Côte d’Ivoire : le surprenant succès des voiturettes électriques

Leader dans le secteur de la production électrique en Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire continue d’innover. Cette fois, c’est au tour de Jacqueville, qui entend révolutionner le quotidien de ses habitants grâce à un moyen de locomotion sûr, peu onéreux et écolo.

Cela aurait pu sembler impossible il y a à peine quelques mois. À l’époque, Jacqueville était envahie par les taxis-brousse, les taxis communaux et autres wôrô-wôrô. Aujourd’hui, les habitants de cette ville, située à 40 km à l’ouest d’Abidjan, disposent d’un moyen sûr, efficace, bon marché et écolo pour se transporter.

De fabrication chinoise, les nouvelles voiturettes solaires à trois roues mesurent 2,7 mètres de long et deux de haut. Elles sont couvertes de panneaux photovoltaïques chargeant six batteries de 12 volts, ce qui leur donne une autonomie de 140 kilomètres.

Pour les Jacquevillois, ces voiturettes constituent une véritable révolution. « Elle nous paraît d’abord une voiture sûre parce qu’elle va très lentement mais sûrement », s’enthousiasme un habitant interrogé par France Info. L’heureux usager met également en avant les avantages économiques de ce nouveau moyen de locomotion : « Avant, les déplacements se faisaient à 200 F, maintenant ils sont passés à 100 F. Maintenant cette voiture fait un peu l’innovation ici à Jacqueville ! ».

Et pas qu’un peu, en réalité. Jacqueville ambitionne d’être la première cité écologique de Côte d’Ivoire. C’est pourquoi le maire de la ville, Joachim Beugré, n’a pas hésité lorsque l’idée des voiturettes électriques lui a été présentée par leur promoteur, Marc Togbé. « On a l’habitude de voir des taxis-brousse (souvent vétustes) polluer l’atmosphère et l’environnement. On s’est dit que si on pouvait les remplacer par des voiturettes solaires, ce serait mieux », explique M. Beugré à l’AFP.

 


Modèle de ville écologique

Selon les chiffres de la mairie, entre 500 et 1 000 personnes utilisent ces nouveaux taxis solaires chaque jour. Leur mise en place permet d’employer une vingtaine de techniciens et chauffeurs.

Des chiffres qui devraient augmenter rapidement, Marc Togbé ayant annoncé qu’il envisage d’étendre l’expérience aux villes d’Odiénné (nord-ouest) et de Korhogo (nord), soit dans les régions les plus ensoleillées de la Côte d’Ivoire.

De son côté, Jacqueville table sur de nouvelles innovations pour devenir le modèle de ville écologique en Côte d’Ivoire. Un objectif ambitieux lorsqu’on sait qu’elle est située dans la zone produisant l’essentiel du gaz et du pétrole du pays.

Il n’empêche : Joachim Beugré veut remplacer l’ensemble des véhicules de transport à carburant par ceux fonctionnant à l’énergie solaire. Selon les informations de l’AFP, le maire envisage également de faire construire une nouvelle ville « écolo touristique » sur 240 hectares au milieu des cocotiers, pour un budget prévisionnel de 6 milliards de F CFA (9,1 millions d’euros).

Un car scolaire de 22 places devrait en outre être mis en circulation dès le mois d’octobre pour faire face à « l’épineux problème du transport des écoliers », qui doivent parcourir des dizaines de kilomètres depuis les villages environnants pour se rendre en ville.

Objectif ambitieux

Si, comme le signalait le président de l’Association ivoirienne des énergies renouvelables (AIENR), Boraud Edi, l’énergie solaire reste « mal connue » dans le pays ouest-africain, le maire de Jacqueville n’y voit pas un obstacle : « Notre projet écologique ira jusqu’au bout », déclare celui qui se dit prêt à affronter « la puissance pétrolière et gazière » afin que « dans les années à venir », les engins solaires deviennent « le principal mode de déplacement sur le territoire communal ».

Les politiques nationales devraient lui être favorables. Les autorités ivoiriennes projettent d’investir 18 milliards de dollars d’ici 2030, et plusieurs projets sont à l’étude.

C’est notamment le cas de la future centrale à biomasse de Biokala, développée par le groupe agro-industriel ivoirien Sifca et le français EDF. D’une puissance prévue de 46 MW, cette centrale doit être alimentée par les résidus de palmiers à huile du groupe Sifca.

Certes, la Côte d’Ivoire a seulement consommé 1 mégawatt d’énergie solaire en 2018. Mais elle s’est fixé un objectif ambitieux : les énergies renouvelables devraient contribuer au mix énergétique à hauteur de 11 % d’ici 2020 et de 16 % en 2030.

Le pays d’Alassane Ouattara entend profiter de la reprise économique de ces dernières années pour tirer profit de ses importantes ressources en hydraulique, en biomasse et en solaire.

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