C’est quoi le marché européen de l’électricité ?
Pensé pour stimuler la concurrence, garantir la sécurité d’approvisionnement et fluidifier les échanges, le marché européen de l’électricité est devenu un pilier de l’intégration énergétique européenne. Mais la crise énergétique récente a mis en lumière ses limites et les défis de sa transformation dans un contexte de transition bas-carbone.
Le marché européen de l’électricité trouve ses origines dans les années 1990, avec la libéralisation progressive des systèmes électriques nationaux. L’objectif était d’ouvrir à la concurrence un secteur historiquement dominé par des monopoles publics, afin d’optimiser les investissements, abaisser les coûts et sécuriser l’approvisionnement. L’Union européenne a ainsi encouragé l’interconnexion des réseaux nationaux, la création de bourses de l’électricité et l’intégration des opérateurs dans un espace commun.
Au centre du dispositif se trouve un mécanisme d’orientation des prix basé sur le principe du « merit order », selon lequel les centrales sont activées en fonction de leurs coûts marginaux : du nucléaire et des renouvelables (peu coûteux) jusqu’au gaz ou au charbon (plus onéreux). Cette architecture a longtemps permis de tirer les prix vers le bas, tout en soutenant l’investissement dans l’éolien et le solaire grâce à des cadres de soutien spécifiques.
Cependant, la montée en puissance des énergies renouvelables variables a bousculé l’équilibre historique. Leur coût marginal nul fait baisser les prix quand le vent souffle ou que le soleil brille, mais nécessite le maintien de capacités pilotables pour compenser l’intermittence. Le marché doit donc rémunérer à la fois les moyens flexibles, le stockage, et les réseaux, tout en intégrant une production au coût marginal proche de zéro.
La crise énergétique de 2021-2023 a révélé un autre enjeu : la sensibilité du système aux chocs externes. L’explosion des prix du gaz consécutive à la guerre en Ukraine s’est traduite par une flambée des prix de l’électricité, le gaz étant souvent l’énergie marginale fixant le prix du marché. Ce phénomène a entraîné un débat politique intense sur la pertinence du modèle, certains États dénonçant une déconnexion entre coûts réels de production et prix payés par les consommateurs.
Face à ces tensions, plusieurs réformes ont été engagées. Elles visent notamment à réduire la dépendance au gaz dans la formation des prix, renforcer les contrats de long terme (PPA et CfD), développer les capacités de stockage et accélérer le déploiement des renouvelables. L’Union européenne réfléchit également à améliorer la protection des consommateurs contre la volatilité, tout en préservant les signaux de marché nécessaires à l’investissement.
Pour les entreprises européennes, le marché représente un levier stratégique mais aussi un risque accru. Les grands industriels électro-intensifs négocient désormais des contrats d’achat direct avec des producteurs renouvelables, afin de sécuriser leur approvisionnement à long terme et réduire leur empreinte carbone. Cette évolution illustre la transformation du système électrique vers un modèle plus contractuel et moins dépendant du spot.
Enfin, le marché européen s’inscrit dans une ambition plus vaste : la décarbonation du continent. L’intégration des renouvelables, l’électrification de l’industrie et des mobilités, l’évolution du stockage, le pilotage de la demande et la construction d’interconnexions transfrontalières constituent autant de défis industriels et politiques. Dans cette perspective, le marché n’est pas seulement un mécanisme économique : il devient un instrument de souveraineté, de compétitivité et de transition énergétique.
Le marché européen de l’électricité est à la fois un succès d’intégration et un chantier en transformation. S’il a favorisé l’ouverture, l’efficacité et le développement des renouvelables, il doit aujourd’hui se réinventer face à la volatilité des prix, au besoin de flexibilité et à l’impératif climatique. L’enjeu n’est pas de revenir au monopole, mais d’adapter un modèle conçu pour un mix pilotable à un mix dominé par le renouvelable et la décarbonation.

COMMENTAIRES
Grâce à Macron et son eurolâtrie stupide, couplée à une servilité vis à vis de l’Allemagne, embarquée avec ses « Grünen » dans une pseudo écologie qui se révême catastrophique, nous avons failli complètement saborder notre avantage obtenu grâce à la vision des vrais gaulistes en matière de nucléaire, Messmer par exemple. J’ai gardé pour mon anthologie les déclarations délirantes d’Elisabeth Borne à la fermeture de Fessenheim. Nous n’en sommes hélas pas totalement remis, alors que cette politique aberrante (qu’on retrouve avec la voiture électrique) a un effet voisin de zéro en matière de rejet de gaz carbonique et encore en supposant que les activités humaines aient un effet quelconque en matière de réchauffement climatique. Ce que seule la « Science » vue par le GIEC prétend indiscutable.
La libéralisation du marché de l’énergie votée par les 2 grands courants de pensée que sont la droite et les sociaux-démocrates au parlement européen au nom de « la concurrence libre et non faussée »…
Avec la financiarisation de l’économie, les actionnaires des fournisseurs d’électricité alternatifs se sont gavés pendant que l’énergéticien historique bradait une partie de sa production.
EDF/GDF supportant le coût des infrastructures et les investissements.
Comme le dit le sénateur F. Gay : « Avoir l’électricité la moins chère, c’est sortir du marché et rétablir le monopole public ». Certains anciens PDG de l’énergie peu courageux, carriéristes, se réveillent maintenant…
Tandis que la vrai science c’est Brun qui la detient, et la preuve c’est qu’il le dit ! Comment, vous n’êtes pas d’accord avec ses profondes réflexions qui s’appuient uniquement sur son nombril magnifique et son incommensurable ignorance, source de tous savoir ? Vous ́ n’êtes donc qu’un idiot !
Serge Rochain