Électricité en France : une consommation stable qui freine la transition énergétique
Alors que la transition énergétique s’impose comme une priorité politique et climatique, la France envoie un signal paradoxal. En 2025, la consommation d’électricité est restée quasiment inchangée, confirmant un ralentissement préoccupant de l’électrification des usages. Dans le même temps, la production nationale progresse et atteint des niveaux records, portée par un parc nucléaire rétabli et des renouvelables en plein essor. Un contraste qui interroge : le pays dispose d’une électricité largement décarbonée, abondante et compétitive, mais peine encore à sortir massivement des énergies fossiles.
Une consommation qui plafonne
Selon le bilan électrique publié par Réseau de Transport d’Électricité, la consommation d’électricité en France métropolitaine a atteint 451 térawattheures (TWh) en 2025. Une progression marginale de 0,4 % par rapport à l’année précédente, qui traduit en réalité une stagnation.
Surtout, ce niveau demeure nettement inférieur à celui observé avant la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Par rapport à la période 2014-2019, la consommation reste en retrait d’environ 6 %. Autrement dit, malgré la reprise économique et les discours volontaristes sur la décarbonation, l’électricité ne gagne pas de terrain dans le mix énergétique français.
Ce constat dépasse la simple question des volumes. La part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie – autrement dit le taux d’électrification du pays – n’a pas progressé de manière significative. Les énergies fossiles conservent une place dominante et représentaient encore 56 % de la consommation finale d’énergie en 2024, contre seulement 27 % pour l’électricité.
Un retard dans l’électrification des usages
Ce plafonnement met en lumière un décalage entre les ambitions climatiques et la réalité des transformations économiques. Pour atteindre la neutralité carbone, la France doit accélérer l’électrification de secteurs aujourd’hui très dépendants du pétrole et du gaz.
Les transports constituent un enjeu central. Le développement des véhicules électriques progresse, mais pas à un rythme suffisant pour provoquer une hausse marquée de la demande d’électricité. Dans le bâtiment, le déploiement des pompes à chaleur avance, mais reste freiné par les coûts d’investissement et les incertitudes réglementaires. Quant à l’industrie, la conversion vers des procédés électriques – fours, électrolyse, production d’hydrogène bas-carbone – demeure progressive.
Face à ce constat, le gouvernement prévoit de présenter au printemps un plan d’électrification de l’économie. L’objectif affiché est clair : substituer progressivement l’électricité aux combustibles fossiles dans les usages quotidiens et productifs.
Une production en forte dynamique
Paradoxalement, la France dispose d’une capacité de production électrique solide et en expansion. En 2025, la production nationale a atteint 547,5 TWh, en hausse de 1,5 % sur un an. Elle dépasse désormais son niveau de 2019.
Cette progression s’explique d’abord par le redressement du parc nucléaire, après plusieurs années marquées par des opérations de maintenance et des problèmes de corrosion. Elle est également portée par la montée en puissance des énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire, y compris les parcs en mer.

COMMENTAIRES
« les tarifs français restent globalement inférieurs à ceux observés en Allemagne ou en Italie. »
Mais supérieurs à ceux de l’Espagne ou du Portugal