Allemagne : un sursaut de croissance fin 2025, mais un marché du travail toujours sous tension

L’économie allemande a terminé l’année 2025 sur une note un peu plus favorable qu’anticipé. Selon les chiffres publiés par l’office fédéral de la statistique Destatis, le produit intérieur brut a progressé de 0,3 % au quatrième trimestre, une performance légèrement supérieure aux premières estimations. Ce mieux conjoncturel ne suffit toutefois pas à dissiper les fragilités structurelles de la première économie européenne, alors que l’emploi montre déjà des signes d’essoufflement en ce début d’année 2026.

Une fin d’année portée par la consommation

Entre octobre et décembre 2025, l’activité a donc progressé plus rapidement que prévu. Les statisticiens allemands expliquent cette amélioration avant tout par la dynamique de la consommation, aussi bien du côté des ménages que des administrations publiques.

Cette contribution positive intervient dans un contexte particulièrement instable pour le commerce extérieur. L’industrie exportatrice, pilier traditionnel de l’économie allemande, reste confrontée à un environnement international dégradé, marqué par le ralentissement de plusieurs marchés clés et par des tensions commerciales persistantes.

Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance est confirmée à 0,2 %. Un résultat modeste, mais qui marque une sortie de deux années consécutives de récession. Pour de nombreux économistes, cette légère embellie doit toutefois être relativisée. La faiblesse prolongée de la croissance depuis près de trois ans explique en grande partie pourquoi un chiffre trimestriel de 0,3 % est aujourd’hui perçu comme une bonne surprise.

Des perspectives 2026 encore prudentes

Le gouvernement allemand mise désormais sur un redémarrage plus visible en 2026, notamment grâce à un vaste programme d’investissements publics dans les infrastructures et la défense, chiffré à plusieurs centaines de milliards d’euros.

Mais l’exécutif a récemment revu ses ambitions à la baisse. La ministre de l’Économie, Katherina Reiche, a abaissé la prévision officielle de croissance pour 2026, passant de 1,3 % à 1 %. Selon elle, l’économie allemande amorce un redressement, sans pour autant entrer dans une phase de véritable reprise.

Dans un contexte de concurrence internationale accrue et de menaces de nouveaux droits de douane américains, les organisations patronales appellent le gouvernement dirigé par Friedrich Merz à accélérer les réformes afin de restaurer la compétitivité de l’appareil productif.

L’emploi reste le principal point de fragilité

Si la croissance a réservé une surprise positive en fin d’année, la situation du marché du travail reste préoccupante. En janvier, le nombre de chômeurs a de nouveau franchi le seuil symbolique des trois millions, un niveau inédit pour un mois de janvier depuis plus de dix ans.

En données brutes, 3,084 millions de personnes étaient sans emploi, soit une hausse de 177 000 personnes par rapport au mois précédent. Ce niveau avait déjà été atteint en août dernier.

Selon l’Agence fédérale pour l’emploi, cette situation devrait se prolonger à court terme. Sa présidente, Andrea Nahles, estime que le marché du travail est actuellement à l’arrêt et que le niveau élevé du chômage pourrait se maintenir encore pendant plusieurs semaines.

En données corrigées des variations saisonnières, le taux de chômage est resté stable à 6,3 %. Une stabilité qui masque néanmoins l’absence de création d’emplois dans de nombreux secteurs, en particulier dans l’industrie.

Une inflation de nouveau orientée à la hausse

Autre signal à surveiller : l’évolution des prix. En janvier, l’inflation a légèrement accéléré, pour atteindre 2,1 % sur un an, après un ralentissement observé en décembre.

Cette remontée s’explique principalement par la hausse des prix de l’alimentation et des services. L’indice harmonisé des prix à la consommation, utilisé comme référence par la Banque centrale européenne, affiche également une progression annuelle de 2,1 %, soit un niveau très proche de l’objectif de stabilité des prix fixé par la BCE.

Dans ce contexte, la plupart des économistes anticipent un statu quo de la politique monétaire lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne, prévue le 5 février.

Un rebond fragile, encore dépendant de la conjoncture mondiale

Si l’Allemagne parvient à éviter une nouvelle contraction de son activité, le redémarrage reste fragile. La consommation intérieure joue désormais un rôle de soutien plus important qu’auparavant, tandis que l’industrie et les exportations continuent de peser sur les perspectives.

La trajectoire de 2026 dépendra largement de la mise en œuvre effective des investissements publics annoncés, mais aussi de l’évolution de l’environnement international. Dans un contexte de tensions commerciales et de ralentissement global, le léger mieux observé en fin d’année 2025 apparaît davantage comme un point d’appui conjoncturel que comme le début d’un cycle de reprise solide.

commentaires

COMMENTAIRES

  • L’inflation des prix de l’électricité ne doit pas aider l’Allemagne et surtout les Allemands… (Avec 1 MW.h qui coute près de 400 Euros chez le particulier et combien chez le boulanger !? Donc entre autres mais pas que : Viva la « Mal-bouffe » qui elle aura des subventions pour payer moins chère son Elec… que les petits artisans locaux et de proximité…)

    Et Merci aux ENRi pour l’inflation non intermittente et garantie des prix de l’Elec !!!

    Répondre
  • Le transfert de rente, qui était préalablement une rente des producteurs d’Elec classiques avec des marges acceptables, vers un ensemble de Financiers-Trading, Prêt à la construction des ENR, etc…- va considérablement affaiblir certains secteurs de l’économie Européenne et entrainer in fine une inflation « débile » qui fera très nettement descendre le niveau de vie moyen des Européens, mais pas ceux des Financiers pour le moment !!!

    En France on dit ralentir le « délire », mais attendons de voir ce que cela va couter !

    Et en terme de GES, l’Allemagne est toujours de loin le mauvais élève Européen (car situé au Nord du 45 ème parallèle !!!), en Espagne (« pays du soleil ») les ENRi peuvent réellement aider et faire des choses propices à une croissance durable, surtout avec des interconnexions vers le Nord de l’Europe…

    Tant qu’on foutra pléthore de PV à prix garanti au Nord du 45ème parallèle, on peut s’attendre à des effets « boomerang » colossaux !!! Et l’éolien c’est bien quand on a du pilotable hydraulique et/ou pour arrêter des centrales à Gaz, pas pour s’en passer complètement…

    Répondre
    • Et des Centrales à gaz qui tournent 500 ou 1000 heures par an, cela coute très cher – Cf prix de la Centrale de Landivisiau qu’elle tourne ou pas, elle est payée pour être là et fort cher in fine !!!

      L’Europe de l’énergie est un désastre complet depuis 30 ans pour le particulier moyen ! Avant, surtout avec Euratom, il y avait vraiment une vue politique dans l’intérêt des peuples et pas d’une minorité (de lobbystes).

      A quand un impot spécial sur le revenu des ENRi en France –> 75% serait une bonne base pour ceux avec prix garanti !!!

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  • Les centrales à gaz (Landivisiau, Montoir) et à charbon (Cordemais) dans l’Ouest ne fonctionnent que très rarement car elles sont là pour renforcer le réseau dans cette région excentrée où l’électricité a du mal à parvenir à cause d’un réseau de transport insuffisant (et que l’éolien en mer est à la peine), occasionnant des pertes en ligne importantes. Ce n’est pas toujours parce que la production nationale est insuffisante.

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