RDC : l’énergie solaire au zénith

Face au défi de l’électrification dans les territoires ruraux, le gouvernement congolais vient d’obtenir 400 millions de dollars de la Banque mondiale pour financer la construction de mini-centrales solaires sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi. Une bonne nouvelle pour l’essor des énergies renouvelables en Afrique.

Connue pour la richesse de ses sous-sols et de ses forêts, la République démocratique du Congo, présidée par Félix Tshisekedi, pourrait désormais briller dans la lutte contre le changement climatique. Le chef d’État congolais, qui souhaite organiser à Kinshasa un sommet panafricain dédié au développement durable dans le sillage de la COP26, dévoilait le 11 novembre dernier, par la voix de son ministre des Finances, un accord signé avec la Société financière internationale pour le lancement d’un programme de mini-centrales solaires, baptisé Scaling Mini-Grid.

Le groupe de la Banque mondiale a en effet décidé d’investir 400 millions de dollars dans la construction de petits réseaux locaux de production d’électricité photovoltaïque. Ces installations devraient être implantées dans 21 des 26 principaux chefs-lieux du pays, où l’accès à l’électricité est le moins développé.

La phase pilote, qui débutera l’an prochain, vise à alimenter 1,5 million de bénéficiaires – habitants, entreprises, écoles et hôpitaux – dans les villes de Mbuji-Mayi et Kananga (province du Kasaï-Central). D’ici 2024, le déploiement de ce programme à l’échelle nationale doit permettre de porter le taux d’électrification à 30 %, contre 15 à 19 % actuellement.

« Nous sommes convaincus du potentiel des mini-réseaux verts pour aider à accélérer l’électrification de la RDC d’une manière durable et respectueuse de l’environnement », a commenté Olivier Mwenze Mukaleng. Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Electricité entend ainsi changer les habitudes de « 90 % des ménages qui recourent aux bois de cuisson [pour se chauffer]  ».

« Il est grand temps de renverser cette tendance », a-t-il ajouté. À en croire les parties prenantes, le projet congolais serait le plus important du genre actuellement mené en Afrique. « Nous sommes convaincus que sur la base des succès que nous allons avoir ici, nous pourrons ensuite le déployer dans d’autres pays africains qui en ont également besoin », a déclaré Sergio Pimenta, vice-président régional de la Société financière internationale, qui était accompagné lors de son déplacement à Kinshasa par Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique australe et orientale.

Solaire en Afrique : un immense potentiel à développer en évitant les erreurs du passé

Dès le mois de février 2021, Félix Tshisekedi affichait sa volonté d’inscrire les pays de l’Union africaine dans une démarche environnementale innovante, exposant, lors de sa prise de fonction de la présidence de l’organisation africaine, une stratégie globale ambitieuse dont l’un des neuf piliers constitue la lutte contre le changement climatique. En Afrique, près de la moitié de la population (645 millions sur 1,216 milliard d’habitants) serait encore privée d’électricité – et même plus des deux-tiers (68 %) en Afrique subsaharienne, selon les chiffres rapportés par l’Institut Montaigne.

Et alors que la démographie devrait doubler d’ici 2050, l’initiative congolaise recèle d’autant plus d’espoirs qu’elle est à la fois simple, abordable et respectueuse de l’environnement. Selon les experts, l’énergie solaire constitue en effet une grande source d’opportunités en Afrique.

« L’énergie solaire photovoltaïque (ou électricité produite à partir d’énergie solaire) représente une solution prometteuse car elle permet un déploiement rapide, à très grande échelle, d’une énergie décarbonée et économiquement accessible », affirme un récent rapport. Grâce à l’ensoleillement important du continent, la compétitivité du solaire face aux énergies thermiques, la simplicité de fonctionnement et les multiples déclinaisons possibles en fonction des besoins (du kit individuel à la ferme solaire), « l’énergie solaire est faite pour le continent africain », résument ainsi les auteurs.

Pour accélérer son développement, les pays d’Afrique subsaharienne peuvent s’inspirer des exemples marocain et égyptien, en particulier dans le but de ne pas reproduire les mêmes erreurs…

En 2019, l’Égypte et la Banque mondiale ont investi 4 milliards de dollars dans un gigantesque parc solaire à Benban, en plein désert. Mais l’ouvrage, inauguré en grande pompe, n’alimente actuellement que 420 000 foyers en électricité, d’après les Nations unies. Selon le chercheur Mohamed Abdel Raouf, le photovoltaïque conviendrait bien aux zones rurales ou touristiques, mais pas aux grandes agglomérations comme le Caire, où le manque d’espace se heurte à une demande énergétique qui explose.

Et les centrales pharaoniques comme celle de Benban ne sont pas les plus adaptées, contrairement aux petites et moyennes installations. Au Maroc aussi, la construction de l’immense complexe solaire de Noor Ouarzazate, aux portes du Sahara, ne serait toujours pas rentable.

« Depuis le début, il était clair que la stratégie était déséquilibrée, analyse Saïd Guemra, expert en maîtrise énergétique.L’erreur […] est d’avoir voulu investir dans des projets monstrueux qui sont difficiles à financer. » Avec le projet de Scaling Mini-Grid de la RDC, les dirigeants de la Banque mondiale semblent bien en avoir tiré les leçons.

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