Pourquoi la commande publique doit privilégier le bois de proximité

Au-delà de ses bénéfices climatiques et environnementaux, le choix stratégique du recours au bois dans les marchés publics de construction soutient les filières locales, l’emploi et la création de valeur dans les territoires. Des arguments de poids pour convaincre les collectivités de s’engager dans cette voie.

Comme matériau de construction, le bois affiche un net avantage climatique face à la plupart de ses concurrents – au premier chef le béton et le ciment, dont la production mobilise massivement eau et ressources fossiles.

Le bois dans la construction, atout climatique reconnu

Les réglementations en vigueur, notamment la réglementation environnementale 2020 (RE 2020), fixent désormais des seuils progressifs d’émissions de carbone maximales pour le secteur du bâtiment. Cette exigence de performance favorise mécaniquement le recours à des matériaux ayant une empreinte carbone plus faible, comme le bois ou les autres matériaux biosourcés, en particulier pour les édifices publics. De plus, préférer une ressource de proximité plutôt que d’importation réduit notamment les émissions liées au transport.

Bois de proximité et retombées économiques

Mais les bénéfices ne se limitent pas à la question environnementale. Choisir un bois issu de forêts françaises génère des retombées économiques sur l’ensemble du territoire concerné, en mobilisant des prestataires de proximité pour l’exploitation, la transformation et la mise en œuvre. Les fonds investis pour un équipement public irriguent ainsi le bassin local, stimulant l’activité et l’emploi.

La filière forêt-bois s’emploie à diffuser ces arguments auprès de l’ensemble des acheteurs publics (communes, intercommunalités, départements, régions) pour les encourager à privilégier le bois français.

Mesurer l’impact local avec ART

Ce programme a donné naissance à un indicateur des bénéfices locaux des projets de construction publique : l’ART, pour « Analyse des retombées territoriales ». Exprimé en pourcentage, il évalue la part de l’investissement public bénéficiant au territoire, pondéré par les émissions de CO₂ évitées, les surfaces forestières gérées durablement et les emplois créés ou maintenus.

Cet indicateur peut ainsi inciter la commande publique à privilégier un matériau de construction favorable à l’environnement et à l’activité locale.

« Les élus souhaitent construire en bois pour remplacer des matériaux plus énergivores, utiliser du bois local, tracé, récolté et transformé à proximité de leurs projets. (…) Il s’agit donc de mettre en œuvre le bois local en évitant le bois d’importation », défend Angéline Fourchaud, chargée de mission chez Communes Forestières France, dans une interview donnée à La Lettre B.

Accompagner les collectivités dans leurs projets

Une fois convaincus de l’intérêt de cette stratégie, ont souvent besoin de conseils pour mettre en œuvre concrètement leurs projets. Au-delà des initiatives portées par les communes forestières, c’est tout un écosystème qui se mobilise pour guider les décideurs publics.

Les associations régionales de la filière (réseau Fibois), les Conseils d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) ou encore les agences techniques départementales apportent leur expertise.

Ces acteurs déploient des réseaux de prescripteurs et de chargés de mission, qui, présents localement, accompagnent et forment les techniciens et les élus, à chaque étape du projet : de la conception à la réalisation, en passant par la commande publique et le choix des prestataires. Ils apportent à la collectivité leur connaissance fine des dynamiques en jeu, des réglementations, des contraintes techniques et des acteurs locaux.

Fédérer un territoire

La commande publique est d’ailleurs un important levier de soutien à cette filière forêt-bois, vertueuse tant sur le plan climatique qu’économique. Pour Angéline Fourchaud, ce type de chantier est ainsi l’occasion « de faire de la pédagogie, de montrer aux citoyens que la récolte forestière sert à construire durablement, que le bois mis en œuvre sur le chantier a été produit et transformé localement ».

Un bâtiment public en bois local devient ainsi une œuvre collective, reconnue comme telle. Au-delà de ses bénéfices climatiques et économiques, il fédère un territoire autour d’un projet porteur de sens, aligné avec les enjeux de notre siècle.

commentaires

COMMENTAIRES

  • Rarement je n’ai été aussi enthousiaste de lire des propos aussi justes. Ils ciblent le bois, ce sont les déchets de bois qui nous intéressent déchets de bois A ou B cela ce fait guère de différence au plan du process de gazéïfication que nous utilisons, fruit de plus de 50 années d’expériences successives pour approcher la bonne solution. Pourquoi cet enthousiasme ? Parce que nous sommes en général concentrés sur des arguments techniques factuels, vérifiables et vérifiés, des arguments d’ingénieurs fiers de leur maitrise dans le domaine de la gazéïfication, un domaine littéralement sous surveillance rapprochée des energéticiens de France et des spécialistes du traitement des déchets. Les uns et les autres ont beaucoup à perdre en France sur des marchés où la concurrence est un mot vide de sens, autrement dit nous n’avons que fort peu de chance de survivre si nous continuons à persister dans notre volonté de vivre de notre travail dans le pays où nous sommes nés il y a, en moyenne plus de 70 ans. Il n’y a pas un pays plus fermé que la France s’agissant des différents moyens de produire de l’énergie en créant des emplois localement à côté mêmes des combustibles que nous utilisons, en économisant beaucoup de gas-oil brulé pour concentrer en masse les combustibles que nous recherchons. Pourquoi cette concentration que aucun argument ne tien la route. Faire gros pour gagner en cout d’investissement certes, mais en oubliant les conséquences économiques des couts de transport, en oubliant le respect de l’environnement, en passant sur les points de rendement perdus (oui, oui, démontrable tres facilement) , et ça va de pair, dans le domaine de l’électricité, les énormes consommations d’eau qui découlent des mauvais rendements obtenus dans les grosses installations. . ET de penser à la chanson de feu Guy Béart sur la Vérité et la nécessité d’éliminer ceux qui la propagent. Que nos ennemis se réjouissent. Nous avons déja un pied dans la tombe (mais un seul !). Je terminerais en soulignant la pertinence du dernier paragraphe de l’article proposé qui argumente d’une façon intelligente : « Un bâtiment public en bois local devient ainsi une œuvre collective, reconnue comme telle. Au-delà de ses bénéfices climatiques et économiques, il fédère un territoire autour d’un projet porteur de sens, aligné avec les enjeux de notre siècle. » C’est profondément juste, profondément honnête. Dans notre cas, nous poursuivons exactement cet objectif que nous poursuivons, non pas en construisant des ouvrages en bois, mais en valorisant les déchets qui sont générés sur les sites de fabrication des composants nécessaires à cette noble activité sous forme d’électricité pour alimenter les machines et de chaleur pour abaisser l’humidité de ces composants. Nous ne connaissons et tout ça sans faire voyager les déchets. Nous arrivons ainsi à des rendements qui se situent entre 80 à 90% de rendement voire plus si la chaleur est produite sous basse température. Qui peut prétendre à faire mieux tout en respectant la philosophie du message de ce jour ?

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  • Le bois de proximité est aussi une énergie pilotable, stockable et qui mieux utiliser pourrait permettre de très sérieuses économies de Gaz (Américain, Russe, Qatari !).
    De nos jours, avec les variations de production des ENRi, il faut de l’énergie pilotable en cas de faibles productions de celles-ci et/ou de l’effacement de consommation ! Tous les inserts et poeles vendus en France depuis des décennies maintenant ont une capacité de puissance installée phénoménale !!! Il suffirait juste de mieux synchroniser la consommation de bois avec les ENRi et les heures de pointes pour bien moins faire tourner les centrales à Gaz en France…

    Exemple : Les jours ou le vent souffle bien en Hiver ou en automne, nul besoin d’allumer un feu dans bien des logements équipés de poêles ou d’inserts et également chauffés à l’Elec (PAC ou convecteurs) ! Il faudrait que les « consommateurs » en soit averti ! A l’inverse les jours avec peu de vent, si massivement à travers la France, le chauffage au bois est augmenté alors les pointes se passeraient bien mieux !!!
    Le pilotage du Bois énergie permettrait de mieux consommer notre électricité et de moins consommer de bois in fine !!! (et de moins consommer de GAZ !!!)

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  • Le chauffage au bois par poêle ou insert a ses contraintes. J’en suis moi-même équipé. Il est nécessaire d’être très présent à son domicile, ce qui est loin d’être le cas pour la plupart des personnes. Et d’y passer un peu de temps. Et d’affronter quelques caprices au démarrage selon le vent à l’extérieur, et l’impact de la VMC qui peut perturber le tirage. Mais c’est un chauffage qui peut être très efficace.

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    • @Cochelin,
      Vous avez raison de pointer les quelques difficultés…
      Pour la présence, avec en France une population retraités de plus en plus grande, on devrait pouvoir compter sur une partie d’entre eux, d’une part. D’autre part le TAD (Travail à Domicile – télétravail) est aussi une solution et par grand froid, cela peut même éviter de chauffer 2 locaux à temps partiel… Bref, ce sont des choix politiques si on accepte ou pas certaines contraintes et aussi si on veut vraiment atteindre des objectifs…

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