Le monde bascule lentement mais sûrement dans les énergies renouvelables

Les énergies renouvelables ont franchi un record de puissance installée en 2016 : la capacité totale du parc mondial a en effet dépassé pour la première fois la barre des 2.000 GW. La part des énergies propres se renforce donc d’année en année dans le mix énergétique mondial malgré des investissements en baisse. Le rapport annuel du réseau d’expert REN21 (pour « Renewable Energy Policy Network for the 21st Century ») contraste cependant ces bons résultats : face à l’urgence climatique, la croissance du renouvelable est insuffisante. Bien que soutenu, le rythme de croissance du parc renouvelable mondial reste trop lent pour atteindre l’objectif que s’est fixé la communauté internationale dans le cadre de sa lutte contre le réchauffement climatique. Retour sur les résultats encourageants et les motifs d’inquiétude du rapport 2017 de REN21.

La barre des 2.000 GW franchie

Chaque année, le réseau de spécialistes de l’énergie REN21 dresse un panorama complet de l’ensemble des filières renouvelables dans le monde. Pour son édition 2017, ce rapport annonce l’établissement d’un nouveau record : grâce au déploiement de 161 GW de nouvelles capacités au cours des 12 mois de l’année 2016, la puissance cumulée totale du parc renouvelable mondial s’élève désormais à 2.017 GW. La puissance renouvelable mondiale a donc progressé de 9% en 2016, après une année 2015 déjà qualifiée « d’extraordinaire ».

Dans le détail, l’énergie solaire est la ressource qui a le plus fait progresser le parc renouvelable mondial : elle compte en effet pour 47% des nouvelles capacités installées. Les 75 GW de puissance déployés en 2016 représentent l’installation de « plus de 31.000 panneaux solaires par heure », estime le rapport de REN21. L’énergie photovoltaïque est suivie par l’énergie éolienne et l’énergie hydroélectrique, qui ont respectivement compté pour 34% et 15,5% des capacités additionnelles.

En matière de développement, la Chine fait figure de chef de file incontesté. Près de la moitié des nouvelles capacités solaires de 2016 a été installée sur le territoire chinois. Même phénomène en ce qui concerne l’énergie éolienne : c’est au cœur de l’Empire du Milieu qu’ont été déployés plus de 40% des nouvelles turbines en 2016. Malgré une faible progression de ses parcs solaires (+0,6 GW en 2016) et éoliens (+1,6 GW), la France conforte sa place dans le groupe des 10 pays les plus équipés en énergies renouvelables.

Le renouvelable prend le pas sur les énergies fossiles

Le renouvelable est en train de prendre l’avantage sur l’énergie fossile. Le réseau REN21 se félicite en effet de la supériorité des énergies propres sur les énergies fossiles polluantes : en 2016, le développement d’unités de production renouvelables a été plus important que le développement d’unités de production d’énergies fossiles. Ce phénomène a déjà été observé l’année dernière.

« Les énergies renouvelables deviennent l’option la plus économique. Des transactions récentes au Danemark, en Egypte, en Inde, au Mexique, au Pérou et aux Emirats Arabes Unis ont vu le coût de l’électricité chuter à 0,05 dollar/KWh, bien en-dessous du coût de l’énergie fossile », estime les auteurs du rapport annuel sur le statut mondial des énergies renouvelables.

Le réseau REN21 souligne une hausse du nombre de villes, de pays et d’entreprises qui, pour améliorer leur bilan carbone, se sont engagés à atteindre un objectif de consommation de 100% d’énergie renouvelable. En plus des avantages écologiques (environnement) et sociaux (santé publique), ils estiment que cette démarche fait désormais « sens économiquement ».

Les investissements dans le renouvelable en forte baisse

Malgré la croissance continue du parc renouvelable mondial, les experts du REN21 soulignent un net ralentissement des investissements. Au niveau mondial, les sommes consacrées au développement d’outils de production renouvelable ont chuté de 23% en 2016. Avec un montant total de 240 milliards de dollars (soit 215 milliards d’euros), ces investissements sont retombés à leur niveau de 2010. Ces investissements renouvelables représentent cependant le double de ceux des énergies fossiles.

Les pays développés ont réduit de 14% (125 milliards de dollars) les enveloppes budgétaires consacrées à la création d’unités de production renouvelables. Mais ce sont dans les pays émergents et en développement que la baisse est la plus spectaculaire : les sommes investies ont reculé de 30% en 2016 (116,6 milliards de dollars).

Ce net recul des investissements est à mettre sur le compte de deux phénomènes : la baisse des coûts des technologies renouvelables ainsi que la volonté de nombreux pays de réformer leur réseau électrique. En 2016, la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique du Sud ont en effet décidé de consacrer une partie importante de leur budget à l’amélioration de leur réseau et à la réforme de leur marché de l’électricité.

De la nécessité de favoriser les énergies décarbonées

Toujours sur les questions d’ordre budgétaire, les auteurs du rapport déplorent que les subventions aux énergies fossiles soient toujours 4 fois plus élevées que les subventions accordées aux énergies renouvelables. Un phénomène qui ne fait que « perpétuer notre dépendance aux énergies fossile[et] qui fausse le marché de façon très improductive ».

Enfin, le rapport de REN21 souligne le retard accumulé dans les secteurs du transport et de la production de chaleur, bien moins en avance que le secteur de l’électricité. Les auteurs attirent notamment l’attention des décideurs sur la nécessité de travailler à la décarbonation du transport, fortement énergivore, au sein duquel les produits pétroliers comptent toujours pour plus de 90% de la consommation d’énergie finale.

« La transition énergétique ne se déroule pas assez vite pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris[limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 degrés Celsius d’ici la fin du siècle, ndlr] .Le monde vit une course contre la montre. La seule mesure à prendre pour réduire efficacement et rapidement les émissions de CO2 est d’éliminer la production d’énergie à base de charbon tout en accélérant les investissements dans les renouvelables et l’efficacité énergétique ».

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