Strasbourg accueille la première tour à énergie positive du monde

Le bâtiment est un des secteurs les plus polluants et les plus énergivores de notre économie : on estime qu’il représente 25% de nos émissions de gaz à effet de serre et qu’il représente 40% de l’énergie consommée chaque année en France. C’est pour changer cette donne que le gouvernement encourage les promoteurs immobiliers à construire des bâtiments à énergie positive (Bepos) : ces constructions vouées à se multiplier visent à produire plus d’énergie que ce que requiert leur fonctionnement. Soucieux de pousser ce concept encore plus loin, la ville de Strasbourg accueillera d’ici la fin de l’année une tour de logements à énergie positive.

63 appartements à énergie positive

C’est en plein cœur de Strasbourg, entre le quartier du Neudorf et de l’Esplanade, que se construit depuis 2010 l’éco-quartier Danube. Ce projet immobilier, qui s’étend sur une surface de 7 hectares, conjugue les principes du développement durable avec une stratégie innovante en matière de développement urbain : l’objectif de la municipalité est de créer un nouveau quartier qui répond aux plus hautes exigences environnementales tout en impliquant les citoyens dans sa conception. C’est dans ce contexte que le groupe d’ingénierie du bâtiment Elithis et l’agence d’architecture X-TU ont imaginé une tour à énergie positive haute de 56,7 mètres et composée de 63 logements (répartis sur 16 niveaux).

Alors que le chantier touche à sa fin (la tour devrait être livrée d’ici quelques semaines et recevoir ses premiers habitants dès janvier 2018), les promoteurs ont présenté plus en détails les caractéristiques de ce projet, présenté comme « une première européenne voire mondiale de construction Bepos en hauteur à usage d’habitat, ou du moins comme la plus importante du genre ».

La particularité des 63 appartements (4.500 mètres carrés de surface habitable) qui composeront cette tour est d’être à énergie positive : ils produiront donc plus d’énergie que ce qu’ils n’en consommeront. Grâce à l’installation de quelques 1.233 mètres carrés de panneaux photovoltaïques sur sa façade, la tour produira annuellement 90.3 kWh d’électricité par mètre carré pour une consommation estimée à 88,5 kWh par mètre carré.

Un modèle de performance énergétique

L’énergie produite par la tour permettra de couvrir les besoins électriques, mais également une partie des besoins thermiques des habitants (pour une température intérieure de 21°C). La fourniture de chaleur et d’eau chaude sera complétée par la production du réseau de chaleur de l’Eurométropole (issue à plus de 70% d’énergie renouvelable).

Avec des rejets annuels évalués à 5,9 kilos de dioxyde de carbone par mètre carré, Elithis estime que les émissions polluantes de sa tour seront 15 fois moins importantes que la moyenne du parc français (selon les données de l’Ademe).

L’ensemble des performances du projet sont rendues possibles grâce à l’utilisation de différentes technologies innovantes, issues des problématiques de la transition énergétique (favoriser les économies d’énergie et éviter les déperditions de chaleur. L’efficacité énergétique de la tour sera donc à mettre sur le compte de la production d’énergie renouvelable, de l’utilisation des techniques d’architecture bioclimatique, des techniques d’isolation thermique de pointe mais également d’un important travail de sensibilisation des futurs habitants.

Le bâtiment du futur sera-t-il à énergie positive ?

Se basant sur les principes de l’architecture bioclimatique, l’agence X-TU a développé une tour de forme profilée, avec une façade très étroite au nord, pour limiter les effets du vent. La surface de la façade sud est en revanche plus importante afin de profiter au maximum de l’énergie naturelle du soleil. Les baies vitrées sont équipées de verres polarisants et des stores de protection grâce auxquels les habitants pourront limiter les effets du soleil estival.

« L’enveloppe du bâtiment répond à une étude d’intégration fine et extrêmement poussée des données urbaines et climatiques du site. Cette tour est très efficiente, en effet, les surfaces déperditives sont très limitées parce qu’onéreuses en énergie et en coûts de construction et d’entretien (…) », expliquent également Anouk Legendre et Nicolas Desmazière, architectes en charge du projet.

La construction de cette tour à énergie positive a nécessité un investissement proche des 20 millions d’euros. Plus de 5,8 millions d’euros de subvention ont été fournis par l’État dans le cadre du fonds « Ville de Demain » du programme des investissements d’avenir. Le groupe Elithis affirme que les coûts de construction de cette tour sont similaires à ceux d’un bâtiment classique : les Bepos sont-ils sur le point de devenir la norme en matière de constructions neuves?

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