25% des émissions de gaz à effet de serre, un groupe de travail spécifique sur cette question”.

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