Encore trop “d’air chaud” dans la politique énergétique

Bien qu’il y ait quelques voix de la raison entre les spécialistes des changements climatiques, il serait vrai de dire qu’il y a toujours trop d’ «air chaud» dans la politique énergétique.

De nos jours, les d’États membres de l’UE et du monde entier mènent des politiques visant à visant à soutenir le passage à une économie durable et sobre en carbone. Évidemment, une transition vers le nouveau modèle peut varier selon la configuration des ressources énergétiques dans un pays donné. Cependant, il est possible de formuler quelques directives universelles pour l’établissement d’un bilan énergétique décarboné.

Afin de créer une économie sobre en carbone, l’utilisation de combustibles fossiles – en particulier, celle du charbon et du lignite – doit être réduite. Outre la réduction du PIB et l’augmentation de l’efficacité énergétique, qui sont deux autres moyens, la réduction de la dépendance de l’électricité à base de charbon peut être faite de trois façons «actives» ou de leur combinaison :

1. L’expansion de ce que l’on appelle les «nouvelles énergies renouvelables» comme l’énergie solaire et l’énergie éolienne (l’hydroélectricité, considérée comme une source «ancienne renouvelable», est déjà largement utilisée dans les pays développés depuis les années 60 ou 70)
2. L’expansion des centrales au gaz remplaçant les centrales au charbon et / ou
3. L’expansion de l’énergie nucléaire

Si l’on estime les données, l’expansion des «nouvelles énergies renouvelables» semble être la moins efficace, l’expansion des capacités produites au gaz (en remplacement du charbon) est plus productive, mais le moyen le plus efficace de la décarbonation rapide du système de la production d’électricité est l’expansion de l’énergie nucléaire. Cela est contraire à ce que la majorité du monde occidental, y compris les grandes institutions, paraît songer actuellement.

Vision exagérée

Pour le moment, l’expression «transition énergétique» jouit d’une grande popularité. Elle a apparemment trouvé sa place dans le vocabulaire quotidien des décideurs des politiques énergétiques. En même temps, ceux qui parlent de la transition énergétique et déterminent son cours n’ont pas toujours une idée claire de la façon dont elle devrait être menée correctement.

L’exemple de l’Allemagne est très illustratif : la transition énergétique dans ce pays, qui s’est accélérée après la décision du retrait progressif du nucléaire, n’a pas encore satisfait les attentes. La raison principale pour laquelle l’Allemagne n’a pas obtenu les résultats souhaités est que, d’une part, les objectifs n’étaient pas clairs et, d’autre part, même s’ils l’étaient, les mesures auraient été complètement erronées.

La transition énergétique, considérée comme visant à réduire les émissions de carbone, y est devenue le moteur principal de la fermeture des centrales nucléaires – l’initiative pour laquelle le Mouvement Vert se battait depuis de nombreuses décennies. Bien sûr, la fermeture des capacités de production nette de carbone ne fait rien pour réduire les émissions CO2.

La stratégie choisie pour rendre le système plus propre et durable était alors l’expansion des sources renouvelables – certains pays visent même aux 100% des renouvelables, alors que l’objectif principal aurait dû être, dès le commencement, le démantèlement de la production d’électricité au charbon. C’est comme si un fumeur décidait de manger plus de fruits pour être en meilleure santé. Pourquoi ne pas se concentrer sur l’arrêt du tabac ? En gros, l’Allemagne s’est trompée. Espérons que son expérience soit une leçon pour le monde entier.

Gâcher ce qui marchait

Bon nombre de pays ont déclaré que la transition vers un système énergétique moderne nécessitait de réduire la part de l’énergie nucléaire dans le bilan énergétique et d’augmenter la part des renouvelables. Il est remarquable d’entendre les mêmes déclarations en France, le pays où l’énergie nucléaire prévaut dans la production nationale d’électricité. En même temps, selon le rapport European Climate Leadership 2017, la France affiche l’un des meilleurs résultats en termes d’émissions CO2 en Europe.

Réduire l’impact sur le climat et diminuer la part de l’énergie nucléaire sont deux sujets politiques différents, qui sont malheureusement souvent mis dans le même panier. C’est probablement parce que les deux sont les sujets les plus importants pour les écologistes traditionnels ainsi que pour les partis verts partout dans le monde.

La réduction de la part de l’énergie nucléaire en France de 75% à 50%, étant préconisée par des Verts avant que François Hollande est arrivé au pouvoir, a probablement été perçue comme une idée populaire par la forte proportion de la population et des médias.

Cependant, même si toute l’électricité provenant du nucléaire pouvait être remplacée par des panneaux solaires et des éoliennes, ce qui est impossible à cause de l’intermittence, une telle voie aurait été neutre en carbone, mais à un coût trop élevé. Alors, pourquoi le faire?

Il doit être clair pour tout le monde que le démantèlement de l’énergie nucléaire n’a rien à voir avec la lutte contre le changement climatique ou l’environnementalisme.

Pire encore, la fermeture prématurée des centrales nucléaires existantes, qui pourraient encore être exploitées, entraînera à coup sûr une augmentation des émissions de carbone et sera extrêmement négligente d’un point de vue financier. D’un autre côté, l’expansion des énergies renouvelables nettes de carbone dans des pays comme la France ou la Norvège, avec une demande d’électricité inchangée, n’aura pratiquement aucun effet sur les émissions de CO2.

Le Royaume-Uni et la France en tant que leaders climatiques

Alors que dans certains pays les slogans et stratégies de changement climatique s’éloignent de plus en plus de la lutte réelle contre le changement climatique, il existe quelques exceptions positives.

Il y a déjà près de 9 ans, le défunt professeur David MacKay a publié le livre en libre accès «Énergie durable – Sans d’air chaud». Il serait avantageux pour chaque homme politique et décideur de lire ce livre avant de prendre des décisions concernant la politique énergétique. Les données y sont incontestables. Son travail a eu une influence substantielle sur la politique énergétique du Royaume-Uni, conduisant à des résultats prometteurs – le Royaume-Uni a été capable de réduire ses émissions de carbone du plus gros montant en Europe de 2010 à 2015.

C’était aussi un soulagement pour nous quand Nicolas Hulot, le ministre français de la Transition écologique et solidaire, a annoncé il y a deux semaines que l’objectif de réduire à 50% la part de l’énergie nucléaire en France est irréaliste et aurait conduit à une expansion de la production d’électricité à base de carbone. Nous avons ici le pays qui a observé les données existantes et a probablement constaté l’évidence: renoncer au nucléaire est mauvais pour le climat.

Nous prions instamment les autres pays de suivre les exemples de la France et du Royaume-Uni et mener leurs politiques énergétiques sans air chaud.

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