Hydrogène : promesse d’un futur décarboné ?

Eclairage signé Nadine Dabouz et Anthony Frescal – Directeur du pôle Énergie et Commerce chez mc2i

La production d’énergies renouvelables, par définition intermittente et non pilotable, est contraignante. Elle met en avant la problématique du stockage de l’électricité qui ne peut être adressée efficacement aujourd’hui par les technologies dont nous disposons.

C’est dans ce contexte que l’utilisation de l’hydrogène comme vecteur d’énergie est une solution envisagée en réponse à l’augmentation croissante de la part du renouvelable dans le mix énergétique français.

Depuis la crise due à la pandémie de COVID-19, la France a mis en place une stratégie d’investissement de plus de 7 milliards d’euros avec un objectif annoncé : devenir un acteur incontournable à l’échelle mondiale du secteur via un plan de relance économique qui devrait générer entre 100 à 150.000 emplois directs et indirects d’ici à 2030.

L’hydrogène est une particule pleine de ressources …

Découvert au milieu du XVIIIe siècle, l’hydrogène est l’élément chimique le plus simple, son isotope le plus commun est constitué d’un proton et d’un électron : cela en fait l’atome le plus léger de notre univers. Le dihydrogène, par son vrai nom, possède un fort potentiel de stockage qui est en revanche difficilement exploitable dans les conditions normales de température et de pression.

… dont la synthèse, grâce à plusieurs techniques, en fait un vecteur pour le stockage de l’électricité…

L’hydrogène présente un intérêt comme « vecteur », c’est-à-dire comme passerelle entre sources primaires d’énergie et des usages finaux.

Plusieurs techniques existent pour produire de l’hydrogène :

  • Le reformage du gaz naturel à la vapeur d’eau qui casse les molécules d’hydrocarbure sous l’action de la chaleur pour en libérer le dihydrogène;
  • L’électrolyse de l’eau qui décompose l’eau en dioxygène et dihydrogène gazeux grâce à un courant électrique;
  • La gazéification qui permet de décomposer du charbon ou de la biomasse pour obtenir un gaz de synthèse, le “syngas”, composé de CO et H2.

…et qui a un rôle important à jouer dans la transition énergétique

Afin d’atteindre ses objectifs fixés de réduction d’émission de CO2, la France mise donc une partie de sa stratégie sur l’hydrogène bas carbone. À l’heure actuelle, l’hydrogène est issue à 95 % de la transformation d’énergies fossiles – car moins coûteuse – , il est donc indispensable de le fabriquer à partir d’énergies bas carbone.

Nous nous intéresserons essentiellement à l’hydrogène vert, fabriqué par électrolyse de l’eau à partir d’électricité provenant uniquement d’énergies renouvelables.

Le solaire et l’éolien produisent de l’électricité par intermittence et sont non pilotables, il est indispensable de pouvoir stocker le surplus d’électricité généré pour pouvoir l’utiliser lorsque l’ensoleillement et le vent sont insuffisants.

Par ailleurs, l’intégration de plus en plus importante de ces énergies renouvelables sur les réseaux électriques pourrait augmenter la fréquence des jours où la production sera supérieure à la consommation selon les usages de consommation et notamment des véhicules électriques. C’est pourquoi le stockage de surplus d’électricité issu des énergies renouvelables via l’hydrogène semble être une alternative pertinente pour l’avenir. Cela s’appelle le Power-to-Power via la pile à combustible.

Figure 1: Schéma d’une pile à combustible à acide phosphorique

 

En plus du stockage de l’énergie, l’hydrogène a un avenir prometteur dans les bâtiments via les réseaux de gaz avec un marché important à saisir à court terme malgré les défis techniques et logistiques que cela implique.

Il a également un rôle important à jouer dans le secteur des transports via les véhicules lourds, où la question du poids des réservoirs se pose moins que pour l’aviation ou les véhicules légers.

C’est sur cette base que le gouvernement français souhaite axer sa stratégie nationale pour l’hydrogène sur 3 grands piliers :

  • Installer 6,5 GW d’électrolyseurs (1/10e de la capacité totale des centrales nucléaires en France) pour décarboner l’industrie et l’économie ;
  • Développer la mobilité propre des véhicules lourds ;
  • Créer des emplois dans la filière hydrogène et assurer la pérennité de notre maîtrise technologique.

Malheureusement, l’hydrogène n’est pas exempt du greenwashing

Airbus, fleuron de l’aviation française et européenne a promis, suite au plan de relance économique d’après COVID-19, d’investir massivement dans la R&D pour concevoir un avion commercial tournant à l’hydrogène d’ici à 2035.

À titre d’exemple, la quantité nécessaire pour qu’un avion A320 puisse voler grâce à l’hydrogène nécessiterait une réduction de 40% du nombre de passagers. De plus, 16 centrales nucléaires seraient nécessaires à la production d’hydrogène bas carbone pour conserver le trafic aérien actuel de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle.

Nous sommes donc dans un scénario très hypothétique avec de vrais défis technologiques face à nous.

Dans un tout autre registre, il y a quelques semaines, la tour Eiffel a été éclairée avec de l’hydrogène produit avec de l’électricité. Or le processus de transformation “électricité vers hydrogène vers électricité” aura fait perdre 75% de son rendement initial.

D’un point de vue énergétique, cette initiative consiste à multiplier les émissions de CO2 par 10 pour alimenter la Tour Eiffel. On peut se demander si cette action ne relève pas plus de la communication que d’un souhait de réduire nos émissions de GES (gaz à effet de serre).

Ces deux sujets nous démontrent que le progrès technologique n’est pas une fin en soi et qu’il est important de le mettre en perspective avec les défis qui nous attendent afin d’éviter une dérive vers le superflu.

Actuellement, l’hydrogène est généré à partir d’énergies fossiles qui émettent une grande quantité de CO2 dans l’atmosphère. Pourtant, grâce à son fort potentiel énergétique, cette molécule est un véritable atout pour la transition énergétique si elle est produite à partir d’énergies bas carbone.

De plus, elle permettra de mieux exploiter le potentiel des énergies renouvelables voire d’augmenter leurs parts dans le mix énergétique français. Cependant, il sera nécessaire d’être attentif et démêler le vrai du faux quant à ses potentielles applications pour un futur décarboné.

Enfin, il faudra prendre en considération le coût des nouvelles infrastructures qui pourrait être répercuté sur le prix de l’électricité.

L’hydrogène deviendra donc attractif par la mise en place de subventions de l’État ou bien via des contrats de compléments de rémunération similaires à la production d’éolien ou de solaire.

————–

 

Bibliographie:

 

https://www.economie.gouv.fr/presentation-strategie-nationale-developpement-hydrogene-decarbone-france#

commentaires

COMMENTAIRES

  • L’hydrogène, une molécule pleine de ressources, une  » Fake new », l’H2 n’est justement pas une ressource, juste un vecteur dont le bilan est très mauvais, sauf les subsides et les taxes qui permettront un casse du siècle en le recomibinant au C02. Capté par les cimentiers qui invoqueront en plus le C02 naturel de la Pierre calcaire, soit 44 pourcents d’un calcaire pur devenant de la chaux vive.

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  • Ce qui est assez stupéfiant c’est le côté mouton de Panurge des politiques ballotés entre experts et lobbies, généralement ignares en sciences et techniques. Au début du quinquennat, avec Nicolas Hulot., la France avait décidé que le développement de l’hydrogène ne pressait pas, qu’on verrait dans la seconde moitié du siècle! Voilà-t-il pas qu’Angela Merkel lance un énorme plan hydrogène! La France s’empresse de faire de même alors que les motivations allemandes sont bien spécifiques à ce pays: obligés de développer les centrales à gaz (Russe) pour sortir du charbon trop polluant, ils ont largement expérimenté que les ENR intermittents ne faisaient pas l’affaire et jouent le long terme sur le stockage d’énergie via l’hydrogène. Un accord Allemagne-Maroc prévoit la fabrication d’hydrogène au Maroc grâce à l’énergie solaire, puis liquéfaction à – 253°C, transport par bateau, style méthanier en plus froid, vers l’Allemagne, terminal portuaire, gazéification, distribution, etc. Vaste affaire un peu stupéfiante, est ce purement et simplement de la com pour se faire pardonner d’être les plus gros pollueur d’Europe? La France n’a absolument pas ce genre de projet.
    Chez nous l’hydrogène obtenu par électrolyse pourrait servir à décarboner certaines industries, sidérurgie, cimenterie, etc. et à la mobilité de certains véhicules comme les bus urbains, les trains sur lignes non électrifiées, certains poids lourds. Pour les véhicules, passer par l’électrolyse, la compression à 700 bar, la pile à combustible donne un rendement énergétique global qui ne dépasse pas 30 – 35% et c’est coûteux. De toute façon on butera sur la disponibilité d’électricité, faire rouler tout ce qui roule aujourd’hui au pétrole avec des batteries ou de l’hydrogène nécessiterait de presque doubler notre parc nucléaire, c’est donc irréaliste, il faut rouler moins, transporter moins!
    Pour le stockage via l’hydrogène des énergies intermittents je vais faire un autre post pour mieux imager car c’est techniquement très faisable mais…..

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  • Stockage d’énergie via l’hydrogène, P2P, power to power: Ce qui est le plus communément envisagé pour stocker de grandes quantités est d’utiliser des cavernes creusées dans des couches salines profondes par dissolution du sel. Beaucoup de stockages de gaz naturel sont ainsi réalisés, c’est très étanche et très stable. La station d’électrolyse pourrait être sur le lieu de stockage, inutile de construire des pipelines amenant l’hydrogène d’ailleurs, le réseau EDF centralise toutes les productions d’électricité. Pour redonner de l’électricité à partir de ce stockage les piles à combustibles ne sont pas adaptées aux très grosses puissances, on pourrait construire sur place une centrale gaz à cycle combiné comme les centrales à gaz naturel modernes. Faisons un peu d’engineering de coin de table et imaginons un tel stockage:
    Caverne de 500 000 m3 par exemple que l’on « gonfle et dégonfle » entre 100 bar de 200 bar, les 100 bar étant nécessaires pour éviter l’affaissement du sel.
    L’hydrogène ayant un potentiel de 3 kwh par Nm3 (3 kilowattheures par Normaux mètres cubes) on pourrait ainsi stocker et déstocker un potentiel de 150 Gwh (gigawattheures).
    Autre hypothèse, on souhaite utiliser ce potentiel sur une période de 5 jours correspondant à une semaine anticyclonique de très faible production éolienne. Le débit d’alimentation des turbines à gaz sera de 400 000 Nm3/h, si on injecte à 40 bar environ cela fait un débit de l’ordre de 10 000 m3/h.
    Puissance: le rendement d’une centrale à cycle combiné moderne ne dépasse pas 60%, 150 Gwh sur 120 heures x 0.6 nous donne une puissance totale de 750 MW. Cette centrale pourrait donc être composée de deux groupes de 400 MW chacun ce qui est une belle installation industrielle classique.
    Le rendement de l’électrolyse ne dépasse pas actuellement 60 – 66%, on peut estimer que la compression, les stockage et les divers auxiliaires de l’installation abaissent de 10% le rendement global. Comme on a pris 60% pour le rendement de la centrale électrique l’opération globale a un rendement de 0.66 x 0.9 x0.6 = 0.36 soit 36%.
    L’investissement global est probablement de l’ordre du milliard d’euros.
    Résumé: pour un appoint de 750 MW sur le réseau pendant 5 jours représentant 90 Gwh il a fallu consommer 270 Gwh pour fabriquer l’hydrogène et investir un milliard d’euros.
    Pour schématiser, disons que si je veux simplement régulariser la production d’un parc éolien de 10 Mw (au moins un kilomètre carré) il faudrait sans doute que je triple ce parc pour alimenter le stockage et que j’investisse dans le stockage, l’éolien (pour le solaire c’est pire) n’a un coût acceptable que tant que l’on accepte son intermittence.
    Conclusion: faible rendement, gros investissement. Tant que les énergies intermittentes n’ont pas atteint un niveau tel qu’elles déstabilisent le réseau et le rendent ingérable, ce genre d’installation est envisagé mais sans projet concret.

    Répondre
  • L’article passe complètement à coté d’un aspect très important : la sécurité. L’hydrogène est en effet un gaz qui a la facheuse propriété de former un mélange explosif s’il est mélangé à de l’air, et cela dans des proportions comprises entre 4 et 75 % en volume. (A titre de comparaison, le domaine d’explosivité du gaz naturel est de 4 à 15 % en volume). De plus, à cause de sa petite taille, la molécule est capable de passer à travers des trous minuscules. Ce qui signifie que presque tous les matériaux sont plus ou moins perméables à l’hydrogène, même l’acier. Les fuites sont donc pratiquement inévitables. Je précise qu’au titre d’ingénieur, j’ai utilisé longtemps de l’hydrogène dans mon laboratoire ainsi que dans des unités de fabrication. Le « projet hydrogène » a été stoppé dans mon laboratoire à la suite d’une explosion+incendie.
    Il faut être un politique inculte du coté de la physique ou de la chimie, pour faire des plans de l’ampleur de ceux qui sont faits dans le monde au sujet de l’hydrogène.
    Notons que c’est probablement en Chine que l’on verra le début des grosses catastrophes hydrogène. En Europe, on en est seulement à deux petites. Qui aura le record de la plus grande ?

    Répondre
    • @Pierre-Ernest. Votre pessimisme parait bien exagéré! On produit et on utilise depuis longtemps l’hydrogène dans le raffinage, j’y ai travaillé, il est indispensable dans la fabrication de l’ammoniac, qui ne date pas d’hier, et les problèmes d’étanchéité ou de fragilisation des aciers sont bien connus ainsi que les aciers alliés qui conviennent. Je ne connais pas d’accident majeur du à l’hydrogène dans ces industries. Vu l’actualité de nombreuses publications et études existent actuellement sur le comportement des matériaux en présence d’hydrogène. Pour les utilisations récentes je n’ai pas connaissance d’accidents, des trains mus par H2 circulent en Allemagne et bientôt en France sur des lignes non électrifiées. Des voitures H2 roulent dans beaucoup de pays dont le notre, l’utilisation de H2 en sidérurgie est prometteuse (DRI direct reduced iron) pour éviter le coke et le haut fourneau, les suédois avancent bien la dessus, etc. Il y a une urgence mondiale de se passer autant que possible du charbon et du pétrole et le vecteur hydrogène y aidera. Rien n’est sans danger mais le plus grand danger est de ne rien faire! Un des problèmes de l’hydrogène est de faire des progrès sur les électrolyseurs pour le rendement et surtout de pouvoir utiliser industriellement de l’eau de mer. Le remplacement de combustibles fossiles par de l’électricité, via batteries ou hydrogène, butera aussi sur la génération d’électricité je l’ai déjà mentionné, il faut plus de dix ans pour construire une centrale (sans parler de l’EPR). Quant aux ENR leur capacité sera toujours limitée par les kilomètres carrés favorables disponibles et par leur intermittence.

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      • Alors, pour vous dans ce cas, comment produire de l’hydrogène dans les meilleures conditions et à un prix abordable sans émettre de grosses quantités de CO2 ?

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        • @Cochelin; Il n’y a pas d’autre solution « propre » que l’électrolyse. Dans plus longtemps la décomposition de l’eau à haute température dans des réacteurs nucléaires de 4 ème génération est envisagée, les USA ont lancé des appels à projet. SMR produisant électricité et hydrogène. La question du prix est un peu une fausse question, quand on n’a pas le choix c’est « quoi qu’il en coûte » ou la décroissance. Vu la lenteur avec laquelle on cherche à réduire la consommation de fossile ce sera sans doute les deux.

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      • Je vous invite à consulter le bulletin du BARPI (Organisme français en charge de répertorier les accidents industriels) concernant 3 accidents survenus en Europe en 2019 et concernant spécifiquement le transport par véhicules à hydrogène :
        https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/wp-content/uploads/2020/06/200609_flash_H2_mobilite_vf.pdf
        Vous constaterez que le problème de la dangerosité de l’hydrogène n’est pas du tout anodin. Les risques sont probablement (volontairement ou non) minimisés par les promoteurs de l’hydrogène comme vecteur d’énergie et aussi par ses adeptes qui voient en ce produit la solution aux problèmes de stockage de l’énergie produite par les systèmes intermitents (éolien et solaire). Malheureusement, ignorer les dangers ne les fait pas disparaitre, mais au contraire risque de faire de nombreuses victimes qui pourraient être évitées.

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        • Pierre Ernest. J’ai lu votre lien, il est évident que des accidents arrivent et arriveront. Il y en a aussi avec les produits pétrolier, les plus graves arrivent avec les gaz liquéfiés, GPL, ils restent au sol en cas de fuite, ils sont susceptibles de produire le phénomène de BLEVE très destructeur. H2 est plus léger que l’air, c’est déjà un bon point. Une société industrielle est pleine de dangers, il faudra gérer celui là.

          Répondre
    • @M. DUBUS. Tout cela est vrai mais jusqu’à présent bien connu et bien maîtrisé par l’industrie. Pour ces raisons je ne pense pas du tout, comme certains, qu’il y aura de grands réseaux d’hydrogène, c’est beaucoup plus facile de transporter de l’eau et du courant électrique, les stations d’électrolyse seront sur les lieux d’utilisation ou de ravitaillement, entretenues par des sociétés spécialisées, ça se pratique déjà. Le public n’a pas à manipuler l’hydrogène, sauf à la station service où la connexion est plus compliquée qu’avec l’essence! Je ne vois pas l’utilité de réseaux ni de gros réservoirs d’H2, ça laisse ainsi peu de cibles à des attentats. Quant aux matériaux compatibles avec l’hydrogène dans telle ou telle condition de température ou de pression ils font l’objet de standards internationaux.

      Répondre
  • Je suis d’accord avec Pierre Ernest sur les risques d’explosion de l’H² surtout quand il sera diffusé pour être employé dans notre quotidien… De plus il ne faut pas perdre de vue les risques d’attentats visant ces installations de distribution.
    J’ai repris un extrait de littérature sur ce sujet :
    L’hydrogène et les matériaux métalliques
    « Comme nous avons pu le constater dans les précédents chapitres, il est donc primordial d’anticiper et de maitriser le régime de combustion de l’hydrogène ainsi que les risques de fuite. Pour cela, il est nécessaire d’avoir une approche industrielle à la fois sur les systèmes mécaniques travaillant sous dihydrogène (limitation des volumes explosibles, cloisonnement avec d’éventuels comburants, calcul des taux de fuite maximal admissible, …) mais sur la compatibilité et la DURABILITE des matériaux utilisés avec l’hydrogène.
    En ce qui concerne les matériaux métalliques, les problèmes sont d’ordre métallurgique :
    • L’attaque par hydrogène avec la formation de méthane in situ dans les appareils d’équipement sous pression (bien connue dans le monde des énergies carbonées),
    • De fragilisation par l’hydrogène pour les alliages à hautes caractéristiques mécaniques,
    • Le clocage sous hydrogène avec la recombinaison in situ du gaz H2.
    Ces phénomènes métallurgiques ont pour conséquence une impossibilité d’utiliser certains alliages en présence d’hydrogène ou d’induire une réduction drastique de la durée de vie des produits en milieu hydrogéné en accélérant les endommagements par fatigue et/ou fluage.
    On peut également ajouter la grande affinité du dihydrogène avec le dichlore pour former de l’acide chlorhydrique gazeux (HCl). Cette réaction, qui peut être explosive, est catalysée par la lumière et la température. A cela, il est important d’ajouter que les matériaux métalliques à une température au-delà de 100°C dans un milieu HCl sont sujets à des problèmes de corrosion catastrophiques entrainant une durée de vie très limitée ».

    Répondre
  • J’ai repris ce qui est indiqué ds le texte d’Anthony Frescal
    1) »Nous nous intéresserons essentiellement à l’hydrogène vert, fabriqué par électrolyse de l’eau à partir d’électricité provenant uniquement d’énergies renouvelables ».
    2)L’hydrogène deviendra donc attractif par la mise en place de subventions de l’État ou bien via des contrats de compléments de rémunération similaires à la production d’éolien ou de solaire.
    Pour le premièrement
    je pense que le nucléaire aurait pu y être ajouté. A moins que ce ne soit pas politiquement correct !
    Pour le deuxièmement un extrait intéressant :
    Contraintes législatives à la rescousse
    En avril 21, la ministre allemande de la Recherche et le PDG de Siemens Energy ont reconnu dans un journal scientifique d’Outre Rhin que le développement de l’H2 vert dépendra de la réglementation et de la législation, mais pas de la Science (et des scientifiques)
    En clair, seules les contraintes législatives associées aux subventions généreuses peuvent « justifier » de cette aberration énergétique.
    Pour conclure, l’article résumé termine par cette phrase : « le monde politique devrait être plus prudent avant de dessiner des plans sur la comète en promettant une solution miracle à un coût impossible à réaliser
    . Il y a deux “formes” d’electrolyse :
    – l’électrolyse (avec un rendement de 70% maximum)
    – la décomposition de l’eau à haute température (dont le rendement peu différent de la valeur ci-dessus varie avec cette température).
    1°) L’hydrogène peut être utilisé dans des moteurs à combustion interne (à pistons ou à turbine) mais avec un rendement qui est celui de ces moteurs (compris entre 0% et 40% en fonction de la charge et du régime)
    2°) Avec une pile à combustible + une batterie + un moteur électrique, ce rendement peut “friser” les 50% mais est beaucoup plus cher que le MCI ci-dessus.
    Si vous ajoutez à cela le rendement de compression (90%) ou de liquéfaction (60%), on termine avec un rendement entre 20 et 25% au mieux.
    D’un point de vue “économique”, il faut compter tous les frais de cette filière (amortissement des installations, frais de personnel, transport, coût du stockage, distribution…)
    Certes, à cet argument, sera opposé l’avantage premier du stockage, bien qu’il grève encore davantage le rendement global (compression, refroidissement, conditionnement,…).

    Répondre
  • @ M. Dubus: OK sur le coût et le rendement, on estime en général que l’hydrogène vert coûte deux à trois fois plus cher que le gris, j’ai montré plus haut que stocker de l’énergie via H2 est très coûteux aussi mais à un moment donné nécessité fait loi. Veut-on ou non se débarrasser des combustibles fossiles? Il y a la décarbonation de certains industries et pour la mobilité la batterie n’est pas adaptée aux gros véhicules et aux longues distances, sans compter que l’industrie des batteries n’est pas très verte et peut buter sur le problème minier. A un moment donné c’est « quoi qu’il en coûte » ou la décroissance et j’ai un peur que ce ne soit les deux à la fois!

    Répondre
  • Dans l’industrie, Il vaut mieux capter et stocker le CO² au sortir des process fonctionnant avec de l’énergie fossile que de monter un stockage d’H² au rendement final ultra faible (même vert) Non ? Concernant la décroissance, pour moi elle est inévitable et salutaire pour la planète. Regardez le saccage organisé de cette dernière pour l’extraction et le raffinage des minerais (dont le CU), des matières et des terres rares utilisées dans les VE, et les ENRi. Tout ceci avec de l’énergie fossile.
    Pour ces populations il vaut mieux vivre en décroissance que de mourir au mieux à petit feu.

    Répondre
    • « Dans l’industrie, Il vaut mieux capter et stocker le CO² au sortir des process fonctionnant avec de l’énergie fossile » : Oui , c’est ce qu’on nomme « l’hydrogène bleu ». C’est ce qui commence à se faire avec le CSC ( Capture, Stockage du Carbone, sous forme de CO2) et il y a aussi le piégeage direct .Je renvoie à ce que j’avais indiqué dans les commentaires à l’article , sorti le 25 août, d’Eric Morel intitulé : « les circuits courts gagneront-ils le monde de l’énergie ? ». J’ajoute que le méthane utilisé dans le vaporeformage peut être d’origine , non pas seulement fossile, mais renouvelable ( méthanisation). En attendant que les énergies renouvelables ( il n y pas que le solaire et l’éolien) soient matures , l’utilisation des énergies fossiles pour la production d’hydrogène bleu permet d’assurer la transition.
      « L’hydrogène peut être utilisé dans des moteurs à combustion interne (à pistons ou à turbine) mais avec un rendement qui est celui de ces moteurs (compris entre 0% et 40% en fonction de la charge et du régime) ». Merci Mr Dubus pour cette indication très intéressante : le moteur thermique à Hydrogène, qui existe, et peut être amélioré, est une alternative attractive au moteur électrique.Encore faudrait-il entrer dans les détails …

      Répondre
  • Messieurs,
    Avez vous déjà réfléchi à produire de l’hydrogène par réduction de l’eau par le magnésium par exemple ! Cette réaction exothermique produit en même temps hydrogène et chaleur transformable en électricité;
    L’hydrogène serait brûlé sur place dans une centrale gaz du type CCG évitant ainsi les dangers de son stockage et de son transport. Les « fumées » émises par cette centrale gaz seraient composée uniquement de vapeur d’eau et d’azote et réintroduite dans la station de réduction de l’eau détruisant ainsi les NOx éventuels.
    La Belgique pourrait être le premier pays européen à brûler de l’hydrogène dans une turbine Mitsubishi dans la réalisation de son programme de remplacement des centrales nucléaires à bout de souffle
    Les tenants et aboutissants de cette technologie ne peuvent être expliqués dans un commentaire d’article mais je souhaite
    en discuter avec vous tous grâce à marfleron@proximus.be.

    Répondre
  • Messieurs,
    Avez vous déjà réfléchi à produire de l’hydrogène par réduction de l’eau par le magnésium par exemple ! Cette réaction exothermique produit en même temps hydrogène et chaleur transformable en électricité;
    L’hydrogène serait brûlé sur place dans une centrale gaz du type CCG évitant ainsi les dangers de son stockage et de son transport. Les « fumées » émises par cette centrale gaz seraient composée uniquement de vapeur d’eau et d’azote et réintroduite dans la station de réduction de l’eau détruisant ainsi les NOx éventuels.
    La Belgique pourrait être le premier pays européen à brûler de l’hydrogène dans une turbine Mitsubishi dans la réalisation de son programme de remplacement des centrales nucléaires à bout de souffle
    Les tenants et aboutissants de cette technologie ne peuvent être expliqués dans un commentaire d’article mais je souhaite
    en discuter avec vous tous grâce à marfleron@proximus.be.
    Si comme vous dites j’ai déjà envoyé ce commentaire alors pourquoi n’apparaît -il pas dans les discutions ????

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