Hydrolien : la France accélère sur l’électricité produite par les courants marins
Le gouvernement français veut donner un nouvel élan à l’énergie hydrolienne. Un projet de 250 MW de capacité doit être inscrit dans la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie. L’objectif : développer cette technologie encore émergente pour renforcer la transition énergétique et soutenir l’industrie maritime.
Un cap inédit pour l’hydrolien français
La France souhaite franchir une nouvelle étape dans le développement des énergies marines renouvelables. Le gouvernement prévoit d’intégrer 250 mégawatts de projets hydrolien dans la prochaine Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un document stratégique qui fixe les orientations de la politique énergétique nationale.
Il s’agit d’un volume inédit pour cette technologie dans l’Hexagone. Jusqu’à présent, les installations hydroliennes relevaient surtout de projets pilotes ou de démonstration. L’objectif est désormais de passer à une phase de déploiement plus large.
La France dispose d’un potentiel important dans ce domaine. Le pays représente déjà le deuxième gisement hydrolien en Europe, avec une capacité théorique estimée à environ 5 gigawatts.
Après plusieurs années d’expérimentations techniques et industrielles, cette source d’énergie pourrait donc prendre une place plus significative dans le mix énergétique français.
Des turbines installées au fond de l’océan
L’hydrolien fonctionne selon un principe proche de l’éolien, mais sous l’eau. Des turbines sont installées sur les fonds marins afin de capter l’énergie produite par les courants et les marées.
Le mouvement de l’eau entraîne la rotation des pales, ce qui permet de produire de l’électricité. Cette énergie est ensuite acheminée vers la côte grâce à des câbles sous-marins.
L’un des principaux atouts de l’hydrolien réside dans la prévisibilité de sa production. Contrairement au vent ou au soleil, les marées suivent des cycles parfaitement connus à l’avance. Cela permet d’anticiper la production d’électricité avec une grande précision.
Cette technologie présente également l’avantage d’être discrète. Les installations étant immergées, elles n’ont aucun impact visuel sur le paysage côtier.
Sur le plan environnemental, les émissions de gaz à effet de serre liées à l’exploitation sont très faibles. L’impact écologique reste principalement limité aux zones marines où sont installées les turbines.
Une technologie en pleine évolution
Les premiers essais hydrolien en France remontent à plusieurs années. Dès 2008, une première hydrolienne expérimentale avait été testée au large de la Bretagne dans le cadre du projet Sabella.
D’autres expérimentations ont ensuite été menées, notamment dans la zone de Paimpol-Bréhat, avec un projet porté par EDF et la société OpenHydro.
Ces initiatives ont permis de valider plusieurs aspects technologiques, mais le passage à une production à grande échelle s’est longtemps heurté à des contraintes économiques et industrielles.
Aujourd’hui, une nouvelle génération de turbines pourrait changer la donne. Les équipements développés récemment sont plus compacts, moins coûteux et conçus pour être produits en série.
Ces innovations permettent d’améliorer le rendement énergétique tout en réduisant les coûts d’installation. Elles ouvrent aussi la voie à la construction de parcs hydrolien de plus grande taille.
Le projet FloWatt au cœur de la relance
Parmi les projets emblématiques figure la ferme pilote FloWatt, qui doit voir le jour au large de la Normandie.
Cette installation, d’une puissance totale de 17 mégawatts, sera composée de six hydroliennes à axe vertical. Les turbines seront immergées à environ trois kilomètres du Raz Blanchard, dans la Manche.
Ce site est considéré comme l’un des plus prometteurs d’Europe pour l’hydrolien. Les courants marins y atteignent parfois des vitesses proches de cinq mètres par seconde.
La mise en service de cette ferme pilote est prévue pour la fin de l’année 2028. Selon les estimations, l’installation pourrait produire suffisamment d’électricité pour alimenter environ 20 000 foyers chaque année.
L’objectif de ce projet est de tester les conditions de production à une échelle préindustrielle avant d’envisager un déploiement plus large.
Des infrastructures industrielles déjà existantes
Pour accélérer le développement de cette filière, les infrastructures créées pour l’éolien offshore pourraient également être mobilisées.
Les ports industriels de Cherbourg, Brest ou Saint-Nazaire disposent déjà d’équipements adaptés à la fabrication et à l’assemblage de structures marines de grande taille. Une partie de ces installations pourrait être utilisée pour la construction des turbines hydroliennes.
Cette stratégie permettrait de réduire les coûts logistiques et de renforcer la filière industrielle française autour des énergies marines.
Un potentiel énergétique considérable
Selon les estimations de l’Ifremer, le site du Raz Blanchard pourrait à lui seul produire entre 3 et 5 gigawatts d’électricité s’il était exploité à grande échelle.
Un tel niveau de puissance correspondrait à la production de plusieurs réacteurs nucléaires.
Si ces projections se concrétisent, l’hydrolien pourrait devenir l’un des piliers du développement des énergies marines en France.
Encore en phase de structuration, cette filière représente à la fois un enjeu énergétique et industriel. Elle pourrait contribuer à la décarbonation de la production d’électricité tout en renforçant la souveraineté énergétique du pays.

COMMENTAIRES
Lorsque j’étais à l’Ecole des Mines de Paris dans les années 60, notre professeur d’électrotechnique, M. Gibrat, se battait déjà pour un projet utilisant la marée, dans l’estuaire de la Rance si ma mémoire est bonne. Il avait je crois finalement réussi contre un avis quasi général, bien que le texte ci dessus n’en fasse pas mention.
C’est Georges Boisnier qui est à l’origine de la construction de l’usine marée-motrice de la Rance, en 1921, dont les travaux ont été commencés en 1957, et le barrage inauguré par de Gaulle en 1966.
Enfin ! Même lenteur à mettre en route cette nouvelle production pour le géothermique .Ces techniques ont rencontré l’obstacle du lobby éolien soucieux de préserver ses privilèges .
Depuis le début de l’implantation des premieres ressources renouvealbles susceptibles de le détroner , c’est le très puissant lobby nucléaire qui fait obstacle à toutes les formes de renouvelables à l’exception de l’hydraulique qui était là avant lui et dont il avait absolument besoin pour maintenir le réseau en équilibre faces aux variations de la consommation. Aujourd’hui même l’hydraulique n’est plus assez réactifs devant l’amplitude des variations de la consommation surtout dans des délais très courts de quelques minutes, et c’est les parcs éoliens et solaires qui ont pris la relève comme on peut le voir régulierement sur le site de RTE eco2mix à la page des productions par fillieres et de l’exportation qui est la premiere source de ces variations de grandes amplitudes qui se chiffrent en GW.. Vous pouvez le voir hier encore sur ce site avec 4 grandes variations d’amplitudes de l’exportation affectant la consommation, les deux premieres de nuit et les deux secondes en journée.
Ce n’est pas que le nucléaire et l’hydraulique n’étaient pas assez réactifs hier 25 mars, (les variations de la consommation étaient lentes), c’est plutôt que l’éolien était en état de surproduction (et le solaire PPV pour la mi-journée) alors que la demande intérieure était assez faible.
Ces écrétages étaient nécessaires pour éviter la formation de prix négatifs : https://www.rte-france.com/donnees-publications/eco2mix-donnees-temps-reel/donnees-marche